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Wallonie : quels sont les freins à la croissance ?

Entrepreneurship

EY - Wallonie : quels sont les freins à la croissance ?

La croissance ne fait pas peur aux entrepreneurs wallons. Mais comme le souligne une récente enquête de EY, plusieurs obstacles contrarient leurs ambitions : le coût du travail, le poids de la fiscalité et la pénurie de talents sont les trois principaux freins relevés dans l’étude quantitave d’EY.

De plus, la partie qualitative de l’étude portant sur des interviews avec des entrepreneurs wallons relève de manière unanime que la culture wallonne a été épinglée comme favorisant peu l’entrepreneuriat. Est-ce pour ces raisons que nos pépites restent si discrètes ?

Fin 2017, EY a sondé un échantillon de PME wallonnes. Objectif ? Identifier les freins qui entravent les ambitions des entrepreneurs de la Région. Première constatation : neuf entreprises interrogées sur dix expriment clairement une volonté de croissance significative de leur chiffre d’affaires à moyen terme.

Contact

EY - Marie-Laure Moreau

Marie-Laure Moreau
Associée EY Assurane et résponsable pour le marché francophone
+32 (0)4 273 76 43

Zone de confort

Pour parvenir à leurs fins, nos entrepreneurs privilégient le développement des marchés dans lesquels ils sont bien installés grâce à des produits et à des services innovants. Ils citent comme prioritaire le développement et l’entretien d’une relation étroite à long terme avec leurs clients. Cette relation pouvant aller jusqu’à la co-création.

« Le propre de cette stratégie est de se concentrer sur des marchés et des clients connus, plutôt que de tenter l’aventure sur des terrains neufs », nuance Marie-Laure Moreau, associée d'EY et responsable de la Wallonie. De fait, la piste de la croissance par l’internationalisation n’est citée qu’en troisième position par les entreprises sondées, alors qu’elle représente la principale stratégie de croissance des PME européennes.

Près d’un quart des entreprises wallonnes déclarent baser leurs plans de croissance sur l’innovation. « Mais elles restent dans leur zone de confort en se développant sur leur marché local, avec des clients qu’elles pratiquent de longue date », regrette Marie-Laure Moreau. « Quand on tient compte de la taille du marché wallon, cette approche bride leur potentiel de développement. Et sans doute à terme, leur compétitivité. »

« La piste de la croissance par l’internationalisation n’est citée qu’en troisième position par les entreprises wallonnes sondées alors qu’elle constitue la principale stratégie de croissance des PME européennes. »

L'option de la non-croissance

EY - Graphique: Positionnement stratégique

L'étude d'EY s'est posé une autre question fondamentale : et si la volonté de croissance n'était pas au rendez-vous ? Cela semble être le cas dans une part significative des entreprises interrogées. Le choix, conscient ou inconscient, de ne pas chercher la croissance à tout prix, relève des managers mais aussi des actionnaires. « La croissance, bien sûr, comporte une part de risque. Et il est probable que l’entrepreneur wallon et ses actionnaires soient trop souvent tentés par une forme de statu quo. Une option dangereuse à moyen terme, y compris pour un actionnaire. »

« Trois principaux freins : le coût du travail, une fiscalité décourageante et la pénurie de talents. »

Trois freins principaux

L'étude s'est également intéressée aux freins à la croissance que pourraient rencontrer les entreprises sondées. Premier résultat encourageant : il ne semble pas y avoir de problème de financement de cette croissance, sauf peut-être pour des montants supérieurs à trois millions d'euros. Cela dit, le coût du travail, une fiscalité décourageante et la pénurie de talents sont identifiés comme étant les trois principaux obstacles.

« Pour les deux premiers facteurs, des réformes sont au cours et vont dans le bon sens », souligne Marie-Laure Moreau. « En revanche, le manque de renforts qualifiés est plus préoccupant. Les talents ne se créent pas en quelques mois par un simple changement de politique. C’est sans doute l’enjeu le plus inquiétant pour la croissance future de notre économie. »

« En Wallonie, la culture favorise peu l’entrepreneuriat, la prise de risque, l’innovation. »

Une culture peu stimulante

EY a aussi interrogé personnellement plusieurs représentants du monde économique. Un regret revient régulièrement : en Wallonie, la culture favorise peu l’entrepreneuriat, la prise de risque, l’innovation. Et donc, la croissance.

« Dans ces entretiens, nous avons abordé le rôle des syndicats », continue Marie-Laure Moreau. « L’entrepreneur wallon n’y est pas opposé. Ce qui lui pose problème aujourd’hui, c’est une forme de culture syndicale qui représente l’antithèse de l’évolution, de l’innovation, de la compétitivité et de la croissance dans un monde globalisé. »

Quelles pistes proposer pour la Région wallonne ?

Marie-Laure Moreau décèle quatre axes à privilégier.

  1. Continuer à développer l’esprit d’entrepreneuriat. Dans les écoles, mais pas uniquement.
  2. La croissance a besoin d’un environnement favorable, d’un terreau fertile d’un point de vue législatif et fiscal qui favorise l’initiative privée. « Nous devons avoir le courage de réformer et de moderniser l’éducation, la formation, les politiques de soutien à l’innovation. »
  3. Il faut parier davantage sur le secteur privé et réinventer un nouvel équilibre entre le privé et le public.
  4. Enfin, nous devons améliorer l’attractivité de la Wallonie pour favoriser les investissements durables, structurants et porteurs d’emploi et de valeur.