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Brexit : no business as usual?

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EY - Brexit : no business as usual?

L’histoire du Brexit a débuté il y a deux ans, par un referendum : le peuple britannique a eu la possibilité de s’exprimer sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. Le résultat fut inattendu : le Royaume-Uni sort de l’Union !

L’histoire approche de son dénouement. Le 29 mars 2019 à minuit (heure de Bruxelles) est la date notée dans l’agenda, des deux côtés de la Manche, pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, après 40 années en tant qu’État membre.

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Le moment est donc venu de récapituler la situation : où en sont les négociations et que pouvons-nous attendre dans un avenir proche ? Pour reprendre les termes de Michel Barnier, le principal négociateur de l’UE : « l’horloge tourne ».

Le Conseil de l’Europe doit trouver un accord avant le début du mois de novembre. Les parlements britannique et européen pourront ensuite lancer les procédures de ratification pour que le retrait effectif puisse avoir lieu le 29 mars. Après la sortie du Royaume-Uni, un traité concernant les relations futures entre l’UE et le Royaume-Uni, notamment les relations commerciales, pourra être négocié.

Où en est exactement le Brexit ?

Première constatation : un accord a été trouvé ou est à portée de main pour la plupart des thèmes. Les citoyens britanniques actuellement établis dans l’UE et les citoyens de l’UE établis au Royaume-Uni conserveront leur statut actuel après le Brexit.

Londres a également accepté de respecter ses engagements financiers à hauteur de près de 39 milliards d’euros après son retrait. Des liens privilégiés seront maintenus en matière de sécurité, de lutte contre le terrorisme et la criminalité et de politique étrangère.

Autant de bonnes nouvelles, certes, mais les négociations n’ont toutefois pas encore abouti sur deux sujets très importants. Ainsi, en décembre, les deux parties avaient convenu qu’aucune nouvelle barrière ne serait mise en place, après le départ du Royaume-Uni, à la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Aujourd’hui, cette frontière est « inexistante », conformément aux accords de paix sur l’Irlande du Nord, dénommés les Accords du Vendredi Saint de 1998. L’autre problème réside dans les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Le premier souhaite en effet mener sa propre politique commerciale, ce qui signifie qu’il doit quitter l’union douanière et le marché unique. Le commerce entre l’UE et le Royaume-Uni devra donc se dérouler sur une nouvelle base.

Des négociations tendues

La deuxième constatation concerne le déroulement des négociations. Elles ont débuté il y a deux ans et ont parfois connu un déroulement difficile. L’Union européenne n’en est pas responsable, puisqu’elle a fait connaître sa position en toute transparence, dès la demande des Britanniques d’entamer les négociations.

Cette lenteur est due aux tensions provoquées à Londres par le Brexit, tant au sein du gouvernement que du Parlement. Les négociateurs britanniques à Bruxelles n’ont de ce fait pas eu de mandat clair pendant un long moment. Il a fallu attendre le début du mois de juillet pour que le gouvernement britannique parvienne à un accord, qui a été baptisé du nom de l’endroit où il a vu le jour : Chequers, la résidence de campagne du Premier ministre britannique.

Cet accord fut lui aussi une source de controverse, puisque deux ministres ont pris leur distance en démissionnant. Cet accord a également butté sur une résistance acharnée au sein de l’aile eurosceptique du parti Conservateur. Par conséquent, aujourd’hui encore, l’accord de Chequers est une pomme de discorde dans les cercles politiques londoniens.

Inquiétude parmi les entreprises

Troisième constatation : le parcours chaotique des négociations du Brexit a suscité, depuis quelques mois, une inquiétude croissante parmi les entreprises des deux côtés de la Manche. Ce n’est pas seulement le cas dans notre pays, il en va de même ailleurs : de la Fédération allemande des employeurs à la Confederation of British Industry en passant par la Keidanren japonaise. L’inquiétude porte surtout sur l’absence d’accord.

Les entreprises s’inquiètent du bon déroulement de leurs flux de marchandises, de l’allongement des délais d’attente dans les ports de la mer du Nord, des frais supplémentaires tels que les droits de douane, l’augmentation des frais de transport, la nécessité d’augmenter les stocks nécessaires, au niveau local ou pas, au Royaume-Uni. Il existe également une crainte croissante de dévaluation supplémentaire de la livre Sterling. London City est principalement inquiète sur le sujet.

Le Brexit générera néanmoins aussi des opportunités. Les entreprises s’organisent, elles examinent comment accroître leurs parts de marché. Comme les autres, les entreprises belges pourront saisir de nouvelles opportunités.

No deal

Plus un accord se fait attendre, plus la perspective maudite d’un « no deal » s’approche. Depuis l’été, certains estiment même qu’un « no deal » est un scénario réaliste. Quoi qu’il en soit, EY conseille à toutes les entreprises d’examiner attentivement comment se préparer au mieux à un scénario « no deal », ainsi qu’à un scénario d’accord de libre-échange ou encore à une période de transition jusque fin 2020. Ce sont actuellement les options les plus vraisemblables.

La Commission européenne, puis le gouvernement britannique, ont publié diverses notes dans le but d’aider les entreprises à se préparer à un scénario de « no deal ». La lecture de ces notes montre qu’en l’absence d’accord, les citoyens, les autorités et les entreprises britanniques connaîtront une situation de chaos inextricable, mais aussi que les rapports entre les États membres de l’UE et le Royaume-Uni en seront fortement pénalisés.

À quoi devons-nous nous attendre dans un avenir proche ?

Une solution négociée est toujours possible et elle doit être la principale préoccupation des deux parties. Cette perspective ne peut être favorisée que par une ambiance sereine, ainsi qu’un respect et une confiance mutuels. Ces conditions ont souvent été foulées aux pieds durant les derniers mois.

C’est ce qui explique la progression laborieuse du processus de négociation. La créativité est encore plus importante que la sérénité. Elle doit être mise en œuvre pour trancher les deux nœuds gordiens qui subsistent dans les négociations.

Depuis le début du processus de négociation, le négociateur principal de l’UE, Michel Barnier, n’a eu de cesse de déclarer que l’UE est disposée à adapter sa position, pour autant que le gouvernement britannique en fasse autant. Dans la phase actuelle des négociations surtout, il est important de ne pas perdre de vue cet engagement de l’UE. Il peut former la base d’une solution de compromis, tant pour la question de la frontière irlandaise que des relations commerciales futures entre l’UE et le Royaume-Uni.

Accord de libre-échange

L’UE fait actuellement preuve, en toute discrétion, d’une grande ingéniosité sur ces deux problématiques. La frontière irlandaise peut demeurer ouverte, moyennant quelques adaptations du règlement existant qui tiennent compte des obstacles auxquels le gouvernement britannique est confronté.

Pour le commerce UE - Royaume-Uni à l’avenir, il convient de penser à la perspective d’un accord de libre-échange inédit, qui traduit sous une forme particulière le lien spécial et privilégié qui unit l’Union européenne et le Royaume-Uni.

L’Union européenne est prête à emprunter cette voie, si Londres est disposée et en mesure d’en faire autant. Reste évidemment à savoir si un accord proposant de telles solutions pour la frontière irlandaise et les futures relations commerciales sera accepté par le parlement britannique. Un rejet par ce dernier plongerait le pays dans une crise politique et mettrait fin au processus de négociation.

Trois constatations simples, mais importantes pour les entreprises

  1. Le Brexit aura de toute façon lieu, que ce soit sous une forme négociée ou en l’absence d’accord, ce que l’on appelle le scénario « no deal ». Dans les deux cas, les relations avec les partenaires britanniques seront sensiblement modifiées et un scénario de « business as usual » est exclu. Des barrières seront de nouveau installées aux frontières, avec l’application de taxes et de formalités douanières, les transactions financières se dérouleront moins aisément, les expatriés connaîtront une nouvelle situation. Dans le cas d’un « no deal », selon les termes mêmes du FMI, c’est le « chaos » qui risque de régner.

  2. Chaque entreprise qui entretient des relations avec le Royaume-Uni serait bien inspirée de cartographier ces liens : combien de clients avez-vous au Royaume-Uni ? De quels fournisseurs britanniques dépendez-vous ? Avez-vous conclu des contrats toujours en cours basés sur le droit britannique ? Vos exportations vers le Royaume-Uni sont-elles subordonnées à des certificats UE qui pourraient être invalidés après le Brexit ? Essayez donc de dresser l’inventaire de vos relations futures avec vos partenaires britanniques et de toutes les possibilités envisageables. En résumé : établissez un plan pour le jour du Brexit.

  3. Veillez à ce que votre plan puisse être déployé immédiatement. N’hésitez pas à anticiper dès à présent. Les modifications qui interviendront dans le traitement des formalités douanières, les paiements ou la législation applicable à vos contrats seront clairement connues dès le 30 mars.

Les « preparedness notices » publiées par la Commission européenne donnent une image claire, bien que perturbante, de la situation en cas de « no deal ». Elles abordent un vaste éventail de domaines et de secteurs.

EY assiste actuellement près de 300 entreprises, des deux côtés de la Manche, dans leur préparation au Brexit en envisageant autant que faire se peut tous les scénarios envisageables : de l’impact douanier aux adaptations nécessaires des systèmes en passant par l’adaptation des contrats.

Notre approche est composée de trois étapes débutant par l’identification des risques en fonction des diverses priorités et probabilités, puis une remédiation sur mesure en fonction des scénarios possibles et enfin la préparation effective.