3 minute read 15 May 2020

Le Private Equity : depuis la maison certes, mais toujours au travail

By Laurent Capolaghi

EY Luxembourg Partner, Private Equity Leader

Entrepreneur, passionate and keen to assist our clients navigating the changing landscape of Private Equity.

3 minute read 15 May 2020
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En attendant, la révélation des gagnants du confinement et de ses perdants, les acteurs du Private Equity s’activent pour parer à toute éventualité. 

Le Fonds Monétaire International (FMI)* présage que le « Grand confinement » engendrera « la pire récession depuis la Grande dépression […] bien plus grave que la crise financière mondiale. ». Ses perspectives de l’économie mondiale mises à jour en avril prévoient une contraction de 3% du PIB mondial sur l’année 2020 en raison du confinement. Toutefois, dans l’hypothèse où la pandémie de coronavirus s’atténuerait au cours du deuxième semestre 2020, l’économie mondiale devrait profiter d’un rebond de 5,8% sur l’année 2021. L’impact économique de la crise sanitaire est donc extrêmement fort mais pourrait être circonscrit à une période relativement courte. Malgré les aides d’Etat, certaines entreprises ne seront pas en mesure de passer cette épreuve. Les acteurs du Private Equity doivent donc rester en alerte sur tous les fronts.

Des faillites en série inévitables

Le secteur de l’horeca ainsi que ceux du divertissement et des transports sont en première ligne. Mais toutes les entreprises de services de proximité, les petits commerces et les entrepreneurs trépignent d’impatience pour rouvrir leurs portes, leur survie étant en jeu. En-dessous de cette partie émergée de l’iceberg, tout un tissu de petites et moyennes entreprises est affecté. Certaines sociétés américaines fortement exposées aux variations des prix du pétrole ont déjà déposé le bilan. Comme le prévoit le FMI, d’autres suivront inévitablement dans le monde entier ainsi qu’au Luxembourg malgré les aides massives du gouvernement.

Les pays émergents dans leur ensemble pourraient subir un assèchement drastique de leurs sources de financement. Les investisseurs devenant frileux, un retournement des flux de capitaux devrait être observé en raison d'un recul de l'appétit pour le risque au niveau mondial et aux tensions sur les monnaies. De plus, les entreprises pourraient recevoir moins d’aides étatiques que dans les pays dits avancés, certains pays émergents se heurtant à des difficultés budgétaires alors que leur système de santé chancèle.

Les maisons de Private Equity au cœur de la réponse financière et sociétale

Entre générosité et volonté de soutenir la relance économique pour leur propre intérêt, certains grands noms du Private Equity ont annoncé avoir apporté différents types d’aides, notamment en trésorerie, aux sociétés de leur portefeuille afin de les aider à passer la période de confinement et d’ajuster autant que possible leurs activités pour s’adapter à la situation. Signe du niveau de maturité de l’industrie, certains observateurs ont reproché aux maisons de Private Equity de ne pas en faire assez. Les gestionnaires de Private Equity ne sont en effet plus des acteurs de l’ombre. La crise sanitaire est un révélateur de plus du nouveau statut de l’industrie. Les investisseurs alternatifs font partie intégrante non seulement du paysage financier mais aussi de la réponse sociétale.

Le jeu ambigu de la cotation

La crise sanitaire est également l’occasion d’observer les conséquences de la cotation d’une maison de Private Equity. En temps de croissance, le jeu semble être gagnant-gagnant. Les actionnaires profitent à la fois de l’embellie des marchés boursiers et d’une exposition indirecte à l’investissement alternatif alors que les maisons de Private Equity renforcent leur notoriété et leurs sources de financement. Mais quand les cours de bourses chutent, ces maisons sont mises sous pression autant que n’importe quelle autre société cotée et ne bénéficient pas de ce havre de protection qu’offre le marché privé, au moins temporairement, face à la volatilité des bourses.

Des relais de croissance inattendus

Le domaine du sport est un nouvel exemple de la capacité d’adaptation du Private Equity. Alors que les clubs s’inquiètent de l’arrêt soudain des saisons, que les caisses se vident aussi vite qu’augmente la masse graisseuse de leurs sportifs, les investisseurs en capital risque y voient des opportunités. Le monde des clubs de sport et celui du Private Equity ne sont pas si éloignés. La réussite dépend souvent de quelques très bons joueurs ou de quelques très bons investissements. Si l’investissement sportif n’est pas nouveau, il a clairement pris son envol aux Etats-Unis avec des fonds dédiés qui investissent notamment dans le basketball et le baseball.

Enfin, le confinement risque d’apporter son lot de faillites mais pourrait aussi révéler quelques pépites. Ce sont celles qui ont su s’adapter aux circonstances et qui, par génie ou par chance, avaient déjà une offre qui répondait aux besoins de la crise. Celles-ci attendent d’être mises en lumière par une cotation, par exemple, ou autre transaction, lorsque le moment sera venu.

Le Private Equity confiné n’est donc pas une industrie à l’arrêt. Au contraire, entre défis à relever et opportunités à saisir, le Private Equity est aux aguets afin de surmonter la crise au mieux. 

Summary

En attendant, la révélation des gagnants du confinement et de ses perdants, les acteurs du Private Equity s’activent pour parer à toute éventualité. 

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