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Interview de
Frédéric Coirier

« Il y a encore beaucoup à faire pour aider les entrepreneurs »

EY - Frédéric Coirier

Frédéric Coirier, Président de la société Poujoulat, récompensé lors de la cérémonie de la 20e édition du Prix de l’Entrepreneur de l’Année.

L’entreprise Poujoulat a été lauréate du Prix de l’Entrepreneur de l’Année EY en 2012 dans la catégorie Business vert. Quel a été l’impact de cette distinction ?

C’est toujours très plaisant d’être honoré. En interne, ce prix a été un grand motif de fierté. Il a permis de mobiliser nos équipes aussi bien en France qu’à l’international, EY étant une marque mondiale. D’une certaine façon, ce prix a validé nos choix et nos investissements stratégiques.

En externe, cette distinction a eu des répercussions également très positives dans l’écosystème que composent nos clients, nos fournisseurs, nos partenaires financiers.

Depuis 2012, les effectifs de Poujoulat ont été multipliés par près de deux pour atteindre 1500 personnes. Quels ont été les moteurs de cette croissance ?

L’innovation est un formidable accélérateur de croissance. C’est en innovant que l’entreprise Poujoulat a pu renouveler son métier historique de tôlerie en créant des conduits de cheminées et sorties de toit qui diminuent les consommations d’énergie et qui sont 100% personnalisables. C’est en innovant qu’elle a pu diversifier ses métiers notamment dans l’industrie et le bois énergie. C’est en innovant que l’on a pu attirer les talents qui nous permettent aujourd’hui de nous différencier.

Le développement à l’international explique aussi notre changement de dimension. Que ce soit via des acquisitions ou des créations de filiales, Poujoulat est désormais présente dans une vingtaine de pays, principalement européens, pour fabriquer et commercialiser ses produits. De ce point de vue, parce qu’elle efface les frontières administratives et douanières, l’Union européenne est une chance. On ne le dira jamais assez.

En tant que co-président du Mouvement des entreprises intermédiaires (METI), comment jugez-vous l’environnement des ETI ?

Il suffit d’observer leur démographie pour constater que les conditions de leur développement s’améliorent. En 2008, la France ne comptait que 4200 ETI. On en recense aujourd’hui 5800 dont 2000 appartiennent au secteur industriel. Le progrès est évident. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire pour regagner le train perdu, notamment vis-à-vis de l’Allemagne, notre principal partenaire économique et notre premier concurrent à l’export, dont la puissance économique repose en grande partie sur la force de frappe de ses 12 500 ETI. Faut-il rappeler que la France comptait autant d’ETI que l’Allemagne au début des années 80 ?

Dans ce contexte, quelles mesures préconisent le METI ?

On ne compte plus les rapports qui établissent les effets d’entraînement de l’industrie sur l’activité et l’emploi, que ce soit de façon directe ou indirecte, en particulier dans les territoires. Il faut donc en prendre soin. Comment ? Il est urgent de se pencher sur les moyens de redresser la compétitivité de nos ETI industrielles, mises à mal par la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en allégements de charges. Il faut donc alléger la fiscalité, en s’attaquant enfin aux 250 impôts et taxes qui pèsent sur la production et dont le coût annuel est estimé à 70 milliards d’euros. Certes, la tâche est immense. Certes, ces impôts sont notamment des ressources sur lesquelles comptent notamment les collectivités locales pour fonctionner et assurer les services publics. Mais les entreprises ne peuvent plus être les seules – ou presque – à porter cette responsabilité sachant que leurs concurrentes étrangères, et notamment allemandes, ne subissent pas la même pression fiscale. Actuellement, pour Poujoulat, la facture annuelle des taxes de production représente 3% du chiffre d’affaires. Je préférerais les investir dans la modernisation de mes sites, dans la robotique et le numérique par exemple, et dans la formation. Remettons de l’ordre dans les finances publiques, dans la fiscalité des entreprises en ayant pour fil rouge la compétitivité du made in France. Il en va de notre avenir économique et industriel et de la bonne santé de nos territoires.

Point positif, les mécanismes de transmission ont été réformés pour faciliter les passages de témoin.

C’est vrai. Il faut saluer les actions de l’exécutif pour stabiliser le capital. Il était temps. Tant d’ETI ont dû être cédées à des groupes étrangers avec les conséquences que nous connaissons parce que les héritiers ne pouvaient assurer la charge fiscale liée à la transmission. De ce point de vue, l’ISF et les droits de succession ont fait des ravages dans notre économie. Néanmoins, là encore, des progrès restent à faire puisque le coût d’une transmission est trois fois plus élevé en France que dans les autres pays européens.