Étude EY sur les investissements directs en Europe en 2016

Les investissements directs étrangers en Europe atteignent un nouveau record – la place suisse reste peu attrayante

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  • Le nombre de projets d’investissements directs en Europe a augmenté de
    16 % à 5873
  • En Suisse, les investissements étrangers continuent de stagner
  • L’Europe profite indirectement du choc du franc – les entreprises suisses augmentent à nouveau leurs investissements à l’étranger
  • Les technologies numériques représentent une grande opportunité pour la
    place suisse

ZURICH, LE 26 MAI 2017 – L’Europe se montre étonnamment attrayante. Jamais les investissements d’entreprises du monde entier n’ont été aussi élevés : le nombre de projets d’investissements directs étrangers en Europe a augmenté de 16 % à 5873, comme le montre la récente évaluation de l’European Investment Monitor de la société de conseil EY. L’évolution constatée ces dernières années se poursuit : depuis 2012, le nombre d’investissements directs en Europe n’a cessé d’augmenter – ces trois dernières années, une croissance à deux chiffres a même été enregistrée. Cette activité d’investissement a aussi des répercussions sur le marché du travail. L’année passée, les entreprises ont annoncé que leurs investissements directs étrangers avaient permis la création de plus de 250 000 emplois en Europe.

La situation n’est pas la même en Suisse : le nombre de projets d’investissements étrangers y est en léger recul, de 90 à 88 projets. En 2015 déjà, la hausse était sensiblement inférieure à la croissance enregistrée partout en Europe. Et si l’on prend en compte l’évolution à plus long terme, la Suisse est à la traîne derrière ses voisins européens. En effet, le nombre de projets d’investissements reste toujours inférieur de 50 % environ au niveau antérieur à la crise.

« Les résultats pour l’Europe sont très réjouissants. En revanche, je suis moins content des chiffres de la Suisse. Même si la place suisse est très bien placée depuis des décennies en ce qui concerne la dette publique, le chômage, la croissance et les infrastructures, le franc fort a depuis très longtemps ramené les investissements étrangers à un faible nombre, loin du niveau atteint avant la crise financière mondiale », déclare Marcel Stalder, CEO d’EY Suisse.

Le consensus en faveur de la place suisse sous pression
Mark Hawkins, partner et responsable Suisse romandie d’EY Suisse, ajoute : « Par rapport à la période antérieure à la crise financière, la Suisse a aussi perdu en attractivité à cause des incertitudes qui persistent depuis plusieurs années déjà autour de la mise en œuvre future de la réforme de l’imposition des entreprises. L’acceptation de l’initiative Minder et de l’initiative contre l’immigration de masse est un autre facteur qui a dissuadé les entreprises d’investir en Suisse. Le rejet du premier projet de réforme de l’imposition des entreprises III a par ailleurs montré que le consensus en faveur de la place suisse qui existait depuis des décennies ne va plus de soi. »

Bien que les projets d’investissements directs ont stagné, le nombre de créations d’emploi grâce aux investissements étrangers en Suisse a bondi de près de 1400 l’année passée à plus de 3400. Ce record repose toutefois sur un petit nombre de gros projets ; d’une manière générale, le nombre de créations d’emploi reste encore inférieur au niveau de 2007 et 2008.

La Suisse reste l’un des premiers investisseurs en Europe
L’année passée, la Suisse a réalisé 289 projets d’investissements dans d’autres pays européens et atteint ainsi la 6e place, devant des pays du G7 comme le Japon et l’Italie. En comparaison par habitant, la Suisse réalise la majorité de ses projets d’investissements à l’étranger et devance largement les pays européens. Leur nombre a plus que doublé depuis l’éclatement de la crise financière en 2009 et la hausse a été constante ces quatre dernières années. Les entreprises suisses créent elles aussi de nombreux emplois : l’étude EY compte plus de 7100 créations de postes dans le cadre des investissements directs dans des pays européens.

« La Suisse est un soutien conjoncturel important pour l’Europe et contribue grandement au rétablissement de l’économie européenne », explique Mark Hawkins. Les investissements suisses à l’étranger sont toutefois à double tranchant : « Bon nombre de ces projets sont des délocalisations de services internes et surtout de la production à l’étranger. Le franc fort a été le principal moteur de ce mouvement. Toutefois, la majorité des entreprises suisses – et pas seulement les entreprises familiales – n’exploitent pas toutes les possibilités en matière de gestion d’entreprise. Souvent, l’intérêt durable de l’établissement en Suisse l’emporte. »

Un projet d’investissement direct sur quatre des entreprises suisses en Europe avait comme objectif la création ou le renforcement de capacités de production, avec environ 3200 créations d’emploi à la clé. Les projets sont typiquement des installations pour la fabrication de composants de véhicules, des entreprises de transformation de produits alimentaires ou des usines de fabrication de matériel de construction. La destination de ces investissements est souvent l’Europe de l’Est – près d’un poste sur deux créé par des entreprises suisses dans la fabrication l’est dans cette région. Sur les 13 pays destinataires, la Pologne en a le plus profité. La majorité des projets d’investissement des entreprises suisses – même s’ils sont de faible envergure pour la plupart – se sont concentrés dans le secteur de la vente et du marketing en Europe. De nouveaux marchés s’ouvrent ainsi à elles.

Politique suisse – le défi de la numérisation
« La Suisse peut se réjouir du dynamisme des investissements en Europe. C’est pour moi le signe que l’économie européenne va renouer avec la croissance à long terme et que la population ne succombera pas aux sirènes du nationalisme, du protectionnisme et des opposants à la croissance. Les conditions sont également réunies pour renforcer à nouveau la place suisse : fort heureusement, l’initiative contre l’immigration de masse semble avoir trouvé une application supportable pour l’économie, une nouvelle réforme de l’imposition des entreprises est engagée et la réforme des organismes sociaux est en bonne voie », commente Marcel Stalder et donne ainsi sa vision de la situation politico-économique.

Selon lui, le plus grand défi que devra relever l’économie sera la vague de numérisation qui atteindra petit à petit toutes les branches. « Les procédés de fabrication additive (impression 3D) et surtout les processus d’automatisation (robotique) offrent de grandes opportunités pour la place suisse. Ces nouvelles technologies numériques permettront d’économiser des postes de travail à grande échelle, de sorte que certaines délocalisations ne seront plus rentables et que des parties de la chaîne de création de valeur pourront être ramenées en Suisse. »


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À propos de l’étude :

Les investissements directs étrangers réels (Foreign Direct Investments, FDI) sont calculés sur la base des données de l’European Investment Monitor (EIM) d’EY. Cette source de données suit l’évolution des projets d’investissements directs étrangers, ainsi que des créations réelles ou prévues de nouveaux établissements stables et/ou de nouveaux emplois. En excluant les investissements de portefeuille ainsi que les fusions et les acquisitions, cette source fait état des investissements physiques effectivement réalisés par des entreprises étrangères dans les secteurs de la production et des services à travers l’Europe. Depuis plus de dix ans, EY mène cette étude en collaboration avec Oxford Intelligence, une entreprise de recherche et de conseil spécialisée dans le commerce et l’investissement basée à Birmingham, au Royaume-Uni.

A propos d’EY

EY* est l’une des plus grandes sociétés d’audit et de conseil suisse. EY emploie près de 2700 collaborateurs sur 11 sites en Suisse et au Liechtenstein. L’entreprise a réalisé, durant l’exercice 2015/2016, un chiffre d’affaires d’environ 661 millions de francs. Avec les 231 000 employés de l’organisation internationale EY, notre société s’engage au service de clients dans le monde entier. EY propose aussi bien aux grandes entreprises qu’aux entreprises de taille moyenne un large éventail de prestations : conseil en transformation intégré, allant de la stratégie à l’architecture informatique, audit, conseil en transactions, conseil fiscal et juridique ainsi que People Advisory Services. Grâce à des collaborateurs bien formés, des équipes solides et un ancrage local allié à une organisation internationale dotée d’un excellent réseau, nous relevons les défis de nos clients. Building a better working world est la mission globale d’EY visant à contribuer à la construction d’un monde qui fonctionne mieux.

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