4 minutes de lecture 13 mars 2020
Coronavirus : quelles sont vos options en cas de disruption dans votre chaîne d’approvisionnement ?

Coronavirus : quelles sont vos options en cas de disruption dans votre chaîne d’approvisionnement ?

Par

Filip Herremans

EY Belgique Advisory Partner

Conseiller de confiance en matière de chaîne d'approvisionnement. Pragmatique et pratique. Team player. Fan de cyclisme. Un mari et un père attentionné.

4 minutes de lecture 13 mars 2020

Une crise soudaine sème le chaos dans votre chaîne d’approvisionnement. En suivant quelques règles de base, il est possible d’en atténuer les effets, voire d’anticiper l’apparition d’une crise ultérieure.

La vulnérabilité des entreprises face aux crises affectant la chaîne d’approvisionnement est plus grande que jamais. D’où l’importance croissante des diverses mesures curatives, mais surtout préventives, envisageables dans ce contexte. Le point capital est de prévoir quelques scénarios d’urgence. Mais il est également possible d’agir à court terme si vous êtes pris au dépourvu.

La chaîne d’approvisionnement est plus vulnérable qu’avant

Différents facteurs ont rendu les entreprises plus vulnérables qu’avant aux crises de toutes sortes entraînant des répercussions pour le bon fonctionnement de leur chaîne d’approvisionnement. La mondialisation est l’un d’entre eux : la présence accrue en Asie ou en Amérique latine, par exemple, se traduit par une chaîne plus longue, plus tentaculaire et donc plus sensible aux risques. Mais la concurrence a également joué un rôle sur ce plan. Elle fait pression sur les prix, ce qui réduit la marge de manœuvre. En cas de disruption, le choc est donc plus brutal et entraîne souvent des dommages plus conséquents.

Quelques exemples

Les stocks constituent un exemple typique de la situation esquissée plus haut. Sur le plan comptable, un stock représente un actif dans le bilan ; c’est de l’argent « bloqué » qui ne peut pas être utilisé à d’autres fins. La pression sur les prix a contraint de nombreuses entreprises à réduire ces stocks, accroissant leur exposition des crises éventuelles. Une autre illustration réside dans la collaboration avec différents fournisseurs pour l’acheminement de matériaux critiques. La limitation à un seul fournisseur est certes plus économique, mais augmente le risque si le réapprovisionnement devait s’avérer problématique pour cet unique intervenant.

Désignation d’une équipe de gestion de crise

Et faut-il encore préciser que les crises peuvent revêtir diverses formes ? Catastrophes naturelles, instabilité politique, troubles sociaux ou, pour coller à l’actualité : Coronavirus. Mieux vaut prévenir que guérir, mais cela n’empêche pas de prendre des mesures à court terme en cas de coup dur. La mise en place d’une équipe de gestion de crise à part entière apporte généralement une importante valeur ajoutée. Cette équipe doit toutefois être constituée de collaborateurs disposant d’une latitude suffisante pour s’acquitter pleinement de leur tâche, et ayant donc priorité sur tout le reste.

Cela peut sembler quelque peu paradoxal, mais les crises, et surtout leur gestion, sont souvent source d’opportunités considérables.
Filip Herremans
EY Belgique Advisory Partner

Définir les priorités : un enjeu crucial

Il est essentiel de stabiliser la situation, notamment en communiquant avec de nombreuses personnes — à commencer par les collaborateurs, qui se font du souci. Il convient, par ailleurs, d’identifier les éléments critiques dans la chaîne d’approvisionnement, et ce, sur toute sa longueur. Qu’en est-il des fournisseurs ? Y a-t-il des plateformes problématiques ? Y a-t-il des matériaux critiques ? Mais les clients, situés à l’extrémité de la chaîne, sont tout aussi importants. Qui sont les clients principaux assurant la majeure partie du chiffre d’affaires et de la marge ? Il convient de vérifier à chaque fois les alternatives disponibles. Peut-on utiliser une autre plateforme ? Et ne serait-il pas opportun de donner priorité à tel client par rapport à tel autre ? La définition de priorités est le mot d’ordre en pareilles circonstances.

Tirer des leçons de la crise

Cela peut sembler quelque peu paradoxal, mais les crises, et surtout leur gestion, sont souvent source d’opportunités considérables. On en apprend beaucoup sur sa propre approche. Les vulnérabilités apparaissent clairement, mais en recourant à ces alternatives et en fixant des priorités, on peut en ressortir plus fort. De nombreuses entreprises sont déjà parvenues, après la gestion d’une crise, à dépasser leurs résultats d’avant. Ces leçons offrent, à leur tour, des possibilités pour préparer les prochaines crises — comme en témoignent les récentes difficultés liées au Coronavirus. Elles démontrent tout ce qui peut arriver quand un virus de ce genre pointe le bout de son nez. Mais en même temps, elles nous apprennent ce qu’il faudra faire la prochaine fois.

Résilience de la chaîne d’approvisionnement

En cas de crise, la solution par excellence réside dans la « résilience de la chaîne d’approvisionnement », c’est-à-dire la présence ou non du ressort nécessaire dans cette chaîne pour surmonter ce type de difficulté. Un cheminement qui se décline en plusieurs phases et s’inspire souvent des réactions à des crises antérieures. « Les mesures prises la dernière fois se sont-elles avérées suffisantes ? » « Que peut-on faire différemment et mieux ? » Mais aussi, naturellement, « Quelles crises peuvent survenir et m’affecter ? » — un point souvent régional ou sectoriel, évidemment. Après avoir élaboré de tels scénarios, il convient de suivre attentivement la crise une fois qu’elle s’est manifestée. Ce n’est pas un instantané, mais un exercice permanent. La combinaison de ces deux premières phases aboutit alors à la définition et à la mise en œuvre des mesures les plus adéquates.

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Résumé

Les crises exerçant un impact sur la chaîne d’approvisionnement peuvent revêtir diverses formes (catastrophes naturelles, instabilité politique...) ou s’inscrire dans le contexte de la santé, comme récemment illustré par le Coronavirus. La mondialisation galopante et l’accroissement de la concurrence réduisent comme peau de chagrin la marge des entreprises pour faire face à ce genre d’incidents. Dans l’éventualité d’une telle disruption, il est possible de prendre des mesures à court terme afin d’en atténuer les conséquences. Le plus important est toutefois d’anticiper en élaborant des scénarios alternatifs.

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Filip Herremans

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Conseiller de confiance en matière de chaîne d'approvisionnement. Pragmatique et pratique. Team player. Fan de cyclisme. Un mari et un père attentionné.