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3e Panorama des Industries Culturelles et Créatives en France

L’économie mosaïque

Aux côtés de France Créative, EY participe depuis 2013 au récit économique du secteur des Industries Culturelles et Créatives (ICC). Ce 3e panorama est un chapitre supplémentaire de ce récit, au moment où les Industries Culturelles et Créatives deviennent une filière à part entière dont les États Généraux de la Culture vont aider à définir la vision économique et les projets collectifs.

Quand elle réunit les forces et talents de ses 10 secteurs, ses 600 métiers et ses 300 000 entreprises, associations et organisations publiques, l’économie de la culture et de la création est un des fers de lance de l’attractivité et de l’influence de la France. Une influence directement liée à l’exportation de nos savoir-faire créatifs, qui ont crû deux fois plus rapidement que la moyenne des exportations françaises entre 2013 et 2016.

Les ICC sont une mosaïque complexe et passionnante. Ceci est d’autant plus vrai que cette filière est une démonstration vivante des ruptures de notre temps : révolution des usages, ruptures technologiques, nouveau partage de la valeur, irruption du fait social et culturel dans nos actes économiques. Ce panorama en raconte les mille facettes et enjeux.

Industries Culturelles et Créatives : une dynamique de croissance mais avec d’importantes disparités

Entre 2013 et 2018, les revenus directs et indirects des 10 principaux secteurs des Industries Culturelles et Créatives ont crû de 6,7%, pour s’établir à 91,4 milliards d’euros. Le DEPS du ministère de la Culture estime à 2,3% la part de la culture dans l’économie française en 2017.

Malgré les profondes transformations des chaînes de valeur et la concurrence des formats, des médias et des modes de consommation, le nombre de personnes en emploi, rattachées à une structure de l’économie créative ou ayant perçu un revenu culturel au cours de l’année écoulée, est en augmentation de 4,4% sur la période.

Les arts visuels constituent le premier secteur des Industries Culturelles et Créatives en chiffre d’affaires et en effectifs, avec respectivement 23,4 M€ et un effectif de 333 100 personnes ayant perçu un revenu du fait de leur activité permanente ou ponctuelle dans ce secteur.

Si le marché de l’art français reste modeste comparé à certains concurrents internationaux, l’architecture constitue, par exemple, un pilier majeur (7,1 milliards d’euros) de cette filière. La reprise significative de la fréquentation des musées a en outre entrainé une hausse de +15% de leur chiffre d’affaires.

En raison de l’important volume de revenus qu’elles concentrent, d’autres industries jouent un effet d’entraînement sur les grands agrégats économiques des Industries Culturelles et Créatives. Ainsi, la croissance du marché publicitaire ou les nouveaux vecteurs de la télévision (vidéo à la demande, succès des séries) pèsent largement dans l’accroissement du chiffre d’affaires global des Industries Culturelles et Créatives. Si le chiffre d’affaires global de ce secteur affiche une légère baisse entre 2013 et 2018, ses revenus directs (revenus des chaînes TV, de la vidéo à la demande, exportations de programmes) croissent sur la période.

D’autres filières, qui présentent un volume de revenus plus modeste, se distinguent en revanche par l’ampleur de la croissance de leur chiffre d’affaires. Le spectacle vivant, la musique et l’industrie du jeu vidéo, qui concentrent respectivement 7,7, 5,5 et 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct, ont affiché les taux de croissance les plus élevés sur les cinq dernières années.

Les revenus directs du secteur de la musique ont connu une croissance de plus de 17% entre 2013 et 2018 grâce aux nouvelles dynamiques du streaming payant et du spectacle vivant.

Ces dynamiques ne peuvent en revanche masquer, d’une part la période très difficile qu’ont connue certains secteurs suite aux attentats de 2015, et d’autre part la transformation radicale des modes de consommation et l’apparition de nouveaux acteurs « plateformes » qui en modifient les pratiques et le partage de la valeur.

À cet égard, certaines filières en transition ne bénéficient pas encore pleinement de la dynamique de digitalisation de l’économie créative. S’ils ont pu connaître de fortes baisses de revenus certaines années, leur chiffre d’affaires reste globalement stable sur la période.

C’est notamment le cas de l’industrie du cinéma ou du secteur du livre, dont les revenus directs ont crû de 4,5% et 4,2% en cinq ans, un rythme moins élevé que la moyenne des Industries Culturelles Et Créatives.

91,4 Mds€ chiffre d’affaires total en 2018

+6,7% entre 2013 et 2018

47,5 Mds€ valeur ajoutée du secteur en 2017, soit 2,3% de l’économie nationale

Une très grande diversité de métiers et de profils actifs

Les Industries Culturelles et Créatives constituent en premier lieu un terrain de rencontre entre un large éventail de professions. L’analyse des conventions collectives et référentiels métiers des principales branches des Industries Culturelles Et Créatives révèle la forte hétérogénéité des nomenclatures d’emplois de chaque filière.

Avec 191 métiers recensés, le secteur du spectacle vivant musical et de variété se distingue particulièrement. Il présente la singularité de regrouper une grande variété de profils tant dans le champ des métiers artistiques que dans celui des métiers techniques ou des fonctions administratives.

Ces grandes mutations ont également largement contribué à renforcer la polycompétence des actifs des industries culturelles. C'est notamment le cas des métiers de l'image ou de l'écriture de projets audiovisuels, qui concentrent près de 50% d'actifs exerçant plusieurs compétences.

Les professions culturelles ont incontestablement connu une dynamique de féminisation ces dernières décennies : elles comptaient un peu plus de 30% de femmes en 1991, contre 43% en 2015. La part de femmes parmi les actifs en emploi reste toutefois inférieure à la moyenne française de 48% sur l’ensemble de la population active.

En outre, le secteur a encore des efforts à mener quant à l’accès aux postes de direction : seulement 30% des 370 structures labellisées financées par le programme « Création artistique » du PLF 2019 sont dirigées par des femmes, de même qu’un tiers des lieux de création et de diffusion des arts plastiques et du spectacle vivant qui maillent le territoire français.

L’audiovisuel et les médias constituent des exceptions notables avec 80% des postes de direction de l’audiovisuel public féminisés, et un taux d’accès à l’encadrement sur l’ensemble des champs de l’audiovisuel identique pour les femmes et pour les hommes (30%).

1,3 million personnes ayant tiré un revenu direct ou indirect, principal ou ponctuel, d’une activité culturelle ou créative en 2018

635 700 emplois réguliers

+7,1% croissance de ces effectifs entre 2013 et 2018

43% femmes parmi les actifs des Industries Culturelles et Créative

Les Industries Culturelles et Créatives, vecteurs d’attractivité pour la France

Au-delà de leur contribution à la dynamique de digitalisation de l’économie hexagonale ou au développement économique des territoires, les Industries Culturelles et Créatives sont un vecteur de rayonnement pour la France dans la mondialisation.

Depuis 2013, les Industries Culturelles et Créatives ont largement contribué à la projection de la France sur des marchés extérieurs. Les exportations de biens culturels ont crû en moyenne deux fois plus vite que l’ensemble des exportations françaises sur la période 2013-2016, de 16% contre 8,4% tous secteurs confondus.

Cette tendance est largement portée par des secteurs de pointe bénéficiant d’un rayonnement important sur les marchés internationaux. Les filières de la publicité, du jeu vidéo et des arts visuels concentrent environ les deux tiers des exportations françaises. La France bénéficie sur ces marchés du rayonnement de leaders mondiaux pour exporter ses biens culturels made in France : Ubisoft sur le champ du jeu vidéo, le groupe Publicis dans le secteur de la publicité et de la communication, ou de grands événements internationaux susceptibles de maximiser la visibilité du marché français sur le champ des arts visuels (FIAC, Paris Photo).

Cependant, la France demeure distancée par ses concurrents anglo-saxons : sur la période 2013-2016 les exportations culturelles britanniques ont crû près de deux fois plus vite qu’en France (+31%). Le Royaume-Uni a notamment fait le choix de cibler certaines Industries Culturelles et Créatives dans le cadre de sa stratégie d’attractivité, en capitalisant sur une tradition festivalière ancienne.

En tant que première destination touristique mondiale, la France peut compter sur l’importance volumétrique des flux touristiques accueillis sur son territoire. Ils constituent un vecteur non négligeable de dynamisation de son tissu économique culturel et créatif.

Les visiteurs ayant profité d’une activité culturelle sur le territoire hexagonal au cours de leur séjour (visite de musée ou de monument, concert, festival) contribuent singulièrement aux performances économiques de certaines Industries Culturelles et Créatives, à l’instar des arts visuels ou du spectacle vivant.

52 millions Touristes ayant vécu une expérience culturelle lors de leur séjour en France en 2018

Des modèles économiques et un poids des concours publics qui varient fortement selon les secteurs

Si les Industries Culturelles et Créatives dans leur ensemble bénéficient de concours publics, nationaux ou territoriaux, leur équation financière demeure fragile.

Certains domaines de l’économie créative se situent hors du champ des activités marchandes (musées nationaux, bibliothèques municipales, éducation culturelle).

D’autres secteurs ont un modèle économique principalement privé et entrepreneurial et affrontent des disruptions profondes liées au numérique ou aux ruptures des modes de consommation.

À titre d’exemple, les entreprises du spectacle vivant musical avaient en 2016 une marge nette négative de 0,2% et ne bénéficiaient de concours publics qu’à hauteur de 10,4% de leur CA.

16,5 Mds€ Concours publics à la culture (subventions et fonctionnement des opérateurs, hors crédits d’impôts)

Entrepreunariat et innovation, moteurs des Industries Culturelles et Créatives

À la croisée des mondes de la création artistique, du divertissement et des médias, les Industries Culturelles et Créatives constituent un terrain privilégié d’expérimentation de nouvelles solutions numériques. Agiles et innovantes, les filières de l’économie de la culture cultivent l’esprit d’expérimentation propice à l’émergence de concepts et de projets entrepreneuriaux originaux. Elles constituent le terrain d’émulation d’un écosystème start-up précurseur dans le déploiement de nouvelles solutions digitales (blockchain, internet des objets, intelligence artificielle, données analytiques).

Avec 57 600 créations d’entreprises en 2018, les secteurs « Arts, spectacles et activités récréatives » et « Information et communication » affichaient ensemble une croissance de leur volume d’entreprises crées de 15% au cours de l’année écoulée.

Loin de l’image traditionnelle d’une activité dont les performances dépendraient davantage de l’action publique que de l’initiative privée, les Industries Culturelles et Créatives rivalisaient ainsi avec la plupart des filières de l’économie productive, dépassant même les secteurs de l’industrie (13,8% de taux de création) ou de la construction (10,4%). La dynamique de création d’entreprises dans les Industries Culturelles et Créatives connaît en outre une accélération marquée depuis 2015 et a presque triplé entre 2016 et 2018.

Ces performances reposent en grande partie sur un tissu dynamique de micro-entreprises. Celles-ci représentent 64,1% des créations d’entreprises dans les Industries Culturelles et Créatives en 2018, contre 44,6% dans l’ensemble des secteurs d’activités : les entrepreneurs créatifs sont particulièrement attirés par ce régime fiscal.

+15% Taux de création d’entreprises (contre 14% pour l’industrie et 10% pour la construction)

208 Start-up culturelles financées ou en cours de financement entre 2011 et 2016.

L’implantation en France des Industrices Culturelles et Créatives

Dans les espaces périphériques ou les grands centres urbains, les activités de l’économie créative sont parties prenantes du rayonnement et de l’économie des territoires.

Les entités du spectacle vivant musical et de variété maillent la totalité du territoire français, entretenant un écosystème d’artistes et de prestataires dans des communes qui ne bénéficient pas toujours d’une offre culturelle dense.

En 2016, 1 450 communes bénéficiaient de l’implantation d’une salle de spectacle ou d’un festival de musiques actuelles. Les musées nationaux n’étaient, en comparaison, répartis que sur 850 communes environ.

Le maillage des établissements publics, lieux de création, de diffusion et de formation est également dense. En 2018 la France comptait 38 centres dramatiques nationaux et régionaux accueillant chaque année 1,5 millions de spectateurs pour plus de 4 000 représentations, 74 scènes nationales, réparties sur l’ensemble du territoire national, en grande majorité dans des villes moyennes de 50 à 200 000 habitants. Mais également 19 Centres chorégraphiques nationaux, 11 pôles cirques et 9 pôles Arts de la rue, 13 opéras en régions, ou encore 24 orchestres permanents.

Poids lourd de l’économique créative avec un chiffre d’affaires direct de plus de 22 milliards d’euros, la filière des arts visuels draine l’ensemble des régions de France et peut compter sur une présence territoriale historique et un agenda événementiel de plus en plus riche.

Les salles de cinéma sont encore très présentes dans les zones périurbaines et hors des grandes métropoles. En 2017, les deux tiers des salles de cinéma françaises étaient implantées dans des petites communes de moins de 20 000 habitants.Les salles couvrent un réseau de communes très large qui place le cinéma parmi les Industries Culturelles et Créatives les mieux représentées dans l’ensemble de l’Hexagone, avec plus de 1 600 municipalités, contre 1 450 pour les lieux de diffusion du spectacle vivant musical et de variété.

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Pour aller plus loin et découvrir l’intégralité de notre étude, téléchargez le 3e Panorama des Industries Culturelles et Créatives.

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Marc Lhermitte

Associé EY, Advisory

EY - Marc Lhermitte

Vincent Raufast

Senior Manager EY, Advisory

EY - Vincent Raufast