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Croître dans un monde disruptif

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EY - Croître dans un monde disruptif

Rudi Braes cède le flambeau de CEO d’EY Belgique à Patrick Rottiers

Le 1er juillet 2017, Rudi Braes cédera le flambeau de CEO d’EY Belgique à Patrick Rottiers et deviendra le premier Belge à endosser le rôle de Vice-Chair d’EY EMEIA (Europe, Moyen-Orient, Inde et Afrique). Ces deux managers aguerris profitent de l’occasion pour faire le point et envisager, ensemble, leurs objectifs personnels et professionnels.

Vous serez le premier Belge à accéder au poste de Vice-Chair EMEIA, une région qui regroupe 120 000 collaborateurs répartis sur 98 pays et trois continents. Quelles sont vos attentes ?

Rudi Braes (RB) : « En organisant nos services de manière centralisée en quatre grandes entités (EMEIA, Amérique, Japon et Asie-Pacifique), nous garantissons une qualité de service exceptionnelle au-delà des frontières, tout en créant des leviers économiques. Épinglons notamment une plus forte capacité d’investissement ou une force de frappe supérieure. En outre, EY a actuellement le monopole d’une telle structure par zones. Une longueur d’avance que n’ont pas nos confrères et concurrents. »

Cette fonction supérieure est-elle l’une des plus centrales au sein du groupe EY à l’échelle mondiale ?

RB : « Elle constitue, en effet, le fer de lance opérationnel. Le business development et l’innovation opérationnelle continue sont d’ailleurs dirigés au départ de cette fonction centrale. Mon rôle exige donc beaucoup de diplomatie dans la constellation géopolitique actuelle, mais aussi la faculté de maintenir la sérénité et le calme. Un trait de caractère typique des Belges, non ? »

Quelles seront les ambitions du nouveau Country Managing Partner d’EY Belgique lorsqu’il reprendra le flambeau, le 1er juillet ?

Patrick Rottiers (PR) : « Une croissance saine et durable n’est possible qu’avec suffisamment de ressources adéquates, au sens large du mot. Attirer les meilleurs talents et les garder à bord est, aujourd’hui plus que jamais, un défi crucial. La bonne expertise et l’expérience appropriée constituent le fondement de notre activité. Il nous faut également consolider notre position de meilleur employeur afin de ne pas nous voir évincés du marché. Nous devons enfin continuer à investor dans nos services de conseil, car ce domaine est un pôle de croissance pour aujourd’hui et pour demain. »

Les frontières entre les silos classiques (audit, fiscalité, assurance,…) ont donc tendance à se dissiper ?

PR : « Nous évoluons vers une approche one solution, où l’interaction entre les différentes spécialités et les différents services gagne constamment en importance. Tout est, en effet, de plus en plus interconnecté et les solutions deviennent également multidisciplinaires. Voilà la vraie valeur ajoutée pour nos clients. »

L’évolution vers le numérique en est un bel exemple ?

RB : « La numérisation est, en effet, transversale à tous les services. L’alchimie entre les éléments prend corps au sein des services de conseil. Pour devenir, en outre, l’organisation qui connaît la croissance (saine) la plus rapide, nous entendons devenir le partenaire privilégié des entreprises, tout en nous profilant comme l’employeur le plus prisé. À cet égard, EY Belgique est le seul Big Four à se retrouver, pour la seconde année consécutive, dans le top 10 de “Great Place to Work®”. »

Un groupe tel qu’EY a énormément de possibilités pour saisir avec succès les nouvelles opportunités qu’offre la (r)évolution technologique, …

RB : « L’innovation se passe aussi hors de nos murs. Nous investissons donc dans des start-up afin d’intégrer de nouvelles compétences et expertises. L’effet d’échelle et le réseau international de clients que nous proposons aux start-up garantissent une situation gagnant-gagnant à chacun. »

PR : « Nous optons aussi pour la voie des start-up internes, au sein desquelles nous intégrons tant notre propre expertise que celle de spécialistes externes. Nous soumettons à ces start-up des problèmes importants et intéressants, dont nous pensons qu’ils auront un impact sur nos services dans les cinq ou dix prochaines années. EY cultive l’entrepreneuriat autant que l’intrapreneuriat. Chacun peut proposer un projet d’amélioration grâce à notre programme interne “Innovate EY”. Si l’idée est sélectionnée, l’équipe reçoit un budget de démarrage afin de concrétiser le projet. »

La numérisation est la cause originelle de la disruption et remet de nombreux modèles d’affaires en question.

PR : « Il importe que les entreprises prennent le train des évolutions technologiques en marche afin d’être suffisamment prêtes pour participer à l’évolution numérique. La lenteur de réaction est le plus grand piège. Si vous ne réagissez pas de manière proactive à ce qui attend votre entreprise, il sera trop tard quand les événements se concrétiseront. “Pourquoi penser à demain, alors que tout tourne bien aujourd’hui ?” est la plus grande erreur de jugement qu’un entrepreneur puisse faire. »

RB : « Aucune entreprise n’est immunisée contre la disruption. EY se profile comme un catalyseur pour changer la manière de penser et de faire les choses au sein des entreprises. La manière dont elles ont fonctionné et engrangé des succès ces dernières années n’a sans doute rien à voir avec la manière dont elles le feront dans les dix années qui viennent. Les entreprises ont besoin de gens capables de discerner la réalité derrière les chiffres. Nous le faisons entre autres avec nos labs de Londres, Paris, New York et bientôt Bruxelles, où nous réunissons les directions et les conseils d’administration pour réfléchir à la numérisation de leur entreprise. Nous montrons les possibilités, nous inspirons… pour les mettre en deux jours au diapason de ce qu’est le numérique, de ce qu’il permet et de ce qu’il apporte. Depuis peu, ces labs peuvent communiquer entre eux et utilisent la même méthodologie. Nous parlons aujourd’hui de l’“EY Wave Space” comme d’un réseau mondial de croissance et de centres d’innovation qui aide les clients à passer à l’étape suivante de leur développement, compte tenu des évolutions technologiques. »

Quelles que soient les évolutions, l’homme aura toujours un rôle pertinent. L’analyse et l’interprétation sont et restent des activités que seul l’homme peut effectuer.
Patrick Rottiers

Comment EY aborde-t-il lui-même la nouvelle réalité numérique ?

PR : « Nous essayons de standardiser et d’automatiser de manière optimale les processus routiniers. Pensons à la declaration à la TVA. Il est crucial que cette numérisation soit parfaitement intégrée et conforme au sein des différents services, afin de ne pas créer de nouveaux silos. Prenons l’exemple des audits. Grâce à l’automatisation, l’intervention et l’expertise humaines peuvent plus facilement glisser vers l’analyse et l’interprétation. Cela a un impact, car nous avons désormais besoin de plus de consultants expérimentés afin de donner une valeur à l’output qui sort des machines. Cela nous amènera aussi à devoir revoir notre modèle de formation. »

La technologie et l’homme doivent donc se renforcer mutuellement ?

RB : « La numérisation améliore les processus et les rend plus efficaces. Elle entraîne aussi une croissance du volume de données pertinentes disponibles. Pouvoir apporter une réelle valeur ajoutée à vos clients grâce à ces données fait de vous un fournisseur plus efficace, ce qui crée aussi de nouvelles opportunités d’emploi. Ne serait-ce que grâce à l’onshoring de certains services qu’entraîne la baisse du coût du travail. »

Où en sera EY dans cinq à dix ans ?

PR : « C’est difficile à prévoir dans un monde qui change à toute allure. Pour devenir l’organisation qui connaît la croissance la plus rapide, nous devons être incroyablement attractifs. Si nous voulons devenir le partenaire préféré de toutes nos parties prenantes, nous devons avoir les compétences adéquates à bord. Nos collaborateurs sont nos porte-drapeaux et restent donc notre principal différenciateur. »

Les Big Eight ont évolué au fil du temps pour devenir les Big Four. EY s’attend-il à une poursuite de la consolidation ou plutôt à une fragmentation et à l’émergence de nouveaux acteurs ?

RB : « Nous retrouver encore moins nombreux me semble improbable. La vraie question est plutôt de savoir si tous les acteurs feront les mêmes choix.

La principale menace ne vient donc pas de la concurrence, …

RB : « … mais d’un angle que nous ne connaissons pas encore aujourd’hui. Et ce sera soudain. De nombreuses personnes sous-estiment, par exemple, la puissance et la valeur de la technologie Blockchain, qui pourrait apporter une réelle disruption dans les tâches actuelles d’un auditeur. »

PR : « Quelles que soient les évolutions, l’homme aura toujours un rôle pertinent. L’analyse et l’interprétation sont et restent des activités que seul l’homme peut effectuer. »

Toujours rester aux aguets est donc la morale de l’histoire ?

RB : « Et oser regarder au-delà des murs de son entreprise et de son secteur. Conclure des alliances pour être plus forts ensemble. Est-ce là une manière de brader ses connaissances ? Pas du tout. Partager la connaissance offre une opportunité de pénétrer la technologie et, finalement, d’en sortir plus fort. Il faut parfois savoir jusqu’où on veut aller dans les nouveaux développements qui peuvent influencer négativement le top line à très court terme. Mais ne pas participer, c’est ne pas pouvoir développer de nouvelles opportunités à long terme. Les jeunes générations sont déjà beaucoup plus ouvertes à un tel modèle d’innovation qui nous permettra d’aller de l’avant. Devenir meilleurs ensemble, c’est le concept du futur. »

Pour conclure : notre pays est-il encore suffisamment accueillant pour l’entrepreneuriat ? Les stimulants fiscaux sont sous pression, la sécurité juridique se lézarde,…

PR : « Ne sous-estimez pas la valeur de notre enseignement, la connaissance des langues et l’expertise des gens. La complexité de notre appareil étatique est, bien sûr, très difficile à expliquer à l’étranger et complique l’investissement dans notre pays et ses entreprises. »

RB : « La sécurité juridique pourrait être certes meilleure. Mais nous sommes repartis dans la bonne direction, selon moi. Je voudrais toutefois souligner le fait que tout ne va pas si mal en Belgique. Le sens de l’entreprise et notre compétitivité repartent de l’avant. Il n’y a jamais eu autant de starters. Pour ne rien gâcher, l’instabilité géopolitique ne joue pas en notre défaveur. Si nous étions moins critiques vis-à-vis de nous-mêmes, nous verrions que la Belgique est finalement un pays stable. »

La principale menace ne vient donc pas de la concurrence, mais d’un angle que nous ne connaissons pas encore aujourd’hui. Et ce sera soudain.
Rudi Braes

Patrick Rottiers (°1965)…

…a étudié l’économie et le « Far Eastern Business » et compte près de 30 ans d’expérience chez EY. Longtemps actif à Baltimore, aux États-Unis, Patrick revient ensuite en Belgique, où il peaufine ses expertises et responsabilités très variées. Tout comme Rudi, il devient associé en 2000, puis Real Estate Leader d’EY Belgique trois ans plus tard. Son expertise porte essentiellement sur les entreprises familiales belges ayant des activités internationales. Son parcours ne s’arrête pas là. En 2008, il deviant « Managing Partner pour la région d’Anvers et du Limbourg ». En 2011, Patrick devient Managing Partner d’EY Réviseurs d’entreprises. Patrick est d’ailleurs inscrit en tant que réviseur de l’Institut des Réviseurs d’Entreprises depuis 19 ans. L’année passée, il est devenu membre de l’équipe régionale de leadership de Belgique et des Pays-Bas, responsable de la gestion du risque.

Rudi Braes (°1966)…

…vient d’Anvers. Après ses études de Sciences commerciales et financières, il entame immédiatement sa carrière chez EY. Nous sommes alors en 1990. Six ans plus tard, Rudi devient réviseur d’entreprises et poursuit son ascension au sein de l’organisation durant les années qui suivent. Tout comme Patrick, il devient associé en 2000. L’année (2003) où il devient Industrial Products Leader pour l’Europe occidentale, Rudi crée aussi le China Desk, une division au sein d’EY Belgique dédiée aux relations économiques avec le marché chinois en pleine croissance. En juin 2008, il rejoint l’équipe de direction audit pour la Belgique et les Pays-Bas, avant d’être nommé, trois ans plus tard, Managing Partner d’EY Belgique. Dès 2012, il endosse la fonction de CEO et de président d’EY Belgique et Pays-Bas, mais deviant aussi membre de l’équipe de direction exécutive pour la zone EMEIA.