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Climate Change – risques et opportunités

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EY - Climate Change – risques et opportunités

Avec les marches pour le climat, le changement climatique est plus que jamais un sujet brûlant et régit même l’agenda politique. Les entreprises veulent prendre leurs responsabilités, mais ont de nombreuses questions quant à la meilleure façon de procéder.

Elles trouveront une partie de leurs réponses auprès de nos spécialistes d’EY. Nous nous sommes entretenus avec Hans Verboven, Executive Director d’EY Climate Change & Sustainability Advisory Services.

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EY - Hans Verboven

Hans Verboven
Executive Director EY Climate Change & Sustainability Services
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Quel regard portez-vous sur les ‘grévistes scolaires du climat’ ?

« Un regard essentiellement positif. Il est encourageant de voir que des jeunes font preuve d’engagement et que cette nouvelle génération est convaincue que l’on doit faire les choses autrement. Malheureusement, beaucoup d’éléments du débat manquent cruellement de fondement scientifique et les choses sont présentées de façon très simpliste, voire populiste. »

« La récupération politique n’aide pas non plus les choses à avancer. Nous risquons donc de faire attention aux mauvais symboles et aussi (surtout) d’aboutir à la discorde. Ce serait vraiment dommage car c’est tous ensemble que nous initierons les changements nécessaires pour atteindre les objectifs de la COP 21. »

Quel est au juste l’intérêt de la COP21 ?

Lors de la Conférence des Nations unies sur le climat (COP21) de Paris, fin 2015, près de 200 pays participants ont conclu un accord contraignant pour le climat. L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre, comme le CO2, et de limiter le réchauffement terrestre à un maximum de 2 degrés. »

« Ce programme commun concerne les entreprises, les gouvernements et les citoyens. Il s’agit à présent d’entreprendre une action systématique.

Êtes-vous d’accord avec l’allégation selon laquelle la Belgique n’en fait pas suffisamment pour atteindre les objectifs de la COP21 ?

« Je dirais que non, pas vraiment. Dans le climat de discussion actuel, aussi bien les autorités que les entreprises sont pointées du doigt. La vérité est que la transition pourrait difficilement se faire plus rapidement est qu’elle est bien plus complexe que ce que le débat actuel peut laisser entendre. Il est donc inopportun de faire porter le chapeau au gouvernement ou aux industries. »

« Beaucoup de grandes évolutions, comme l’abaissement des normes d’émission pour les véhicules, le développement de l’énergie éolienne et solaire, les normes d’isolation des bâtiments, etc. ont eu lieu parce que le gouvernement a fait des choix dont il a ensuite fait une réglementation. Les différents gouvernements – du niveau régional à l’européen – ont vraiment fait énormément de choses. »

« La balle est désormais surtout dans le camp des entreprises et des citoyens. En fin de compte, la question du climat est une sorte de dilemme du prisonnier. À court terme, nous ne voyons pas l’intérêt d’agir dans l’intérêt collectif, mais si nous pensons tous ainsi, l’addition qui sera présentée aux générations futures sera bien plus lourde. »

La vérité est que la transition pourrait difficilement se faire plus rapidement est qu’elle est bien plus complexe que ce que le débat actuel peut laisser entendre.

Pourriez-vous nous donner un exemple concret du dilemme du prisonnier ?

« Bien sûr. Prenons les investissements en efficacité énergétique ou énergie verte. La transition coûte beaucoup d’argent et le marché ne veut pas payer pour cela. Lorsqu’il est question, dans des entreprises, de certains investissements en efficacité énergétique ou énergie verte, on s’attend à ce qu’ils soient rentabilisés sur cinq ans au maximum. »

« Naturellement, cela prend plus de temps. Si l’on incluait cependant le véritable coût et rendement du CO2 dans le calcul, on verrait les choses différemment. On en arrive ainsi à un système où l’on réalise un investissement comme s’il n’apportait presqu’aucun, voire aucun rendement sur la totalité de sa durée de vie, et non sur environ cinq ans. »

« Là encore, donc, il nous faut penser, comme en théorie des jeux, au niveau macro et non au niveau de l’entreprise. La croyance en un fonctionnement optimal de la main invisible du libre marché ne s’applique pas à ce genre de problématiques. Les entrepreneurs sont encore bien trop conservateurs à cet égard. »

« J’aimerais aussi un peu pointer du doigt les consommateurs. Il existe de nombreuses études sur leur disposition à payer davantage pour des produits ‘durables’ ou ‘verts’, et leurs résultats sont vraiment extrêmement décevants. ‘Put your money where your mouth is’, comme diraient les Américains. »

« Encore une fois, je crois que le gouvernement peut apporter une solution. Peut-être est-il temps qu’il intervienne davantage au moyen de subventions judicieuses et ciblées, par exemple pour collectiviser le coût des investissements dans des alternatives durables. La peur de subir le désavantage du précurseur s’en trouvera ainsi atténuée. Il faut qu’une sorte de plan Marshall ambitieux supporte la transition énergétique. »

Mais n’est-ce pas irréaliste ? Il n’y a pas d’argent !

« Mais non. Il y a beaucoup d’argent qui n’aide pas à la moindre avancée en Belgique. Il existe un énorme potentiel de croissance économique dans l’innovation, la cleantech, la circularité et les solutions durables. »

« Le développement durable devient le moteur de la croissance économique. Les banques sont prêtes à soutenir ce genre de dossiers. On note une avancée considérable vers les investissements verts. »

Constatez-vous que les entreprises sont plus sensibles à la thématique du développement durable ?

« Cette évolution est déjà en route depuis un certain temps. La différence est qu’entre‑temps, elle est aussi à l’ordre du jour des conseils d’administration. Ce sont, de plus en plus souvent, les cadres supérieurs qui nous demandent des évaluations des risques en matière de durabilité ou lancent un exercice stratégique autour de la circularité, par exemple. »

« On nous demande également plus souvent comment réfléchir différemment en matière de matériel, d’emballage, de transport, d’économies d’énergie, etc. Ces aspects sont donc bien pris en compte. »

La balle est désormais surtout dans le camp des entreprises et des citoyens.

Comment EY aide-t-elle les entreprises qui souhaitent participer à la transition ?

« Nous sommes convaincus que les entreprises peuvent, de par leur expertise commerciale spécifique, être la solution à bien des défis climatiques et environnementaux. La force de mon équipe Climate Change & Sustainability Advisory réside dans le fait que nous ne faisons pas que parler stratégie : nous concrétisons aussi le déploiement dans la pratique. »

« Nous allons donc de la vision au plan d’action et à son implémentation. À cet égard, nous examinons comment vous pourriez mieux faire les choses, mais cherchons également de nouveaux modèles commerciaux plus durables, comme la circularité, le ‘product as a service’, etc. »

« La force d’EY, c’est aussi que nous disposons en interne de tous ces spécialistes. Nous pouvons sélectionner les bonnes solutions et, avec nos collègues d’EY Subsidia et EY Tax, nous cherchons ensuite le moyen de les réaliser dans les meilleures conditions. Il existe en effet de nombreuses opportunités de soutien à l’innovation et à l’investissement dans le secteur du développement durable. Nous faisons en sorte que nos clients ne passent pas à côté. »

Vous soulignez volontiers votre approche large et holistique du développement durable.

« Bien sûr. C’est ce qu’il faut faire. Actuellement, nous parlons principalement du volet énergétique. Mais si l’on souhaite mettre sur pied une stratégie durable, il faut prendre en compte beaucoup d’autres éléments. »

« Il est essentiel de tous les inventorier et de passer de la vision à l’action. L’aspect social du développement durable ne doit pas non plus être négligé lorsqu’on parle de matières premières et d’énergie. »

En conclusion, vous n’êtes donc pas pessimiste ?

« Non, être pessimiste signifie que l’on ne voit plus d’issue. Il ne faut surtout pas commencer à être catastrophiste. Les risques d’aujourd’hui sont autant d’opportunités. Je crois que l’entrepreneuriat et les innovations technologiques peuvent nous permettre assez rapidement de dissocier croissance économique et impact écologique. »

« Les débats doivent redevenir réalistes. Nous ne pouvons pas changer notre mode de vie du jour au lendemain, le nucléaire reste, au moins à court terme, une solution valable en termes d’émissions de CO2, on ne peut pas chasser l’industrie manufacturière de notre pays ou fermer le port d’Anvers. »

« Grâce à l’innovation, l’entrepreneuriat et la croissance économique d’une part et, d’autre part, un bon pilotage de la part du gouvernement, nous finirons bien par y arriver. Je suis donc plutôt optimiste… »