Emilie Urbany

De digital enabler à digital étableur !

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J’ai appris que le métier d’auditeur est un métier d’expert et que c’est aussi une posture. On doit à la fois exercer notre fonction de contrôle mais aussi user de beaucoup de diplomatie et d’écoute.
EY Alumni - Emilie Urbany

QQuelles étaient tes fonctions chez EY ?

J’ai passé trois ans chez EY en tant qu’assistant puis comme auditeur senior. J’ai intégré le pôle SGM (Small Growth and Middle Market) pour développer mes connaissances économiques et intervenir auprès de toutes les fonctions de l’entreprise. Cette expérience m’a permis de découvrir des entreprises du secteur audiovisuel ou de l’hôtellerie, mais aussi celles des industries automobile, pharmaceutique, chimique et alimentaire.

QComment ces différentes expériences t’ont-elles nourrie et aidée dans ta carrière ?

Travailler pour EY, c’est la chance de vivre la meilleure expérience pour construire sa vie professionnelle. Tout d’abord parce qu’on est tout le temps en train d’apprendre : c’est un vrai processus de formation continue. J’ai appris que le métier d’auditeur est un métier d’expert et que c’est aussi une posture. On doit à la fois exercer notre fonction de contrôle mais aussi user de beaucoup de diplomatie et d’écoute. Concrètement, le rythme est soutenu, il faut travailler dur et beaucoup, être rigoureux et intégrer vite les notions de base pour ne pas ralentir l’équipe ou entacher l’image du cabinet. Ensuite parce que c’est une formidable carte de visite. Et enfin parce que cela permet de rester en contact avec un important réseau d’Alumni EY. La rigueur, l’humilité, l’écoute, l’adaptation, l’apprentissage continu et l’esprit de corps sont des concepts, des réflexes que j’ai appris chez EY et je que je continue d’appliquer aujourd’hui.

QEn quoi consiste exactement ton métier aujourd’hui ?

Après avoir baigné pendant plusieurs années dans l’innovation digitale et l’informatique, c’est tout naturellement que j’ai créé ma société, AIMI, il y a un an et demi. Elle se concentre sur deux activités. La première porte un projet dans le domaine de l’intelligence artificielle en lien avec la formation continue que j’ai incubé à la station F grâce à HEC. La seconde est une activité de conseil en innovation et digital pour le groupe Solvay. Nous centralisons les besoins des métiers et des fonctions et nous testons de nouvelles initiatives. Pour résumer mon rôle actuel, je reprendrais la définition d’Enlart et Charbonnier dans leur ouvrage « Société digitale : comment rester humain » en référence à Robert Linhart ; j’exerce la fonction d’étableur. “Concrètement, qu’est-ce qu’un étableur ? c’est un salarié volontaire qui donne de son temps pour aider ses collègues dans la compréhension de la culture digitale…. Il explore et teste des innovations dans leur domaine d’activité ou encore réinvente des processus métier… [Il] crée peu à peu dans les entreprises des opportunités d’innovation et de créativité.”

QAu quotidien, comment tes journées sont-elles rythmées ?

Dans le digital, nous bougeons beaucoup. Nous assistons à de nombreux événements, nous visitons beaucoup de labs, d’incubateurs et d’autres lieux innovants pour observer ce qui fonctionne et adapter les nouveaux concepts à l’entreprise. Nous menons de nombreux Proof Of Concept pour tester les idées et éprouver les solutions. Nous essayons de faire bouger les lignes en interne en proposant de nouvelles façons de travailler, des learning expeditions et en expliquant les usages digitaux. Concrètement, nous avons un travail de découvreur et d’évangélisation du digital. Enfin nous rencontrons nos pairs et d’autres équipes digitales pour échanger sur les bonnes pratiques et trouver des solutions à nos problématiques communes.

QQuels sont les principaux défis que tu devras relever dans les prochaines années, notamment en matière d’innovation numérique ?

Créer de nouvelles activités, se réinventer. Nous avons déjà collaboré avec des cabinets extérieurs, mais ma conviction est que nous devons nous approprier les méthodologies d’idéation et de création de nouveaux ‘business models’ pour les adapter. Nos nouveautés viendront des initiatives internes et pas de copier/coller d’autres modèles.

QQue voudrais-tu savoir ?

Je voudrais savoir de quoi sera fait l’avenir, comment sera le monde de demain et savoir si nous aurons pu relever le défi du réchauffement climatique, créer des économies circulaires. Je voudrais savoir si nous serons tous générateurs d’énergie et plus seulement des utilisateurs, savoir s’il y aura une vraie égalité homme/femme (congés paternité allongés et appliqués, égalité des salaires, >50% de femmes dans les COMEX) et si nous aurons su utiliser le digital pour créer de la valeur pour l’humanité.