Perspectives 2017 dans le secteur canadien de l’assurance vie

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Le secteur canadien de l’assurance vie continue de faire face à de nombreux changements en 2017. Plus particulièrement, la révolution numérique reste encore un important facteur de perturbation, car elle influe sur la capacité d’innovation des assureurs et sur la façon de communiquer avec leurs clients. À cela s’ajoutent les pressions exercées continuellement par les autorités de réglementation, de nouvelles normes de gestion du capital ainsi que de nouvelles règles fiscales à l’égard des souscripteurs, l’incertitude qui prévaut sur les plans politique et économique, et la difficulté croissante de trouver du personnel compétent, autant de facteurs qui conditionneront globalement la façon dont les assureurs vont aborder 2017.

Les assureurs doivent s’adapter aux nouvelles normes de solvabilité, qui devraient être mises en oeuvre au premier trimestre de 2018. Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) du Canada a publié à l’intention des sociétés d’assurance vie assujetties à la réglementation fédérale la version finale de sa ligne directrice intitulée Test de suffisance du capital des sociétés d’assurance-vie. À compter du 1er janvier 2018, celle-ci remplacera la ligne directrice sur le montant minimal permanent requis pour le capital et l’excédent (MMPRCE), qui est en vigueur depuis 1992. La nouvelle ligne directrice du BSIF se traduira non seulement par l’application d’un nouveau ratio de capital, mais également par un ajustement du degré de sensibilité de celui-ci à l’évolution de l’environnement commercial et de la conjoncture économique.

La finalité des innovations technologiques oscille toujours entre les réductions de coûts et la transformation des produits et des modèles d’affaires. Les assureurs devront s’intéresser de plus près aux technologies qui ont pour effet de changer les règles du jeu, comme l’intelligence artificielle, la chaîne de blocs et l’analytique comportementale.

Les données et la façon dont celles-ci sont gérées constituent également d’importants facteurs de progrès technologiques. Les assureurs cherchent à organiser de grands volumes de données disparates de façon à en accroître l’accessibilité et la cohérence et à pouvoir ainsi non seulement répondre plus facilement aux exigences des autorités de réglementation et à celles de leur clientèle, mais aussi établir le cadre de gestion de la prochaine étape du processus de transformation par le numérique et de la prochaine vague de changements touchant le référentiel comptable.

Dans le domaine de l’AssurTech, les assureurs sauront tirer parti des progrès réalisés en 2016 en adoptant de nouvelles mesures pour rehausser leurs capacités. Certains intègrent d’ores et déjà l’AssurTech à leurs modèles d’affaires au moyen d’acquisitions et de partenariats, tandis que d’autres se dotent de leurs propres laboratoires d’innovation en vue de l’intégrer à l’ADN même de leurs affaires.

En 2017, la faiblesse et l’instabilité de l’économie mondiale continueront d’avoir une incidence sur les sociétés d’assurance vie. Sur les marchés émergents, la croissance est plus faible qu’au cours des dernières années, et la volatilité financière s’accentue. Dans le contexte de l’accès de Donald Trump à la présidence des États-Unis, l’avenir de l’économie américaine est incertain, ce qui influe sur l’économie canadienne.

Étant donné le grand nombre de travailleurs qui partiront à la retraite au cours des prochaines années et l’accélération du passage au numérique, les assureurs devront évaluer leurs besoins de main-d’oeuvre et y répondre. Ils chercheront à se concentrer sur les secteurs où la robotique et l’intelligence artificielle peuvent faire le travail ainsi qu’à recenser les tâches stratégiques, analytiques ou fondées sur des interactions interpersonnelles pour lesquelles l’intervention d’humains restera indispensable. Ils devront recruter davantage de spécialistes du numérique, notamment des spécialistes de la cybersécurité, des médias sociaux et de la chaîne de blocs, ainsi que des responsables du marketing et du service à la clientèle en ligne. Ils devront aussi se familiariser avec la mentalité de la génération Y, qui est rapidement en voie de devenir une part importante de la population active.

Tout compte fait, 2017 sera marquée par des perturbations. Les assureurs qui sauront en tirer parti seront bien placés pour tirer leur épingle du jeu dans les années à venir.
 

Incidence des facteurs externes sur le marché canadien de l’assurance vie en 2017

(1 = faible incidence, 10 = forte incidence)

 
Réglementation

Réglementation

Un cadre réglementaire qui ne cesse de s’étendre et de nouvelles normes comptables poseront d’importants défis à relever, tout en générant pour les assureurs des occasions à exploiter en 2017 et au-delà. Ceux qui sauront repenser leur modèle d’affaires de façon à pouvoir dégager de la valeur de ce nouvel environnement deviendront les leaders du secteur.

 
Technologies

Technologies

Les assureurs continueront de tirer parti de technologies de base telles que la robotique et l’analytique pour favoriser les économies de coûts et l’innovation, tout en expérimentant de nouveaux outils comme l’intelligence artificielle et la chaîne de blocs. Les sociétés bien établies auront l’oeil sur les AssurTech, qui jusqu’à maintenant ont su recueillir du financement totalisant 4,6 milliards $ US.

 
Économie

Économie

Conjuguée à la croissance anémique au Canada, la persistance des bas taux d’intérêt continuera de faire pression sur les marges et le rendement des placements des assureurs, de même que sur leurs données de crédit fondamentales. Par ailleurs, l’avènement de la nouvelle administration Trump aux États-Unis et le Brexit dans l’Union européenne contribuent à accroître l’incertitude économique, tandis que les économistes divergent d’opinions quant aux répercussions qui sont susceptibles d’en découler.

 
Attentes de la clientèle

Attentes de la clientèle

L’effet conjugué des changements démographiques, réglementaires et technologiques se traduira par l’augmentation des attentes à l’égard d’une expérience client plus personnalisée et harmonieuse reposant davantage sur le numérique. La simplification des produits et une orientation financière globale deviendront des prérequis, tandis que les assureurs s’efforceront de se doter d’une stratégie véritablement orientée client.

 
Main-d’œuvre

Main-d’œuvre

Le départ à la retraite des professionnels de l’assurance et l’accélération du passage au numérique obligent les assureurs à composer avec l’accentuation de la pénurie de main-d’oeuvre en 2017. Les assureurs tournés vers l’avenir privilégieront le recrutement et le maintien en poste de scientifiques des données et de spécialistes des cyberrisques, entre autres, pour assurer leur pérennité.

Priorités stratégiques pour 2017

En 2017, les bouleversements politiques, les pressions économiques et les innovations qui déstabilisent continueront de redéfinir l’environnement d’affaires dans lequel évoluent les assureurs. L’effet de ces changements se fera sentir dans toutes les sphères d’activité des entreprises, qu’il s’agisse de la conformité, de la gestion des risques et des actifs, du développement de produits, des opérations post-marchés ou des rôles de conseiller. Pour composer avec une telle incertitude, les dirigeants des sociétés d’assurance vie doivent adopter les orientations stratégiques suivantes :

 

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