Livre blanc EY sur l’industrie du futur : une prise de conscience générale mais une mise en œuvre disparate

Paris, le 27 juin 2017

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EY publie aujourd’hui un livre blanc dédié à l’industrie du futur. L’ouvrage qui met en avant les priorités stratégiques des entreprises industrielles face aux transformations du secteur, établit également une liste de recommandations pour accompagner cette transition.

Le livre blanc s’appuie tout d’abord sur une enquête menée par OpinionWay pour EY, auprès des dirigeants industriels français, dont les résultats ont été comparés à ceux d’une enquête similaire au contexte allemand. L’ouvrage révèle ensuite les analyses des entretiens menés par les équipes EY auprès des directions générales des groupes industriels français.

Quelques constats :

  • Grâce à une accélération de l’innovation dans le secteur, l’Industrie du futur est globalement tirée par le digital mais pas exclusivement (économie circulaire, environnement, économie d’énergie ou encore attentes des clients finaux ou des nouvelles générations de salariés) ;
  • L’Industrie du futur permettrait des gains de 20% de productivité des facteurs dans les cinq ans à venir, y compris du travail. Sous l’effet de la concurrence, ces gains de productivité sont inéluctables et seront mondiaux ;
  • L’Industrie du futur est aussi une série d’opportunités pour créer au moins 20% de valeur ajoutée en plus, par les volumes et principalement par de nouveaux services et de nouvelles fonctionnalités autour des biens et des produits industriels ;
  • Ce secteur, s’il réussit sa transformation, pourrait cesser de détruire des emplois, voire en recréerait dans les territoires péri-urbains ou dans les villes moyennes. Ces territoires restent étonnamment attractifs pour l’industrie, tandis que notre économie tertiaire concentre la richesse dans les métropoles ;
  • Mais néanmoins, il n’y aura sans doute pas de relocalisation massive ou spontanée de la production industrielle dans les prochaines années. Les pays dits « Low Cost » s’engagent dans des programmes équivalents pour maintenir aussi longtemps que possible leur avantage compétitif. Une telle relocalisation sera possible ultérieurement lorsque la personnalisation des biens industriels et les services les entourant représenteront une part significative de la valeur.

Parmi les grands enseignements, il est indéniable que si les industriels ont pris conscience des profonds bouleversements liés à l’industrie du futur, la mise en action est encore insuffisante pour être en totale adéquation avec cette nouvelle ère. En effet, alors que 78% des dirigeants affirment que l’Industrie du futur est d’actualité dans leur entreprise, seuls 37% d’entre eux ont ou vont adopter une feuille de route Industrie du futur.

L’étude révèle également des degrés de maturité variables selon les entreprises :

  • 39% des grandes entreprises privilégient une adaptation de leur offre de produits ou de services, révélant une évolution profonde de l’univers industriel vers une plus grande attention accordée au client final ;
  • 2 entreprises sur 3 ont déjà opté pour une phase de centralisation du pilotage de leur transformation ;
  • mais seulement 15% ont réalisé une réflexion sur leur organisation à la hauteur de la maturité de leurs transformations « opérationnelle » ou « client ».

Enfin, voici quelques-unes des préconisations émises présentes dans l’ouvrage pour assurer la transition en cours, stopper la désindustrialisation et rejoindre la moyenne européenne :

  • Être pédagogue, expliquer que l’industrie porte en elle :
    • la capacité de créer de la richesse dans les villes moyennes et les territoires ruraux, de manière pérenne, et, à ce titre, de participer au développement territorial. 69% des investissements industriels étrangers sont localisés sur ces territoires contre une minorité de ces même investissements dans le secteur tertiaire ou des services;
    • une complémentarité avec les services en matière de niveaux de formation (notamment avec les services fournis par les plateformes digitales qui mobilisent surtout des niveaux moins élevés de formation et un petit nombre de profils hautement qualifiés) ;
    • une capacité d’exportation qui permettrait de contrebalancer la facture énergétique ;
    • le développement des nouvelles technologies et donc une indépendance technologique.
  • Rassurer et imaginer une transition de l’industrie sans perte d’emplois, où la croissance générée permettra de compenser les gains de productivité.
  • Poursuivre les politiques dite « de l’offre » qui dans le domaine de l’industrie n’ont pas permis encore de trouver l’équilibre souhaitable
    • les arbitrages ont très systématiquement été en faveur des consommateurs, notamment en politique de concurrence et de commerce international ;
    • la fiscalité directe ou indirecte de la France par rapport à celle de ses partenaires, les réductions de charges (extension du CICE au-delà de 3-4x le SMIC), les modalités de financement ;
    • la flexibilité du marché du travail et la simplification administrative ;
    • la formation professionnelle.
  • Proposer la création de valeur ajoutée et d’emplois nouveaux en partie avec la croissance des volumes, mais essentiellement grâce aux services et fonctionnalités ajoutées qui entourent les produits industriels et améliorent l’expérience client.
  • Viser un nouveau modèle industriel avec 60% de la valeur ajoutée issue des produits et des biens, 40% issue des services.

EY - Olivier Lluansi


Olivier Lluansi, associé EY, se tient à votre disposition pour tout commentaire sur le sujet.