2ème Observatoire de la Filière Numérique d’Auvergne-Rhône-Alpes

Lyon, le 3 mai 2017

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Digital League dévoile les résultats de la 2ème édition de l’Observatoire de la Filière Numérique d’Auvergne-Rhône-Alpes réalisé par EY en partenariat avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Ils révèlent une filière en pleine croissance et fortement créatrice d’emplois qui pourrait faire encore mieux sans la pénurie de talents et le manque d’attrait international qui la limite.

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Avec 60 000 emplois au total et autant d’emplois créés qu’en Ile-de-France entre 2011 et 2015, les chiffres de la filière démontrent qu’il se passe vraiment quelque chose en Auvergne-Rhône-Alpes. Ils confirment le fort dynamisme que nous percevons au sein de Digital League. La région dispose d’atouts incomparables pour les nombreux entrepreneurs du numérique. Nous travaillons à résoudre la pénurie de candidats et développer notre dimension internationale pour figurer rapidement parmi les tous premiers pôles numériques européens.
Catherine Bocquet et Jean-Michel Bérard, Co-Présidents de Digital League

Le secteur numérique connaît une croissance sans précédent et nous en avons fait, avec le Président Laurent Wauquiez, une des priorités de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Cela s’est notamment traduit par l’adoption d’une feuille de route stratégique en Février dernier. Nous devons être capables de remettre en adéquation formations et besoins du marché du travail mais aussi d'accompagner les salariés en poste dans l'actualisation permanente de leurs compétences. Des projets tels que le Campus Numérique, l’intégration du numérique dans l’offre de formation en apprentissage, la plateforme orientation-formation-emploi, sont des réponses pragmatiques que la Région apporte à des attentes fortes.
Juliette Jarry, Vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes déléguée aux infrastructures, à l’économie et aux usages numériques

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Une filière créatrice d’emplois particulièrement dynamique au niveau régional

  • Près de 6 000 emplois créés entre 2011 et 2015, soit quasiment autant qu’en Île-de-France. En ratio cela représente une croissance de 10,8% qui surpasse donc largement les 2,3% de la région parisienne.
  • Le secteur logiciels, services et jeux tire la croissance du numérique avec plus de 47 000 emplois et une croissance de 16,6% entre 2011 et 2015.
  • Une filière qualifiée qui embauche massivement sur des contrats stables : 58% des collaborateurs sont titulaires d’un bac+5 à +8 et 92% des entreprises ont un pourcentage de CDI supérieur à 90%.
  • Le numérique surclasse les secteurs industriels phare de la région, il se positionne comme un véritable relais de croissance en permettant de compenser la disparition de 6 000 emplois dans les secteurs industriels majeurs entre 2011 et 2015 (chimie, métallurgie-travail des métaux, fabrication de machines et équipements et agroalimentaire).
  • 83% des entreprises de la filière prévoient une progression en 2017 ; 56% anticipent une croissance à deux chiffres et près d’un tiers une croissance de plus de 20%.

Des freins à lever pour faire encore mieux

  • Une pénurie de talents qui pénalise la croissance des entreprises du numérique : 60% des entreprises interrogées ont des difficultés à recruter des bons profils. Ce phénomène est le premier frein à leur développement, loin devant les autres facteurs cités (fiscalité, charges, conjoncture économique). Les écoles et centres de formation sont pris en étau entre d’un côté une pénurie de candidats pour les métiers du numérique et de l’autre une demande de plus en plus forte des entreprises. La diffusion de la « culture numérique » est largement insuffisante au sein de tous les cycles d’apprentissage, depuis l’élémentaire jusqu’aux formations continues. Ce constat est encore plus prononcé pour la population féminine. Les PME régionales pâtissent d’un défaut d’attractivité. Elles ont du mal à être visibles et à séduire les talents.
  • L’international reste un handicap : la région ne parvient toujours pas à se hisser parmi le top 15 européen en matière d’attractivité de projets d’investissement étrangers dans le numérique, et les entreprises du secteur ne font pas de l’export un levier essentiel de leur développement.

Des leviers pour répondre aux défis à venir

Face aux enjeux, plusieurs leviers sont aujourd’hui clefs pour accompagner le développement de la filière :

  • Mettre en place une réelle culture du numérique à tous les échelons et auprès de toutes les populations avec une attention particulière pour les femmes.
  • Continuer à faire évoluer le système de formation pour l’adapter mieux aux enjeux du numérique.
  • Pour l’entreprise, travailler son attractivité par le projet et la « marque employeur ».
  • Rapprocher les forces de l’entreprise, des acteurs de la formation et de l’emploi pour faciliter les recrutements.

Cet observatoire a été réalisé par EY auprès de 189 entreprises de toutes tailles, chiffres d’affaires et effectifs, allant des start-ups aux grands groupes. Cette deuxième édition repose sur un questionnaire administré en ligne, des entretiens qualitatifs permettant des points de focus sur des thématiques majeures, une enquête quantitative via des bases de données, des recherches thématiques ciblées et l’utilisation d’études EY précédemment publiées.

L’observatoire du numérique se concentre sur le coeur commun du numérique qui correspond à ce qu’on appelle la couche « soft », à savoir les logiciels, les services et les télécommunications. Ainsi cette compréhension exclut par exemple la fabrication de semi-conducteurs, la vente de matériel, la construction de réseaux électriques ou encore la production de films institutionnels et publicitaires.