« Capital Confidence Barometer » d’EY, mai 2017

Conjoncture : les dirigeants plus optimistes qu’en automne – la fièvre des acquisitions grimpe, et avec, le risque de prix excessifs

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  • Depuis l’automne, le nombre des optimistes conjoncturels dans le monde a triplé
  • Six entreprises suisses sur dix tablent sur une reprise sur le marché national
  • Pénurie de candidats à l’acquisition appropriés – forte montée des prix
  • Les incertitudes géopolitiques continuent de susciter d’importantes inquiétudes
  • Le risque macroéconomique d’allocations inappropriées augmente

ZURICH, LE 22 MAI 2017 – Les décideurs des grandes entreprises dans le monde perçoivent les perspectives conjoncturelles sous un jour nettement plus positif qu’un semestre auparavant. Selon un sondage d’EY réalisé auprès de 2300 entreprises, près de deux tiers des entreprises prévoient une amélioration de la situation économique. En Suisse également, l’avenir se présente sous des auspices favorables : le pourcentage d’optimistes y atteint près de 60 %, alors qu’il était quatre fois moins élevé lors du précédent sondage en automne. Les entreprises suisses interrogées tablent sur un essor de la conjoncture également sur le marché national. De plus, le moral est nettement plus positif que lors du dernier sondage.

Les entreprises considèrent que les plus grands risques économiques pour les six à douze prochains mois résident dans une volatilité accrue des monnaies et des prix des matières premières ainsi que dans des restrictions à la libre circulation des travailleurs. L’évaluation de ces deux risques par les entreprises suisses est plus élevée encore. Par ailleurs, les incertitudes de toutes sortes sur le plan politique sont mentionnées par l’ensemble des personnes interrogées. Ces craintes concernent des restrictions à la liberté d’entreprise, davantage de protectionnisme, l’instabilité géopolitique ainsi que l’évolution politique incertaine au sein de l’UE et aux Etats-Unis.

Un optimisme d’une clarté surprenante
« Malgré le climat tendu sur le plan politique, les entreprises font preuve d’un bon moral. L’appréciation nettement plus positive portée sur l’évolution de l’économie mondiale est très réjouissante et surprend par sa clarté. J’ai pu observer le même regain d’optimisme auprès des entreprises suisses. La confiance ne s’est pas tarie après l’élection de Donald Trump, l’Europe croît à un rythme jamais vu depuis la crise financière mondiale, et l’économie chinoise se développe également au-delà des espérances », relève Stefan Rösch-Rütsche, partner et responsable Transactions chez EY Suisse. Mais les incertitudes politiques dans le monde restent, selon lui, l’élément déterminant majeur du développement économique.

Les bonnes prévisions conjoncturelles se reflètent également sur le potentiel du marché des transactions. Près de la moitié des entreprises suisses s’attend à davantage de fusions et acquisitions dans les douze prochains mois. Il y a une année encore, neuf entreprises sur dix prévoyaient une stagnation. De même, sur le plan mondial, les entreprises interrogées s’attendent à davantage de transactions ; la proportion des entreprises partageant cet avis a nettement augmenté par rapport à l’automne 2016. Un fort appétit d’acquisitions se manifeste : bien plus de la moitié des entreprises souhaite procéder à une acquisition au cours des douze mois à venir. A cet égard, les sociétés suisses se montrent plus actives que leur groupe de comparaison mondial : elles ont en moyenne deux projets et demi en cours, contre seulement un et demi sur le plan mondial.

La volonté seule ne suffit pas
Cependant, bon nombre d’entreprises devraient se heurter à des difficultés concrètes pour mener à bien des acquisitions possibles ou planifiées, car les doutes quant au nombre et à la qualité des possibilités d’acquisition s’accentuent. « Les entreprises ont bien gagné et ont renforcé leur solidité financière en vue d’éventuelles acquisitions. De plus, des forces disruptives dans différents secteurs incitent les sociétés traditionnelles à acquérir de jeunes concurrents disposant d’un savoir-faire technique. Parallèlement, le nombre de candidats à l’acquisition diminue. Ceux-ci deviennent donc chers et la concurrence s’intensifie : tout cela fait grimper les prix. »

Le nombre d’entreprises suisses qui s’attendent à une diminution des possibilités d’acquisitions a fortement augmenté ces derniers temps. De même, les entreprises jugent de façon moins positive la qualité des éventuels objectifs d’acquisition. Cependant, il apparaît clairement que les sociétés suisses escomptent davantage et de meilleures possibilités d’acquisition hors de Suisse que sur le marché national.

Le moment idéal pour planifier la succession
Stefan Rösch-Rütsche appelle les entreprises à prendre en main leur succession : « Il n’y a guère eu de moment plus propice, au cours des dix dernières années, pour vendre une entreprise. Aujourd’hui, les prix payés peuvent atteindre des montants très élevés. Mais il n’est toutefois pas toujours aisé d’investir de manière appropriée le produit de la vente. »

Dans ce contexte, Stefan Rösch-Rütsche met en garde contre la formation de bulles sur le marché : « Il existe actuellement un risque d’allocations inappropriées de fonds d’un point de vue macroéconomique. Certaines évaluations, notamment dans le secteur des technologies, sont à mon avis incompréhensibles et rappellent la bulle Internet à l’aube du nouveau millénaire. L’argent est trop bon marché. »

Election française comme un signal positif
Les entreprises interrogées s’attendent, suite aux réformes juridiques annoncées par le gouvernement américain, à une augmentation des possibilités de transactions. De l’autre côté de l’Atlantique, trois trimestres après le vote du Brexit, elles ne perçoivent que peu de signaux positifs pour des investissements supplémentaires au Royaume-Uni.

Bien que l’élection présidentielle française soit postérieure au sondage, il est néanmoins permis d’interpréter l’issue du scrutin comme un signe positif. « Les marchés ont réagi positivement déjà lors du premier tour. Les citoyens français – mais également néerlandais – semblent avoir réalisé que des votes de protestation, tels que l’élection de Trump aux Etats-Unis et le Brexit au Royaume-Uni, entraînent de graves conséquences. De bonnes conditions sont ainsi réunies pour les élections parlementaires en France, en Angleterre et en Allemagne – et d’une manière générale pour la stabilité et la confiance sur les marchés », conclut Stefan Rösch-Rütsche.

Les résultats complets se trouvent sur notre site web : ey.com/ccb


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A propos d’EY

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