Analyse financière des résultats des principaux constructeurs automobiles

Paris, le 20 juin 2019

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EY publie une analyse des résultats financiers des 16 principaux constructeurs automobiles dans le monde pour le premier trimestre 2019.

Un premier trimestre avec un chiffre d’affaires historiquement en baisse

  • Le chiffre d’affaires des 16 constructeurs étudiés a baissé de -0,6% en cumul par rapport au même trimestre de 2018 pour s’élever à 412 milliards d’euros. Il s’agit de la 1ère baisse depuis 10 ans.
  • Les constructeurs français ont quant à eux enregistré une baisse de 3% alors que les constructeurs allemands affichent une hausse modeste de 1% et sont les seuls à croître parmi ceux étudiés.
  • Le chiffre d’affaires du premier trimestre a augmenté de 58% depuis 2010. L’industrie allemande est celle qui connaît la croissance la plus forte sur cette période depuis 10 ans avec un taux de 96% pour atteindre une valeur de 122 milliards d’euros.
  • Les constructeurs japonais se situent à la seconde place et représentent 140 milliards d’euros sur ce même premier trimestre avec une progression de 52% depuis 10 ans. Le chiffre d’affaires des constructeurs français n’a augmenté que de 27%, avec 31 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé sur ce premier trimestre de l’année.
  • Comme sur l’ensemble de l’année 2018, en chiffre d’affaires, PSA est 11ème et Renault 12ème. Ils détiennent la plus forte croissance en nombre de véhicules sur les marchés chinois, européen et mondial.

Une rentabilité globalement en baisse

  • Sur les quatre indicateurs suivis (chiffre d’affaires, résultat avant impôts, nombre de véhicules et taux de résultat avant impôts), Toyota est le seul à figurer dans le trio de tête pour chacun d’eux au cours de ce premier trimestre 2019 (comme en 2018) ; Volkswagen figure dans 3 trios de tête (sauf la rentabilité) tout comme Daimler qui ne figure pas sur le podium des volumes de ventes. Comme sur l’ensemble de l’année 2018, General Motors ne figure dans le trio de tête que pour le nombre de véhicules. Suzuki, qui possédait le meilleur taux de rentabilité sur l’ensemble de l’année 2018 redescend à la troisième place, le leader étant Daimler sur le premier trimestre de l’année avec 7,1%, suivi de Toyota.
  • Autre enseignement majeur pour ce premier trimestre 2019 : la forte baisse de 28% des résultats cumulés des 16 constructeurs, pour une valeur de 18 milliards d’euros. Il est à noter que les constructeurs français ne figurent pas dans cette statistique, ne publiant pas de résultats trimestriels complets. En valeur absolue, les montants de résultats cumulés les plus importants continuent à se trouver en Allemagne et au Japon (7 et 6 milliards d’euros respectivement). Toutes les nationalités de constructeurs ont vu leurs résultats baisser, les constructeurs américains ayant limité celle-ci à -16%. Individuellement, Toyota continue à dominer le panel avec un peu plus de 4 milliards d’euros de résultat avant impôts, suivi de Volkswagen pointant à un peu moins de 4 milliards d’euros.
  • Sur 10 ans, les résultats cumulés des 16 constructeurs étudiés sont revenus au niveau de 2012 avec une valeur de 18 milliards d’euros ; le pic avait été atteint en 2017 avec une augmentation de 232% par rapport à 2010, à 25 milliards d’euros.
  • Le taux de rentabilité moyen sur ce premier trimestre 2019 des 16 constructeurs étudiés est de 4,6%. Il a baissé significativement puisque sur le premier trimestre de 2018 il s’élevait à 6,5%, soit 1,9 point de mieux. Toutes les nationalités voient leur taux de rentabilité baisser, les américains étant ceux qui baissent le moins (-0,6 points).

Une baisse historique à relativiser

  • Dans cette période de transition sur les motorisations et de développement des aides à la conduite, l’effort cumulé de R&D des 16 constructeurs atteint 16,5 milliards d’euros, en progression de 2% par rapport au même trimestre de 2018 et de 23% par rapport à 2013.
  • Contrairement à 2018 où PSA était le seul constructeur de l’échantillon dont la capitalisation boursière avait augmenté, le monde est partagé en deux : 9 constructeurs ont vu leur capitalisation boursière augmenter, Ford affichant de loin la plus forte augmentation avec 35%. La plus forte capitalisation boursière des constructeurs reste de loin celle de Toyota avec 168 milliards d’euros, la seconde étant celle de Volkswagen avec 82 milliards d’euros.

« L’élément le plus frappant de ce trimestre est la forte baisse des résultats des constructeurs étudiés au cours de cette période par rapport au premier trimestre 2018. Ceci traduit d’une part l’arrêt de la croissance du chiffre d’affaires du secteur sur la période et la poursuite des investissements en recherche et développement pour accompagner le développement des technologies requises par les autorités et les consommateurs. » analyse Jean-François Belorgey, associé EY.

EY - Jean-François Belorgey

Jean-François Belorgey, associé EY en charge du secteur de l’automobile, se tient à votre disposition pour commenter l’analyse de ces résultats.