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Le nouvel eldorado : les données transactionnelles du client ?

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EY - Le nouvel eldorado : les données transactionnelles du client ?

Depuis un certain temps, la bataille autour du paiement fait rage. De nombreux acteurs globaux (Amazon, Google ou Apple) ont lancé leur propre moyen de paiement. En effet, la mine d’or d’informations transactionnelles dont les institutions financières disposent ne leur a pas échappé… ni le fait que ces dernières n’exploitent ce trésor que peu, voire pas du tout. Quand on connaît la force de prédiction qu’ont ces nouveaux géants du monde numérique, on peut se demander jusqu’où ils pourraient aller s’ils avaient accès à l’ensemble des flux de données bancaires.

Les règles du jeu sont en train d’être modifiées. Avec l’adoption de la nouvelle directive PSD2, les banques seront dorénavant obligées de partager certaines données avec des tiers, dans le but avoué de mettre fin au monopole des banques quant à l’accès aux données transactionnelles. Ceci constitue l’aube d’une nouvelle : la concurrence ne sera plus fondée sur la capacité de retenir le client et ses informations pour éviter qu’un compétiteur ne l’approche… mais sur la capacité d’interpréter ces données pour mieux répondre aux besoins du consommateur.

Les institutions financières peuvent rafler le magot ou perdre gros

Beaucoup prédisent que les banques seront perdantes, arguant que les acteurs digitaux sont aujourd’hui plus habitués à exploiter les données des clients pour leur faire des recommandations pertinentes. Mais PSD2 va aussi donner aux banques l’opportunité d’avoir une vue agrégée sur l’ensemble des comptes du client là où, jusqu’ici, elles ne disposaient que d’une partie de l’information pour les clients multi-bancarisés et se perdaient souvent dans l’analyse des flux qui transitaient par les différents comptes du client.
Certes, les institutions financières partent avec une longueur d’avance, à savoir la confiance que leur témoignent les clients pour la gestion de ces données financières. Ainsi, selon une étude de Febelfin, les institutions financières traditionnelles se classent même numéro un dans ce domaine. Mais elles ne doivent pas prendre ceci pour acquis, car une partie de cette confiance pourrait justement être due au fait que ces données sont aujourd’hui sous-exploitées par les acteurs financiers.

Le client garde les clés du coffre

Contrairement à ce que certaines sociétés financières peuvent laisser penser, les données transactionnelles n’appartiennent qu’à une seule personne : le client. Il sera le seul maître dans la décision de partager ou non ses données et devra donner son consentement sur les données utilisées et ce à quoi elles pourront servir. Il faudra dès lors le convaincre du bien-fondé de la démarche et de son avantage personnel de mettre à disposition certaines de ses données.

La route est semée d'embûches, mieux vaut être bien équipé

Les institutions financières doivent agir… et agir vite ! Mais cela requiert plus que de la volonté. Les compétences requises pour gagner la bataille sont de plus en plus nombreuses, incluant par exemple :

Comprendre le client à travers les données et le convaincre (Marketing)

Il est légitime de s’interroger sur la capacité des institutions financières à gérer un flux additionnel de data alors que peu d’entre elles exploitent correctement les données déjà disponibles. Les récents programmes d’investissement dans le domaine de la gestion des données témoignent de cette prise de conscience et de la volonté de rattraper le temps perdu. Pour autant, définir quelles données sont pertinentes et à quoi elles doivent servir doit encore passer de l’art à la science. De plus, comme mentionné plus haut, il faudra convaincre le client qu’il a un intérêt à laisser accès à ses données.

Collecter, structurer et gérer le flux sans cesse croissant des données (IT)

Là aussi, les investissements sont massifs pour mettre de l’ordre dans les données existantes dont la qualité est parfois questionnable. L’objectif primordial est de s’assurer que l’ensemble des données nécessaires soit disponible en temps réel pour avoir l’agilité et la réactivité nécessaires.

Prédire plutôt qu’expliquer (Data Modelling)

La force de l’algorithme fait toujours la différence sur le long terme. La capacité de donner du sens aux données et de l’aligner avec les besoins du client est indispensable au succès. En effet, les modèles ne peuvent pas se transformer en boîte noire où tout est géré sans prendre en considération l’objectif poursuivi par le client.

Verrouiller le coffre-fort (IT Security)

La protection des données sensibles est un sujet brûlant. Les nombreuses révélations (leaks) démontrent la vulnérabilité des systèmes. Effectivement, les régulateurs exigent aujourd’hui que les institutions financières ne soient plus les seules à disposer des données, ce qui aura évidemment pour conséquence de multiplier les brèches possibles et nécessitera d’étendre la protection.

Respecter la législation et l’intérêt du client (Legal)

En même temps que l’ouverture des données, le régulateur européen a développé une nouvelle loi, la General Data Protection Regulation (GDPR) visant à renforcer la protection du consommateur. Il y a assorti des peines particulièrement élevées pour ceux qui s’aventureraient à ignorer certaines règles de respect de la vie privée.

Conclusion : premier arrivé, premier servi ?

C’est donc un fait : la course aux données constitue la ruée vers l’or des temps modernes. Ce terrain aussi sensible qu’il soit pourrait dès lors bien se transformer en Far West. Certes, les institutions financières traditionnelles disposent d’une longueur d’avance. Mais les nouveaux entrants sur le marché pourraient rapidement leur faire de l’ombre. À elles donc de tirer le meilleur parti de leur position dominante actuelle, sans quoi le nouveau monde pourrait bien leur être beaucoup moins favorable que l’ancien…


Yannick Grécourt
+32 (0)2 774 62 21
Associé EY Financial Services - strategy, customer & operations

Découvrez l’interview de Yannick Grécourt.

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