Observatoire des politiques publiques

Sondage exclusif : L’innovation doit être au cœur des politiques de développement économique

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Gouvernance, rôle des régions et de l’État : les agents publics interrogés à l’occasion de l’enquête Acteurs publics/EY pour l’Observatoire des politiques publiques réalisée par l’Ifop se montrent critiques sur l’efficacité de l’action publique en matière de développement économique.

Les agents publics sont mitigés sur les résultats des politiques de développement économique conduites par l’État et les collectivités locales. Selon l’enquête exclusive Acteurs publics/EY pour l’Observatoire des politiques publiques réalisée par l’Ifop, seule la moitié des personnes interrogées estime efficace l’action publique menée par les collectivités locales (50 %), une infime proportion en étant convaincue (2 % jugent ainsi que l’action est « très efficace ») ; et ce jugement de gagner en sévérité s’agissant de l’action publique conduite par l’État (43 % seulement la considérant comme « efficace »). Assez logiquement, on observe que les interviewés tendent à afficher une plus grande clémence à l’égard de leur fonction publique d’appartenance, sans pour autant témoigner d’un fort enthousiasme s’agissant de l’efficacité de son action : 6 fonctionnaires territoriauxsur 10 estiment que l’action des collectivités est efficace (61 %) et un fonctionnaire d’État sur 2 partage ce sentiment à l’égard de l’action de sa fonction publique (49 %).

Fragmentation des acteurs

La problématique de la gouvernance est très nettement le premier obstacle identifié comme entravant les actions publiques en matière de développement économique, qu’il s’agisse de la fragmentation des actions ou des acteurs (perçue par 45 % des interviewés), ou encore des problèmes de gouvernance ou de management public (41 %). Viennent ensuite, mais dans une mesure bien moindre, la restriction budgétaire (29 %), la méconnaissance du monde économique (26 %), le manque de compétences qualifiées chez les acteurs publics (24 %) et le mauvais choix des projets accompagnés (24 %).

Développement économique : le grand chambardement

Marc Lhermitte, associé EY, responsable du secteur public

L’innovation est placée en tête des priorités du développement économique par les fonctionnaires interrogés, à travers un déploiement de projets structurants comme les plates-formes scientifiques ou d’innovation (63 %), ainsi que grâce au soutien à l’innovation (57 %). Les autres sujets comme l’aide à l’export (30 %), la structuration de filières (29 %), l’accompagnement des entreprises en difficulté (28%) ou des start-up (23 %), l’attractivité et le marketing territorial (22 %) ainsi que le financement de l’économie et des entreprises (20 %), sans être ignorés, sont jugés secondaires.

Renforcement du pouvoir des régions

Les interviewés plébiscitent avant tout un renforcement de l’action publique en faveur du développement économique au niveau des régions (77 %), bien avant un renforcement au niveau étatique – État (62 %) ou opérateurs de l’État (61 %) – ou des villes – métropoles (58 %) et intercommunalités (56 %). La pertinence d’un renforcement au niveau des opérateurs des collectivités territoriales (43 %), des départements (35 %) ou des organisations consulaires (35 %) est, elle, très largement questionnée.

Marion Chasles-Parot, chef de groupe « Opinion et stratégies d’entreprise », Ifop

L’enquête Acteurs publics/EY pour l’Observatoire des politiques publiques réalisée par l’Ifop a été menée du 18 juillet au 23 août 2018 auprès d’un échantillon de 803 personnes (554 fonctionnaires de catégorie A, 82 de catégorie B, 32 de catégorie C et 135 contractuels), évoluant au sein de l’État (542), des hôpitaux (33) et des collectivités territoriales (228). Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing).