Piratage de contenus audiovisuels en France

Un manque à gagner a minima de 1,18 milliard d’euros

Paris, le 28 juin 2018

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EY publie pour la deuxième année son étude sur le « Piratage en France », qui a pour objectif d’évaluer le manque à gagner lié à la consommation illégale de contenus audiovisuels en France. Cette étude chiffre les impacts du piratage sur le budget de l’Etat, les emplois directs, le financement de la création et enfin la valeur ajoutée générée pour l’industrie cinématographique et audiovisuelle.

L’analyse de la consommation illégale de contenus audiovisuels s’appuie notamment sur les données Mediametrie / ALPA et le rapport de l’ALPA sur l’évolution des pratiques de piratage. Une enquête terrain a en outre été menée auprès de 3 000 individus ayant consommé des contenus vidéo de façon illégale sur les 12 derniers mois, afin d’évaluer le potentiel de report vers le marché légal et d’estimer le manque à gagner pour la filière audiovisuelle et cinématographique.

Les grands enseignements de l’étude :

Un nombre de pirate en baisse

  • Entre 2016 et 2017, le nombre de pirates est passé de 11,6 millions de personnes consommant illégalement du contenu par mois à 10,6 millions, soit un million de moins en un an (-8%).  Les pirates consomment également moins : en moyenne chaque pirate a consommé 4% de contenu illégaux de moins qu’en 2016.
  • La consommation illégale de contenus audiovisuels génère un manque à gagner pour la filière cinématographique et audiovisuelle française de 1,18 Milliards d’euros, en baisse de 10% par rapport à 2016. L’Etat est l’un des plus gros perdant avec 408 millions d’euros de manque à gagner en 2017 (contre 430 millions en 2016).

Le streaming reste le protocole le plus utilisé.

  • En moyenne, 6,6 millions de pirates téléchargent un contenu en streaming par mois (soit plus de 60% du total de pirates), bénéficiant d’une immunité relative.
  • Les films restent le premier type de contenu piraté. 94% des pirates téléchargent des films illégalement, dont 54% de films américains.

La SVOD, principal moteur pour un retour à la légalité

  • Le nombre de pirates n’étant abonné à aucun service SVOD a chuté de presque 30% pour passer sous la barre des 50%. Le nombre de pirates irréductibles, n’ayant consommé aucun contenu légal dans les 12 derniers mois est quant à lui resté stable avec une légère hausse de 0,2%.
  • 22% des pirates sont prêts à se reporter vers une consommation légale en SVOD si le contenu pirate était indisponible, contre 10% en 2016.

Une prise de conscience des risques

  • Les comportement évoluent : 83% des consommateurs illicites révèlent avoir changé leur pratique en raison des risques encourus. Parmi ces 83%, 70% déclarent avoir diminué ou arrêté de fréquenter des sites illégaux à cause des cyber risques. 56% des illicites envisagent de revoir leur consommation à la baisse. Un quart déclare avoir l’intention d’y mettre fin, seuls 4% envisagent  d’augmenter le rythme.

Le prix et l’accessibilité, principale motivation des pirates

  • Même s’ils sont pour la plupart prêts à payer un tarif proche de celui du marché légal, plus de 40% des pirates continuent de trouver l’offre légale trop chère.
  • Dans le cas du sport, le nombre de pirates estimant que l’accès aux contenus sportifs sur une plateforme légale est trop cher a augmenté (46% en 2016 vs 53% en 2017).
  • La propension à payer des consommateurs pirates pour un abonnement à une chaine de sport est passée de 6,09€ en 2016 à 6,69€ en 2017.

La sanction individuelle nécessaire pour faire évoluer les moteurs de recherche et les fournisseurs d’accès

Cette sanction, au-delà de la dissuasion individuelle, serait un moteur puissant pour convaincre les moteurs de recherche et fournisseurs d’accès de participer à la protection des droits des créateurs.

« Si la consommation illégale de contenus audiovisuels commence à baisser, le manque à gagner reste important, notamment pour l’Etat. La SVOD semble être le modèle qui permet le retour à la légalité, d’autant plus que les consciences commencent à s’éveiller, à la fois grâce à la présence de risques légaux mais également de cyber sécurité. Le sport reste le gros point noir, la diversification des offres dans ces contenus ainsi que l’utilisation d’exclusivités ne permettent pas aux consommateurs d’avoir accès à suffisamment de contenus à un prix jugé raisonnable. Une nouvelle offre est à construire. »

EY - Bruno Perrin


Bruno Perrin, associé EY et auteur de l’étude, se tient à votre disposition pour vous apporter un éclairage sur les résultats.