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Interview de
Xavier Omerin

« Ce sont les hommes et les femmes qui font l’entreprise, ce sont eux aussi qui la défont. C’est dans l’attitude quotidienne que tout se joue. »

EY - Michel Omerin

Michel Omerin, Xavier Omerin et Pierre Sanvoisin lors de la 26e cérémonie du Prix de l’Entrepreneur de l’Année.

Le Groupe Omerin a été lauréat du Prix de l’Entrepreneur de l’Année EY en 2018 dans la catégorie Entreprise Familiale. Quel a été l’impact de cette distinction ?

Ce prix a été une grande fierté collective. Qu’il nous ait été décerné par un jury composé d’entrepreneurs lui a donné une saveur très particulière. Il est toujours très appréciable d’être reconnu par ses pairs, par des professionnels qui, comme nous, connaissent la réalité du terrain et prennent tous les jours des décisions pour leur entreprise. Nous l’avons célébré et partagé avec nos clients, nos fournisseurs, nos partenaires financiers et puis nous avons porté notre regard ailleurs, plus loin. Le quotidien reprend le dessus et c’est tant mieux, c’est ce qui nous fait avancer.

Reprendre l’entreprise familiale a-t-il toujours été votre ambition ?

La seule chose dont j’étais intimement convaincu au départ, c’était que je voulais travailler pour mon propre compte. Que ce soit en reprenant l’affaire familiale était moins évident. Non par dégoût ou par défiance, mais par crainte. Par crainte de reprendre les rênes d’une organisation déjà importante, de ne pas évaluer les situations avec le même œil que mon ingénieur de père, moi qui sortait d’une école de commerce. C’est là que mon père a pris une décision déterminante pour la suite : me proposer de gérer l’intégration d’une activité qu’il venait de racheter. Une mission que j’ai pris comme un simple coup de main. Initialement, cette mission devait durer six mois. Je suis toujours là !

Avec le recul, je me rends compte que j’étais déjà profondément attaché à cette entreprise. Enfant, le moulin qui abritait l’entreprise était joint à notre maison. J’ai toujours joué dans les bruits des métiers à tresser, dans les odeurs de vernis, au milieu des ouvriers. J’ai grandi dans ce monde, et finalement, il semblerait que je n’avais pas réellement envie de le quitter.

Comment, avec l’expansion de votre entreprise, préservez-vous ses valeurs ?

Les valeurs ne se préservent pas, elles se vivent. Ce sont les hommes et les femmes qui font l’entreprise, ce sont eux aussi qui la défont. C’est dans l’attitude quotidienne que tout se joue, et en cela la franchise et la spontanéité sont nos meilleurs atouts. Ne jamais laisser une situation traîner lorsqu’il y a un problème, aborder tous les sujets sans exception, être en lien permanent avec ses collaborateurs, ses clients, ses fournisseurs, mettre la main à la pâte lorsqu’il y a besoin. Il faut sentir les choses. Lorsque vous travaillez avec passion et que vos collaborateurs travaillent avec passion, de quoi avez-vous besoin d’autre ?

Le groupe Omerin a 60 ans cette année, comment envisagez-vous la suite ?

Même si le cœur de notre activité nous pousse à nous occuper des priorités des seuls six prochains mois, je sais que dans une dizaine d’années, la question de la succession devra se poser. Je ne serai pas un PDG qui s’accroche à son siège, qui continue de s’appuyer sur des schémas datés qui fonctionnaient certes bien hier, mais plus aujourd’hui et encore moins demain, qui n’aurait plus le bon ressenti. Deux de mes enfants travaillent dans l’entreprise. Parmi mes petits-enfants, il s’en trouvera peut-être qui auront l’énergie et la volonté de reprendre le flambeau. Mon bras droit, qui est mon binôme depuis 20 ans connaît l’entreprise sur le bout des doigts, en maîtrise tous les sujets. Les possibilités sont nombreuses, ouvertes. L’important reste pour moi que la compétence prime sur le lien familial, quitte à faire une distinction entre ceux qui possèdent le capital de l’entreprise et ceux qui assurent sa direction opérationnelle. Le plus important, c’est que notre histoire continue. Avec la même envie et la même passion.