Intelligence Artificielle : où en sont les CHU ?

Paris, le 22 novembre 2019

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EY et le CHRU de Nancy publient les résultats de la première édition d’un baromètre dédié à la place de l’Intelligence Artificielle (IA) au sein des hôpitaux publics. L’enquête a été réalisée entre juin et septembre 2019, auprès des directeurs généraux et des présidents des commissions médicales d’établissement des CHU de France. Etat d’avancement, enjeux et perspectives, ressources, … l’étude dresse un état des lieux de la situation des CHU face à l’arrivée de l’IA.

L’IA est très majoritairement considérée comme un enjeu par les directeurs et PCME de CHU…

  • 81% des répondants considèrent que l’IA est un sujet très important pour les hôpitaux et 76% l’inscrivent comme une priorité stratégique dans leur établissement
  • 85,7% des répondants estiment que le principal défi est l’identification et la priorisation des domaines où l’IA apporte le plus de bénéfices
  • 66,7% appartiennent à un établissement qui a déjà mis en œuvre des dispositifs d'IA

… et suscite de fortes attentes des professionnels mais également des craintes et des interrogations

  • L’augmentation de la rapidité et de la fiabilité de la prise de décision, ainsi que la libération de temps pour réaliser des tâches à valeur ajoutée, sont les principaux bénéfices attendus de l’IA pour 81% des répondants
  • Bien que 95% d’entre eux estiment que l’IA aura des effets positifs sur les conditions d’exercice professionnel au sein des hôpitaux, 62% considèrent que son principal risque pourrait être la déshumanisation du travail et la perte des liens sociaux
  • Anticiper la mutation des métiers et la montée en compétences requises, et repenser l’organisation du travail et la répartition des tâches, constituent un défi souligné par 62% des répondants

« L’intelligence artificielle se révèle prometteuse dans le secteur hospitalier, avec un large champ d’application : la recherche clinique, l’aide au diagnostic, l’amélioration de l’offre de soins, la prise en charge du patient, la simplification du parcours patient, la prédiction des flux, l’optimisation des coûts, etc. De fait, 86% des répondants estiment que le principal défi de l’IA est l’identification et la priorisation des domaines d’application où cette technologie apporte le plus de bénéfices » ajoute Loïc Chabanier, associé EY en charge de la santé.

Quels impacts sur l’organisation ?

  • La diminution des tâches à faible valeur ajoutée dans les fonctions support (76%) et la facilitation de la gestion des flux (52%) sont les principaux impacts organisationnels attendus par les directions interrogées
  • Repenser l'organisation du travail et la répartition des tâches entre l’homme et l’IA apparaît également comme une conséquence inéluctable de l’utilisation des technologies d’IA (76%)
  • En ce qui concerne le pilotage du déploiement de l’IA, et plus largement de l’innovation dans un hôpital, les avis sont partagés entre le confier à la direction de la stratégie (36%), à la direction de la recherche (29%) ou à une nouvelle direction dédiée IA (19%)

« L’intelligence artificielle et son impact sur les hôpitaux, que ce soient les pratiques médicales et soignantes, les organisations et au final son impact sur la qualité des soins, est un sujet majeur. Le CHRU de Nancy s’en est pleinement saisi d’une part par le déploiement d’une stratégie globale autour de l’IA et de la santé numérique et d’autre part par une ouverture vers les acteurs des filières institutionnelles, académiques, ou industrielles. Cela se traduit aussi par des démarches telles que ce baromètre de maturité de l’IA dans les CHU réalisé dans le cadre d’un partenariat entre le CHRU de Nancy et EY Consulting » précise Mehdi Siaghy, directeur de la recherche au CHRU de Nancy.

Les hôpitaux sont confrontés à un manque d’expertises en IA

  • Les principaux freins au développement de l’IA sont l’absence, ou l’insuffisance, de compétences et d'expertises spécifiques (pour 67% des répondants), la complexité du développement d’un projet IA (pour 57%) et l’organisation en silos qui rend difficile le travail en mode transverse (57%)
  • Seule une minorité des répondants considèrent que leur établissement dispose des compétences nécessaires pour développer l’IA (38% en mathématiques et statistiques, et 43% en Data Algorithms). A noter que 19% estiment que leur établissement ne dispose d’aucune compétence dédiée à l’IA.