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France

Baromètre attractivité 2016

 La France distancée

En 2015, l'attractivité de l'Europe s'est, contre vents et marées géopolitiques, économiques et migratoires, à nouveau inscrite dans une trajectoire de croissance.

Mis à mal par une décennie de crises, les 42 pays de l'Europe économique ont accueilli un nombre record de 5 083 implantations internationales, soit 217 666 emplois portés par des investissements étrangers.

Des chiffres encourageants, à la faveur d'un alignement des planètes exceptionnel - taux d'intérêt historiquement bas, pétrole en chute libre et baisse de l'euro - mais surtout des réformes structurelles engagées dans la plupart des pays pour mettre l'Europe à l'heure de la nouvelle donne économique mondiale.

Au sein de la galaxie européenne, la planète France paraît plus que jamais - cette année et sur la décennie - flotter en apesanteur, distancée par les fusées Royaume-Uni / Allemagne.

Alors que les projets attirés sur leurs sols ont plus que doublé en 10 ans, la courbe des investissements directs étrangers en France n'a connu que de très faibles variations.

EY – Baromètre de l'attractivité France 2016 – Jean-Pierre Letartre

Jean-Pierre Letartre
Président d'EY en France    

EY – Baromètre de l'attractivité France 2016 – Marc Lhermitte

Marc Lhermitte
Associé, EY Advisory
         

EY – Baromètre de l'attractivité France 2016 - Drapeau France

Une Europe active au cœur des crises

Au cœur des crises, l'Europe de l'investissement reste active : avec 14% de projets supplémentaires, elle a accueilli un nombre record de 5 083 implantations internationales, créant 217 666 nouveaux emplois.

La croissance décevante de l'économie chinoise, les incertitudes ou retards de certains marchés émergents, la baisse des prix du pétrole, ainsi que la quasi parité euro-dollar expliquent en grande partie la forte activité européenne des investisseurs internationaux en 2015. S'y ajoutent des conditions macroéconomiques et financières améliorées dans la zone Euro (une croissance de +1,5%), une reprise de la consommation soutenue par des taux bas et des politiques budgétaires de soutien à la demande.

Le Royaume-Uni et l'Allemagne dominent le classement et creusent l'écart sur toutes les autres destinations... A l'aube d'un référendum qui pourrait infléchir considérablement son avenir, la « Destination UK » bondit de 887 à 1065 projets. Et l'Allemagne poursuit sa dynamique des 10 dernières années, avec une croissance de 9% (de 870 à 946 implantations). A eux deux, ils concentrent près de 4 implantations ou extensions sur 10.

 

L'attractivité de la France, un enjeu de compétitivité relative
Jean-Pierre Letartre, Président d'EY en France

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La France joue-t-elle encore en 1ère division ?


Le « site France » accuse une diminution de 2% en 2015, avec 598 projets annoncés contre 608 en 2014. Si la progression des emplois créés par ces projets (+8%, de 12 579 à 13 639 entre 2014 et 2015) est une bonne nouvelle, elle reste à relativiser par rapport à la dynamique européenne (+17%).

Évolution comparée du nombre de projets d'implantations internationales entre 2006 et 2015

EY – Baromètre de l'attractivité France 2016 – Évolution comparée du nombre de projets d'implantations internationales entre 2006 et 2015

72%
des décideurs internationaux jugent la fiscalité française peu ou pas du tout attractive et notre niveau de charges sociales est regretté par 73 % d'entre eux.

Les handicaps du site France selon les investisseurs internationaux

La France suscite plus d'affection que d'adhésion. Son rayonnement touristique et créatif, et, peut-être, le fait qu'elle ait été visée dramatiquement par le terrorisme, peuvent constituer la grille de lecture des 80% de « plutôt » ou « très satisfaits », en augmentation de +12 points par rapport à 2014.

Les chiffres des projets d'investissements montrent une autre réalité : seuls 24% des répondants envisagent d'implanter ou d'étendre des activités en France en 2016, un chiffre en nette diminution par rapport à l'année passée (-11 points).

Une des conséquences est que le site France est nettement moins visé par les implantations nouvelles (« greenfield ») que ses concurrents européens (57% des projets contre 71% en Europe), les entreprises à capitaux étrangers s'y montrant prudentes et préférant rénover ou étendre leurs activités existantes plutôt que d'en créer de nouvelles.