(Big) data - Où en sont les entreprises françaises ?

Exploitation (Big) data : 10 freins identifiés

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La collecte de données clients : les canaux digitaux sous-exploités



N°1

La collecte de la data encore largement limitée aux canaux traditionnels

EY Les canaux de collecte utilisés selon la maturité des entreprises

Les données collectées par les entreprises pour renforcer leur connaissance client et déployer des stratégies marketing en conséquence proviennent très majoritairement des systèmes traditionnels de facturation, pour 84 % des entreprises de notre panel, et d’outils CRM, pour 66 %.

À ce jour, ce sont très majoritairement les entreprises de la grande distribution et du secteur des TMT qui ont recours aux canaux digitaux et mobiles.



N°2

Les données non structurées, le maillon faible de l'analyse



45 % des entreprises interrogées collectent des données textes non structurées : verbatims* sur des espaces clients Internet ou remontés de points de vente, conversations numériques, avis soumis ou partagés en ligne, données sonores, images et vidéos.

Ce sont majoritairement les secteurs de la grande distribution et des TMT qui collectent ce type de données.

45 % des entreprises interrogées reconnaissent que les données collectées ne sont pas assez exploitées.


Les données non structurées sont très peu exploitées


45 % des entreprises interrogées collectent des données non structurées


27 % des entreprises interrogées sont outillées pour fiabiliser ces données


Moins de 10 %
des entreprises disposent de logiciels de statistique prédictive


Moins de 10 data experts/entreprise
pour traiter les données non structurées**


Le traitement et l'analyse des données clients : des capacités inadaptées


EY Nombre de personnes dédiées à l'exploitation de la data


N°3

Un manque de compétences Analytiques

Plus généralement, pour 70 % des entreprises interrogées, l’ensemble des ressources dédiées au traitement des données clients représente moins de 10 personnes. Seules 6 % des entreprises du panel disposent d'effectifs dédiés à la data de plus de 50 personnes.



N°4

Une carence des outils de traitement des données

La majorité des grandes entreprises a conscience de la progression de ces données non structurées et de l’indispensable effort de fiabilisation. 59 % des entreprises que nous avons interrogées affirment anticiper une hausse du volume de données à fiabiliser dans les 18 mois. En même temps, seules 27 % d’entre elles affirment avoir mis en place des process internes pour fiabiliser ou exploiter les données non structurées.



N°5

L’analyse de la data encore (trop) peu orientée vers le prédictif et le temps réel

Seules 10 % des entreprises interrogées exploitent leurs données clients à des fins prédictives et 5 % d’entre elles le font pour optimiser les process techniques permettant d’accroître rapidité d’exécution et augmentation des capacités de stockage (éléments clés pour exploiter des volumes croissants et toujours plus rapides de données et de flux d’informations).


La data non perçue comme un support aux décisions stratégiques



N°6

Le manque de transversalité dans la gestion des projets (Big) data

Signe que c'est un frein quel que soit le niveau de maturité data des entreprises, 39 % de notre panel reconnaissent que les silos internes demeurent un frein à l'exploitation optimale des données clients. Chaque métier ayant pour habitude d’utiliser et de transformer les données issues de ses bases de données pour répondre à ses propres enjeux métiers ou objectifs, le capital data ne peut pas circuler dans l’entreprise, ce qui explique une absence de vision unifiée.



N°7

L’absence de mesure du ROI* des projets (Big) data

EY L’absence de mesure du ROI* des projets (Big) data

À ce jour, seules 29 % des entreprises interrogées considèrent que le Big data marque un tournant majeur et représente un levier de croissance. Quant à la mise en place d’un « plan d’action Big data avec des initiatives concrètes », elles ne sont que 18 % à l'avoir fait.

Pour ce qui est du retour sur investissement en particulier, à ce jour, 58 % des entreprises interrogées n’ont pas cherché à quantifier la contribution des solutions à la performance de leur entreprise. Là encore, l’écart est énorme entre les plus matures (77 %) et les « non matures » (3 %).



N°8

Un manque de sponsorship de la direction générale



L'absence de mesure ROI, alliée à une conjoncture économique défavorable expliquent la prudence de la plupart des DG sur le sujet. La majorité des entreprises non matures considère la perception du top management comme un frein à une exploitation optimale des données au sein de leur entreprise, soit 57 % d’entre elles, contre seulement 11 % pour les plus matures. C’est en effet le management qui, par ses arbitrages en matière de définition des axes stratégiques et d’investissement, va ou non permettre les transformations internes requises pour doter l’entreprise des moyens analytiques adéquats.


Vie privée et sécurité : des enjeux encore sous-estimés



N°9

Un risque majeur pour la fiabilité de la data :  la réticence à partager des données personnelles

L’enjeu de la sécurité des données, auquel s’ajoute celui de la protection de la vie privée, est la clé de l’avenir même du Big data. En effet, la protection des données personnelles apparaît au centre des préoccupations des consommateurs, qui questionnent de plus en plus les entreprises et responsables du traitement sur les garanties et la sécurité qu’ils mettent en place pour protéger les données personnelles qu'ils leur confient. D’après une récente étude EY 70 % des consommateurs sont réticents à partager leurs données personnelles avec les entreprises et 49 % affirment qu’ils seront moins enclins à le faire dans les cinq années à venir.



N°10

Faible sensibilisation aux enjeux de sécurité et de protection de la data

Parmi les entreprises que nous avons interrogées, 30 % estiment ne pas être concernées par les enjeux de protection de la vie privée lors de l’exploitation de leurs données clients. Les entreprises identifiées comme les plus matures dans l’Indice EY de Maturité Data sont 92,3 % à considérer que la question de la protection de la vie privée est un enjeu prioritaire. Tandis que pour celles qui ont été identifiées comme moins matures, 58,6 % qui ne paraissent pas encore s’en préoccuper.

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* Il existe des outils de business intelligence permettant de remonter les verbatims en temps réel sur une liste de sujets définis, Dossier Big & smart data, Stratégies n° 1770, 22/05/2014
** Pour 70 % des entreprises de notre panel