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(r)EVOLUTION

Panorama de l’Ecosystème Entrepreneurial Français sur les 25 dernières années

La France relance sa tradition entrepreneuriale !

Découvrez les résultats de notre panorama réalisé avec la Chaire Entrepreneuriat ESCP Europe.

EY - 25e édition du Prix de l’Entrepreneur de l’Année - logo ESCP europe

Il y a 25 ans, personne n’aurait considéré la France comme un pays à la pointe de l’entrepreneuriat. Bien au contraire, le pays était régulièrement à la traîne des classements internationaux sur le sujet. La situation s’est aujourd’hui inversée et certains considèrent même que l’hexagone pourrait devenir le leader européen d’ici 3 à 5 ans ! Un tel revirement ne s’est pas fait en un jour. Il a fallu une transformation longue et par pallier de tout l’écosystème. Un écosystème ne s’impose pas, ne se décrète pas. Il évolue dans le temps. Pour décrire l’incroyable enrichissement de l’écosystème entrepreneurial français, nous présentons pour chaque type d’acteur – entrepreneur, formateur, accompagnateur, investisseur, grand groupe et régulateur – les tendances positives et problématiques ainsi que certaines recommandations.

Entrepreneurs : du profil de l’original au modèle de réussite

Les +

  • Champion occidental du nombre de création d’entreprises par an.
  • 1 517 entreprises créées par jour en France en 2016.
  • Intention d’entreprendre la plus élevée des pays de l’OCDE chez les jeunes.

Les –

  • Taux d’activité entrepreneuriale en 2013 : deux fois moins élevé que celui des américains et comparable à celui de l’Angleterre ou de l’Allemagne.
  • En 2014 et 2015 à peine 50 entreprises de moins de 8 ans ont levé plus de 15 millions de dollars contre près de 1 500 aux Etats-Unis.
  • Trop peu de géants européens (cf. GAFA).

Contrairement à la fin des années 90, la France n’a pas besoin de plus d’entrepreneurs. L’urgence est surtout qu’ils nourrissent de plus grandes ambitions et acquièrent les compétences nécessaires à la création d’entreprises à forte croissance génératrice d’emplois. Les entrepreneurs ne doivent plus être uniquement de bons chefs d’entreprise, ils doivent aussi appréhender les grands enjeux sociétaux, construire des visions d’avenir et proposer de nouveaux modèles pérennes. Pour les y aider, il faut certes penser ces questions au niveau national, mais aussi et surtout au niveau européen.

Formateurs : de quelques passionnés à une communauté académique riche et variée

Les +

  • 34 % des étudiants veulent devenir entrepreneurs en 2016.
  • 120 000 étudiants en France suivent une formation en entrepreneuriat.
  • 100 % des élèves des 10 meilleures écoles de commerce et d’ingénieur suivent au moins un cours en entrepreneuriat.

Les –

  • Forte homogénéité des fondateurs des start-up à forte croissance : la très grande majorité d’entre eux est issue d’un cercle de 10 établissements (HEC, ESCP Europe, ESSEC, EM Lyon, Ecole polytechnique, Ecole Centrale, Ecole des Mines, Télécom, Science Po, Université Dauphine).

On ne naît pas entrepreneur, on le devient. Meilleure preuve de cette affirmation, les recherches scientifiques récentes ont démontré l’effet positif des formations sur l’intention et la motivation pour entreprendre, ainsi que sur la performance future des entrepreneurs. Cependant, les formations à l’entrepreneuriat sont confrontées à un défi bien plus grand que de simplement faciliter la création d’entreprises : l’enjeu de ces programmes est désormais de former aux méthodes entrepreneuriales comme l’effectuation et les méthodes agiles, car elles permettent de répondre à deux défis majeurs : l’incertitude et la limitation croissante des ressources.

Accompagnateurs : de l’émergence à l’accélération

Les +

  • 107 fois plus de tiers lieux depuis 2010.
  • 228 incubateurs (2016).
  • 49 accélérateurs (2016).

Les –

  • En moyenne, seuls 4 emplois par start-up créés par les entreprises accompagnées par un incubateur.

En 25 ans, les concepts, théories et techniques pour augmenter les chances de succès d’une start-up ont proliféré : effectuation, lean start-up, design thinking, méthodes agiles de développement, business model… Au départ l’ambition était de développer des entreprises viables au niveau local, l’enjeu est de plus en plus d’accompagner des projets à l’ambition mondiale dont les enjeux financiers, techniques et juridiques sont toujours plus complexes. Autre difficulté, le mot d’ordre « tous entrepreneurs » commence à poser de réelles difficultés : la précarité sociale ou psychologique des porteurs de projets ne sauraient être ignorées. Il est indispensable de détenir certaines expertises pour faire face à des situations délicates.

Investisseurs : d’une logique bancaire à une approche entrepreneuriale

Les +

  • La France, classée n°1 en valeur et n°2 en volume du capital-risque européen au 1er semestre 2016.
  • Croissance soutenue des investissements en capital risque : +22 % en 2016.
  • 20 % des montants levés cumulés en France, à égalité avec l’Allemagne.
  • 2e pays le plus actif au niveau européen derrière l’Angleterre pour le financement participatif.
  • Doublement des fonds investis par le Corporate Venture Capital français entre 2015 et 2016.

Les –

  • Faible rendement du capital-innovation sur les 30 dernières années (1,4 %).
  • Les tickets moyens des capitaux-risqueurs sont deux fois inférieurs à ceux pratiqués en Angleterre et trois fois inférieurs à ceux de l’Allemagne.

Le faible rendement des sociétés de capital-risque freine le retour des investisseurs privés. L’inadaptation du capital humain est un des principaux facteurs qui contribuent à ce résultat. Une étude récente, portant sur les profils des investisseurs français, montre une plus faible diversité de parcours en matière d’éducation et d’expérience. Enfin, les tickets investis restent encore trop faibles en moyenne. Il est indispensable d’élever les plafonds de financement.

Grand groupes : de l’indifférence à l’évidence

Les +

  • Paris, le pôle le plus important en Europe du corporate venture capital.
  • Les grands groupes français sont ceux qui collaborent le plus avec les start-up (devant les Etats-Unis ou l’Allemagne).
  • 100 % du CAC 40 développe des programmes pour favoriser les relations avec les start-up.

Les –

  • Le montant des investissements de corporate venture était 24 fois inférieur en France qu’aux Etats-Unis en 2015.

Toutes ces initiatives d’innovations ouvertes ne peuvent fonctionner si les grands groupes n’adoptent pas eux-mêmes une culture et des compétences entrepreneuriales. Certaines entreprises l’ont bien compris et ont décidé de recruter de nouveaux responsables, ayant acquis une expérience entrepreneuriale au cours de leur vie professionnelle. Toutes ces évolutions font évoluer le modèle de gestion traditionnel : du management classique caractérisé par une ligne hiérarchique et des processus fiabilisés, au leadership entrepreneurial, horizontal et adaptatif.

Décideurs, régulateurs : quand l’entrepreneuriat devient une priorité nationale

Les +

  • 1 Français sur 3 est, ou a déjà été entrepreneur.
  • 90 % des emplois créés par les start-up sont en CDI.
  • Paris est classée 1re en Europe pour la croissance de ses activités d’innovations.

Les –

  • En 2016, la France a été classée 27e au niveau mondial pour la facilité à créer une entreprise.
  • Aujourd’hui le pays compte deux fois moins d’entreprises moyennes qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni.

Cette tension entre volonté de promouvoir la figure de l’entrepreneur et nécessité de contrôler les bouleversements que cette figure suscite a donné lieu à une dynamique progressive de construction de régulations nouvelles d’accompagnement des disruptions. Une démarche de co-construction de la régulation est indispensable, mais reste encore trop limité. Le défi de croissance ne peut se résoudre au niveau français. Il faut une régulation adaptée de l’Union Européenne pour faciliter le développement de champions européens et ainsi peser au niveau mondial face à des pays comme la Chine et les Etats-Unis.

Contacts

Jean-François Royer
Associé Ernst & Young Advisory
Responsable national du programme EY Prix de l’Entrepreneur de l’Année

Sylvain Bureau
Directeur de la Chaire
Entrepreneuriat ESCP Europe