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Allocation de mobilité « cash for car » ou Budget mobilité : la panacée universelle?

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EY - Allocation de mobilité « cash for car » ou Budget mobilité : la panacée universelle?

Le Parlement vient à peine d’approuver la mesure ‘cash for car’ que le gouvernement belge planche déjà sur le nouveau ‘budget mobilité’, une seconde solution au problème de la mobilité en Belgique. Quelle est la différence entre ces deux mesures et sont-elles réellement efficaces ? Dimitri Wintmolders, People Advisory Services Manager chez EY, nous dit ce qu’il en est.

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Le 15 mars de cette année, l'allocation de mobilité cash for car a été approuvée. Il s’agit d’une solution permettant à un travailleur de renoncer à sa voiture de société, et aux avantages liés, en échange d’une compensation financière. Cette allocation est calculée en fonction de la valeur catalogue du véhicule. « Je crains que cette mesure n’atteigne pas l’objectif recherché », met en garde Dimitri Wintmolders d’EY.

L'État propose aux travailleurs un incitant financier pour qu’ils renoncent à une voiture de société, mais oublie, dans la foulée, d’offrir à ces travailleurs une alternative valable pour leur permettre de rejoindre leur lieu de travail. En outre, l’allocation de mobilité cash for car n’interdit pas au travailleur de racheter lui-même une voiture plus petite ou d’occasion.

Il n’est donc pas exclu que cash for car manque sa cible, voire, bien plus encore qu'une voiture de société, soit utilisé abusivement pour accorder une augmentation salariale déguisée. » Par ailleurs, si l'on en croit les premières réactions, les employeurs semblent peu enclins à mettre en œuvre cette allocation de mobilité.

Dans le cadre de l’allocation de mobilité cash for car, le gouvernement oublie de proposer aux travailleurs une alternative valable qui leur permette de rejoindre leur lieu de travail.

De l’allocation de mobilité au budget mobilité

« Même le Conseil d'État s’était exprimé antérieurement en défaveur de l'allocation de mobilité », se souvient Dimitri. Il avait invoqué des raisons de discrimination et de manque d’efficacité de la mesure pour atteindre l’objectif fixé, à savoir améliorer la mobilité.

« Malgré cet avis négatif, le gouvernement a quand même soumis le projet cash for car au parlement, en insistant sur la nécessité d'évaluer la mesure par rapport à l’objectif recherché.

Une seconde mesure, le budget mobilité a néanmoins été concoctée afin d’apporter une réponse aux remarques importantes du Conseil d'État. Celle-ci offre aux travailleurs la possibilité de « troquer » leur voiture de société contre un modèle moins cher, plus écologique.

Le travailleur pourra donc consacrer le budget ainsi libéré à une seconde option de transport, comme par exemple, un abonnement de transports publics ou un vélo électrique. L’éventuel solde résiduel pourra être versé au travailleur, tout comme dans le cas de l'allocation de mobilité cash for car. »

Le budget de mobilité contient actuellement encore trop de zones d’ombre qui, sans une clarification nette, me font craindre diverses échappatoires.

Pas encore la solution miracle

Le budget mobilité soulève cependant lui aussi de nombreux problèmes, selon Dimitri. « Contrairement à l’allocation de mobilité cash for car, le nouveau budget mobilité ne s’appuie pas sur une formule axée sur la valeur catalogue de la voiture, mais bien sur le total cost of ownership pour l’employeur. Ce facteur constitue déjà à lui seul une source de problèmes. Un même véhicule peut en effet générer un total cost of ownership différent selon la société de leasing. Il existe différentes méthodes de calcul, qui sont susceptibles d’entraîner des écarts considérables. En outre, certains paramètres, comme le coût du carburant, peuvent fluctuer.

Quel critère l’État va-t-il utiliser pour définir quels véhicules sont (plus) respectueux de l’environnement, et lesquels ne le sont pas ? Va-t-il s’appuyer sur les émissions de CO2, le véhicule devra-t-il répondre à une norme Euro spécifique, les véhicules au diesel seront-ils davantage pénalisés, etc. ? Le budget mobilité comporte actuellement encore un trop grand nombre de zones d’ombre qui, sans une clarification nette, pourraient créer un système typiquement belge avec d'innombrables échappatoires.

Pour résoudre réellement le problème de mobilité, nous devons nous poser la question de savoir comment inciter les gens à renoncer à leur voiture.

Enfin, et il s’agit d'ailleurs selon moi de la principale inquiétude concernant le nouveau budget mobilité, cette proposition va-t-elle résoudre le problème de mobilité en Belgique ? Inciter les gens à choisir un véhicule plus petit, plus écologique, ne va pas réduire le nombre de voitures.

J'ai parfois l’impression que le gouvernement veut rapidement mettre en place ces deux mesures pour montrer qu’il a conscience du problème, même s’il se rend bien compte que l’objectif ne sera probablement pas atteint.

Pour résoudre réellement le problème de mobilité, il faut surtout se poser la question de savoir comment encourager les gens à renoncer à leur voiture. Comment les inciter massivement à prendre le train, à enfourcher leur vélo ou à opter pour un bureau satellite/un régime de télétravail. »

L’alternative d’EY

Tant que l'État ne sera pas en mesure de mettre une alternative digne de ce nom sur la table, Dimitri veut encourager les employeurs à concevoir leur propre plan de mobilité sur mesure. « Ce plan peut éventuellement mettre en œuvre les deux mesures du gouvernement susmentionnées, bien que ce ne soit pas une nécessité. Nous voulons aider les employeurs à proposer à leurs travailleurs davantage d’alternatives à la voiture de société, avec la flexibilité d’en mettre quand même une à disposition si nécessaire.

Notre plan My Flex Reward permet actuellement aux travailleurs de renoncer librement à leur voiture de société ou de la troquer contre un modèle plus petit en échange d’unités. Avec les unités ainsi libérées, ils peuvent par exemple opter pour une autre solution de mobilité, comme un abonnement de train ou un vélo. Mais My Flex Reward transcende également les piliers, vu qu’il permet aux travailleurs d’utiliser également leurs unités pour suivre une formation, bénéficier de jours de congé supplémentaires, recevoir une tablette ou des warrants…

Par ailleurs, nous travaillons actuellement sur une application qui abordera la mobilité de manière encore plus détaillée pour l’employeur et le travailleur, afin d’améliorer encore la flexibilité des différentes options de mobilité au sein de l’entreprise. Je pense au carpooling, aux incentives par jour où le travailleur se rend au travail à vélo, au partage des voitures au niveau de la société, etc. La portée de notre solution est donc bien plus large que celle du simple projet cash for car de l’État, ou même du nouveau budget mobilité. »