Observatoire des politiques publiques

Sondage exclusif : les Français mitigés sur l’efficacité des collectivités locales

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51 % des personnes interrogées par l’Ifop pour Acteurs publics et EY estiment les collectivités territoriales “inefficaces”. La commune est l’échelon jugé le moins négativement. Selon les Français, les marges d’efficience sont surtout à rechercher dans les transports et la gestion des déchets.

 

Simplification, rationalisation, évaluation, co-construction : clés de l’efficacité

Nathalie Van Vliet, associée EY, responsable “secteur public”

Dans le cadre de son programme présenté pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a témoigné de sa volonté de modifier le fonctionnement des collectivités territoriales. Le président de la République nouvellement élu, alors candidat, s’était engagé à la signature d’un pacte. Les collectivités devraient ainsi réduire la dépense publique locale, à hauteur de 10 milliards d’euros, tout en ayant davantage de marges de manœuvre, à la fois dans la gestion de leurs finances, de leurs ressources humaines ou dans leur organisation générale. Quelques semaines après l’investiture d’Emmanuel Macron comme président de la République, cette enquête Ifop pour Acteurs publics et EY s’est attardée sur les perceptions qu’ont les Français du fonctionnement des collectivités territoriales.

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Divisées sur le sujet de l’efficacité, les personnes interrogées y apparaissent en attente d’une meilleure organisation dans le domaine des transports, de la voirie et du stationnement et d’une meilleure organisation des tâches entre les services de l’État et les collectivités. Ainsi, 49 % des personnes interrogées considèrent qu’elles sont “efficaces”, tandis que 51 % les perçoivent comme “pas efficaces”. Les représentations varient alors en fonction de la zone de résidence et de son niveau d’urbanisme, et selon les aspirations politiques de chacun.

Perplexité dans les communes rurales

Les habitants des communes rurales paraissent ainsi moins enthousiastes quant au fonctionnement des collectivités locales (44 % contre 51 % des personnes résidant dans une commune urbaine de province et 54 % des personnes dépendant de l’agglomération parisienne), de même que les électeurs de Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle : 39 % contre 50 % de ceux de François Fillon, 55 % de ceux d’Emmanuel Macron et 59 % de ceux de Jean-Luc Mélenchon.

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Dès lors, derrière cette perplexité au sujet de leur fonctionnement, la tentative d’identification de la collectivité territoriale la plus efficace accouche de réponses dispersées. Une prime est toutefois accordée à la proximité : 34 % des personnes interrogées citent la commune, contre 27 % pour l’intercommunalité, tandis que 23 % penchent plutôt pour le département et 16 % pour la région. Alors que la question de l’existence de l’échelon départemental s’est posée ces dernières années, les jeunes le considèrent à une majorité relative comme la collectivité la plus efficace (31 % parmi les moins de 35 ans).

Organisation et rationalisation

Les personnes interrogées attendent une meilleure action publique en matière de transports, de voirie et de stationnement. Face à la pression qui s’exerce sur les dépenses publiques, les Français ne se concentrent pas sur les compétences propres à une collectivité, mais davantage sur des compétences partagées. Les transports, la voirie et le stationnement sont dès lors le domaine sur lequel l’intervention publique doit être en mesure d’être plus efficiente (44 %). Suivent les déchets, l’eau et l’assainissement (38 %), plutôt dévolus aux intercommunalités, les aides sociales (36 %), principalement gérées par les départements, ainsi que la gestion des écoles, collèges et lycées (35 %) et l’urbanisme et l’aménagement (32 %), compétences plutôt partagées entre les différents échelons territoriaux.

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Une meilleure organisation des tâches entre les services de l’État et les collectivités est souhaitée. Enfin, parmi les pistes d’accroissement de la performance des collectivités territoriales, les personnes interrogées pointent des problèmes d’organisation et de rationalisation et ne les personnifient pas. Elles paraissent ainsi avant tout en attente d’une meilleure collaboration entre les services de l’État (61 % de citations au total), puis d’une meilleure répartition et d’une meilleure clarification des différentes compétences (43 %).

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La réduction du nombre de niveaux de collectivités est citée par une proportion non négligeable de personnes (39 %), tandis que le ciblage de certaines catégories, à travers l’amélioration du recrutement et de la formation des agents territoriaux (24 %) ou l’amélioration de la formation des élus (21 %) est moins couramment cité. Il est toutefois plus répandu parmi les populations les plus jeunes (respectivement 31 et 29 % de citations), les plus précaires (28 et 28 % chez les CSP -) et les chômeurs (38 et 28 %).

Esteban Pratviel,
chef de groupe au département “Opinion et stratégies d’entreprises” de l’Ifop

Sondage Acteurs publics/Ernst & Young réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques auprès d’un échantillon de 1 007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) du 20 au 22 juin 2017.