4 minute read 19 Apr 2021
La Venture Debt, du capital-risque aux lignes racées

La Venture Debt, du capital-risque aux lignes racées

Authors
Laurent Capolaghi

EY Luxembourg Partner, Private Equity Leader

Entrepreneur, passionate and keen to assist our clients navigating the changing landscape of Private Equity.

Marie-Laure Mounguia

EY Luxembourg Private Equity Senior Manager

Extensive experience in Private Equity, Private Debt and Emerging Markets. CFA charter-holder and Réviseur d’Entreprises. Member of the LPEA Young Leaders. Practicing yoga and hiking.

4 minute read 19 Apr 2021
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A


près avoir dévoilé en mars la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) pour les douze mois à venir, sa présidente, Christine Lagarde, a continué à envoyer des messages sans appel aux marchés. Sa position est ferme. La BCE maintiendra une politique accommodante tant que les effets de la pandémie n’auront pas été totalement absorbés, et ce, malgré le risque de surchauffe qui semble venir de la remontée des taux obligataires américains. Ceci a de quoi réjouir les acteurs de la dette privée. L’Europe ayant encore un long chemin à parcourir pour atteindre le niveau de contribution de la dette privée dans le marché de l’emprunt, les opportunités à saisir sont nombreuses. Dans cette course au rendement, le capital-risque n’est pas en reste. La dette investit aussi les start-ups et les secteurs de l’innovation via la Venture Debt qui ne manque pas d’atouts. Tour d’horizon d’une classe d’actif qui en a sous le capot.

La Venture Debt, le nouveau bolide de la dette privée

Après un démarrage un peu lent, la Venture Debt a mis le pied au plancher. Sur les trois dernières années, l’investissement en capital à risque a été financé en produits de dette pour un montant de plus de 80 milliards de dollars*. La Venture Debt se place maintenant en pole position et connait désormais une croissance plus importante que l’investissement traditionnel en capitaux propres. Aux Etats-Unis, le marché du Venture Capital a vu se réaliser en 2020 plus de trois mille transactions impliquant des instruments de dette pour un montant total de plus de 20 milliards de dollars. Ces transactions se sont faites en tandem ou non avec un produit de capital et ont couvert un très large éventail de produits de dette, du prêt traditionnel aux instruments convertibles. Si la dette est souvent intervenue en fin de parcours des start-ups, juste avant une entrée en bourse par exemple, elle a aussi récemment commencé à investir les « premières séries » et couvre dorénavant l’entièreté du cycle de vie d’une entreprise. Sans surprise les secteurs technologiques et de la santé sont en tête même aucune industrie n’est laissée de côté. Les Tech ont en général l’avantage de générer des revenus rapidement et d’avoir des actionnaires qui acceptent de garantir les prêts. Les BioTech et sociétés pharmaceutiques, quant à elles, consomment plus de capitaux et génèrent des revenus bien plus tard, mais si leurs projets aboutissent, le remboursement de la dette est garanti.

Une bonne tenue de route à toute épreuve

Certaines start-ups hésitaient, il y a quelques années, à faire appel à des prêteurs en complément du financement traditionnel en capital fourni par des Business Angels. Au premier abord, l’utilisation de la dette présente des risques pour les jeunes entreprises sans flux de trésorerie stables et peut effrayer de potentiels investisseurs qui pourraient y voir un manque de solvabilité ou des problèmes de trésorerie chroniques. Néanmoins, la souplesse de la structuration des produits de dette leur permet de s’ajuster au plus près des besoins de l’entreprise et de la suivre tout au long de son parcours. La Banque Européenne d’Investissement (BEI) a fait du « prêt d’amorçage-investissement » une de ses solutions stars et y voit de nombreux avantages. Il s’agit d’un financement non-dilutif qui contribue à la croissance de l’entreprise tout en préservant la participation des fondateurs. C’est également un financement sur-mesure qui peut être garanti ou non, et offre différents niveaux de subordination. Il s’agit enfin d’une approche passive sans intervention dans la gestion opérationnelle de l’entreprise. Pur instrument de dette traditionnel ou produit hybride avec une finition de type « equity kicker », toutes les options sont possibles. La Venture Debt a donc les meilleurs atouts pour donner un coup d’accélérateur au capital-risque sans sortie de route.

Le Luxembourg en vitesse de pointe

Les véhicules luxembourgeois n’ont rien à envier à leurs voisins européens et accueillent volontiers les acteurs de la dette. En 2006, suite à la création de la Société d'investissement en capital à risque (SICAR), la définition du capital à risque avait été clarifiée et incluait déjà les instruments de dette. Les critères d’appréciation portaient avant tout sur les notions de risque élevé et de volonté de développement des sociétés cibles, plus que sur le type d’instrument choisi. Par la suite, la possibilité d’utiliser des véhicules luxembourgeois pour réaliser des originations de lignes de dette a également été acceptée. Enfin, plus récemment, le lancement des « Limited Partnerships » à la luxembourgeoise et celui du Fonds d’investissement alternatif réservé (FIAR) sont venus compléter la gamme. Le Luxembourg est donc parfaitement équipé et les plus grands acteurs de la dette l’ont déjà mis à l’essai. La croissance à venir promet d’être importante pour le Grand-Duché.

Le marché émergent de la Venture Debt devrait donc continuer à croître à vive allure dans les prochaines années, porté notamment par une politique de relance européenne fondée sur des taux d’intérêt bas, l’arrivée de nouveaux entrants à la recherche de sources de rendement et la volonté des pays de favoriser le financement de start-ups et de l’innovation.

* PitchBook Analyst Note: Venture Debt a Maturing Market in VC, March 19, 2021

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