Tram Trinh

Le futur de la santé passera par la prévention qui sera possible à grande échelle grâce aux technologies d’eSanté.

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Par l’audit, j’ai appris des méthodes de travail, une rigueur, celle de savoir questionner et d’être à l’écoute, de pousser jusqu’à la plus grande exhaustivité et de garder un scepticisme de rigueur.
EY Alumni - Tram Trinh

QPouvez-vous revenir sur votre expérience chez EY ?

Au moment de la levée de l’embargo des Etats-Unis au Vietnam en 1994, EY a vu l’opportunité d’être parmi les premiers à se réimplanter dans le pays et m’a proposé de rejoindre l’équipe locale à Ho Chi Minh City (Saigon), avant mon début chez EY Paris J’ai aimé vivre cette période, car me trouver au croisement de cultures différentes m’a beaucoup appris. Je pense que l’implantation d’EY sur place a été rendue facile par le fait que les Vietnamiens ont une grande soif d’apprendre et que les premières jeunes recrues de EY Vietnam étaient les meilleurs diplômés de leur université, voire du pays. C’est une particularité qui correspondait parfaitement à l’ambition que nous avions pour le développement de ce bureau : recruter des talents locaux, les former et leur transmettre notre savoir-faire.

QQue retenez-vous de votre expérience ?

Par l’audit, j’ai appris des méthodes de travail, une rigueur, celle de savoir questionner et d’être à l’écoute, de pousser jusqu’à la plus grande exhaustivité et de garder un scepticisme de rigueur.
Aujourd’hui en tant qu’entrepreneur et board member de sociétés non cotées, cette expérience me sert quotidiennement pour identifier les risques et les processus de correction en amont. C’est un réel atout de compétitivité pour les petites structures.

QPourquoi avoir créé VITANLINK en 2013 ?

J’ai créé Vitanlink pour créer une passerelle entre des sociétés déjà implantées, des équipes et des technologies à fort potentiel, notamment dans le domaine du logiciel ou de l’intelligence artificielle, et ainsi faire émerger de nouvelles solutions de santé pour la prévention.
Nous accompagnons également des sociétés créées depuis plus de 5 ans dans le domaine de la Med Tech ou de l’eSanté, qui proposent des solutions de diagnostic précoce et de suivi. Mon rôle est d’ouvrir notre réseau global, d’identifier, de cultiver et de concrétiser des alliances et des partenariats clés avec les industries qui ont la capacité d’en assurer, soit la commercialisation ou le co-développement. Je suis intimement convaincue que le futur de la santé passera par la prévention qui sera possible à grande échelle grâce aux technologies d’eSanté.

QQuels sont les bénéfices attendus de la transformation digitale et de l’intelligence artificielle dans ce domaine ?

Dans la santé, les informations sont digitalisées et récoltées en très grand nombre. Les techniques avancées d’intelligence artificielle comme le deep learning ou « apprentissage profond » constituent une classe d’algorithmes d'apprentissage automatique qui s’applique dans de nombreux champs tels la reconnaissance de formes, de la parole, le traitement automatique du langage naturel ou la reconnaissance bio-informatique. Elles permettent aux professionnels de santé d’automatiser l’interprétation des éléments complexes que l’œil humain ne peut pas rapidement ou facilement voir. Les serveurs puissants et les capacités de calcul à notre disposition viendront accélérer ces avancées, non seulement pour le diagnostic, mais aussi pour les traitements médicaux associés. Ils aideront les mathématiciens et les médecins à trouver de nouvelles molécules, accélérer la compréhension des maladies grâce à la mise en commun des données transmises par les hôpitaux, les patients.

QA l’inverse, quels sont les freins à la création de valeur dans la santé ?

De nombreuses entreprises ont compris la valeur de ces données et sont de moins en moins enclines à les partager. Or le décloisonnement de l’information est clef pour avancer. Par exemple, afin qu’une nouvelle molécule voit le jour bien avant 10 ans de développement et d’investissement clinique, il faudrait que tous les hôpitaux et industries pharmaceutiques du monde décloisonnent l’accès à leurs informations. C’est un vrai défi. Il faut que l’état d’esprit dominant reste collaboratif.

QParallèlement à votre activité principale, vous vous êtes récemment engagée dans l’intelligence artificielle et la blockchain notamment en co-fondant dquant, pour la prédiction des marchés financiers. Qu’en est-il exactement ?

Dquant externalise la science des données pour le trading quantitatif grâce à une équipe interne R&D de haut niveau, issu des meilleures institutions mondiales, un programme de formation en data science et une plateforme de concours qui réunit une communauté de data scientists participants qualifiés.

QComment évoluez-vous dans ce monde ?

Je ne suis ni data scientist ni médecin, et c’est tant mieux car je travaille ainsi en pleine complémentarité avec eux et c’est un vrai plaisir ! Il ne faut pas hésiter à poser des questions, même les plus naïves. Les scientifiques aiment être challengés et relever des défis importants avec une indépendance d’action et de contribution. Il faut du bon sens, tout est une affaire de corrélations et de causalité !

QQuelles sont vos passions dans le domaine privé ?

Mon emploi du temps d’entrepreneur est très extensible, alors j’aime dédier des plages de relaxation : la musique classique surtout avec Jean Sébastien Bach, la cuisine fusion mix Asie-Occident que je réinvente continuellement et dont je fais profiter mes enfants, ma famille et mes amis en organisant des réceptions gastronomiques, sans oublier le massage thaïlandais énergétique, capital !