Observatoire des politiques publiques

Sondage exclusif : Les Français veulent des services publics plus efficaces... sans dépenser plus

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Alors que s'ouvre un nouveau quinquennat, les personnes interrogées par l’Ifop pour Acteurs publics et EY placent la réduction de la dépense publique en tête des priorités assignées au nouvel exécutif. Autre enseignement de cette enquête : la réussite d’une bonne réforme des administrations et des services publics passe avant tout, aux yeux des sondés, par “une meilleure prise en compte des attentes des usagers”.

Une administration plus efficace, objectif à atteindre pour le nouveau Président

Valérie Lainé, associée EY, “défense et sécurité intérieure”

Face à la pression qui s’exerce sur les dépenses publiques, les administrations sont confrontées à deux objectifs qui peuvent paraître antagonistes – réaliser des économies budgétaires et répondre à la demande de leurs usagers – et de fait sont contraintes à faire mieux avec moins de moyens. 

Ce sondage Ifop pour Acteurs publics et EY, réalisé peu avant le premier tour de l’élection présidentielle, montre que les Français se sont saisis de cette question et en appellent à une réforme des administrations et de leur fonctionnement. Sitôt passé le second tour de l’élection présidentielle, ils souhaitent la mise en place d’un plan de réduction de la dépense publique dans un premier temps, pour développer dans un second temps une offre plus conforme aux demandes des usagers. Les Français soulignent l’urgence de la recherche d’une plus grande efficacité de l’administration et des services publics.

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Les personnes interrogées s’accordent sur l’importance de l’enjeu de l’efficacité de l’administration et des services publics. En effet, 46 % d’entre elles jugent que la recherche de l’efficacité doit être “tout à fait prioritaire” pour le prochain président de la République, tandis que 48 % estiment qu’il s’agit d’un enjeu “important mais pas prioritaire”. La proportion de personnes évoquant un enjeu “secondaire” s’avère en revanche très marginale (6 %).

Réforme de l’hôpital public en tête

L’urgence de réformer les administrations et leur fonctionnement s’exprime de manière générale. Interrogés sur le domaine dans lequel la nécessité de changements est la plus nécessaire, les Français ne ciblent pas de domaine particulier, aucun de ceux qui sont évoqués ne dépassant le quart des citations. L’hôpital public (21 % de citations), mentionné particulièrement par les retraités (28 %) et les hauts revenus/catégories aisées (27 %), et le service public de l’emploi (21 %), évoqué plutôt par les chômeurs (30 %) et les catégories pauvres (29 %), atteignent toutefois le haut de la hiérarchie. Viennent ensuite la protection sociale (15 %), l’éducation (12 %), la justice (12 %) et les forces de sécurité (11 %), ­tandis que l’environnement (5 %) et la défense (3 %) font l’objet de citations marginales.

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Plan de réduction de la dépense publique

En premier lieu, 30 % des Français déclarent souhaiter la mise en place d’un plan de réduction de la dépense publique à l’issue du second tour de l’élection présidentielle. Puis, quasiment au même niveau, devant le chantier de la recherche d’une plus grande efficacité de l’administration et des services publics, 23 % envisagent d’abord de fixer les priorités des réformes à engager et 22 % optent pour l’ouverture d’une concertation large avec les citoyens. L’évaluation de la performance des administrations publiques (13 %) et la révision du statut des agents de la fonction publique (12 %) apparaissent moins prioritaires.

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Les clivages politiques sont renforcés sur cette question bien que, en dehors de l’électorat de Benoît Hamon, la mise en place d’un plan de réduction de la dépense publique soit toujours citée à un haut niveau.

Ne pas négliger les attentes des usagers

Au-delà de ce plan de réduction de la dépense, les Français considèrent à plus long terme que la réussite de la réforme des administrations et des services publics ne peut être envisagée par le seul prisme comptable et passe avant tout par le développement d’une offre plus adaptée à leurs besoins. Ainsi, 30 % d’entre eux conditionnent la réussite d’une telle entreprise à la meilleure prise en compte des attentes des usagers. Parmi eux, les femmes (35 %), les personnes âgées de 25 à 34 ans (41 %), les chômeurs (43 %) apparaissent surreprésentés.

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Toujours dans cette perspective d’une meilleure offre de la part des administrations, 18 % souhaitent in fine un meilleur déploiement des services, regrettant sans doute la fermeture de ceux-ci dans certains territoires. La diminution du nombre de fonctionnaires, citée plus marginalement (10 %), apparaît enfin comme l’objectif le plus clivant : 24 % des électeurs de François Fillon en font une condition de réussite, contre 14 % de ceux de Marine Le Pen, 8 % des partisans d’Emmanuel Macron, 4 % de ceux de Benoît Hamon et 3 % des ­électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

Esteban Pratviel, chef de groupe au département “Opinion et stratégies d’entreprises” de l'Ifop

Sondage Acteurs publics/EY réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) du 11 au 12 avril 2017.