5 minutes de lecture 16 avr. 2020
Reste-t-il encore des opportunités de M&A au temps du coronavirus ?

Reste-t-il encore des opportunités de M&A au temps du coronavirus ?

Auteurs

Marc Cosaert

EY Belgique M&A Partner

Passionné par l'entrepreneuriat, la croissance et les fusions et acquisitions. Un mari et un père dévoué qui aime le vélo tout terrain.

Els Degroote

EY Belgique M&A Partner

Une conseillère en fusions et acquisitions passionnée, expérimentée et motivée par les affaires, avec de solides compétences en matière de développement des entreprises. "Work hard, play hard".

Mark Sheikh

EY Belgique M&A Associate Partner

Professionnel expérimenté des fusions et acquisitions, tant du côté de l'achat que de la vente, dans le BeNe. Bien implanté dans le secteur du capital-investissement.

5 minutes de lecture 16 avr. 2020

La crise du coronavirus entraîne de graves conséquences pour les entreprises. La sécurité et la protection des personnes passent avant tout... Et s’il était également possible de puiser dans cette période si particulière de l’inspiration pour l’avenir ?

Les entreprises n’ont que trop conscience des profondes conséquences de la crise du coronavirus : c’est là une importante conclusion du GCCB (Global Capital Confidence Barometer, ou Baromètre mondial de la Confiance des Entreprises). Mais c’est également le moment de se poser les bonnes questions quant à sa propre organisation. Mieux encore : se débarrasser de cette crise prendra certes du temps, mais peut-être ce chemin sera-t-il également semé d’opportunités.

Le Baromètre mondial de la Confiance des Entreprises (pdf en anglais) est un exercice récurrent d’EY. Chaque trimestre, les entreprises sont interrogées quant à leur sentiment vis-à-vis de l’économie en général et du marché des M&A en particulier. La dernière édition porte donc sur le premier trimestre de cette année, lors duquel est subitement apparue la crise du coronavirus. Des questions actualisées ont de nouveau été distribuées, et le résultat tient compte des premières impressions quant à l’impact de la crise.

Les conclusions globales

Une première conclusion de l’enquête, ce n’est pas une surprise, est que la grande majorité des entreprises interrogées s’attendent à ce que la crise du coronavirus ait un grave impact tant sur l’économie que sur elles-mêmes. En outre, environ la moitié d’entre elles s’attendent à une lente reprise qui prendra non seulement toute l’année 2020, mais se prolongera jusqu’à fin 2021. Ces répondants sont généralement de grandes entreprises, souvent des multinationales. Chaque année, EY mène également une enquête auprès d’environ 80 entreprises belges de taille moyenne. Les résultats fournis par cette enquête sont similaires à ce que le GCCB nous apprend. Pour la période du 20 au 27 mars, 80 % des entreprises se disent lourdement affectées par la crise. 70 % s’attendent à une baisse de leur chiffre d’affaires, et 20 % prévoient même une régression supérieure à un quart. La dernière évaluation du 7 avril indique un état d’esprit un peu plus optimiste de ces entreprises, qui entrevoient désormais la perspective d’une possible maîtrise de la pandémie au niveau national.

Un nouveau paradigme

Il n’est pas exagéré de décrire cette situation comme un changement de paradigme. Les entreprises sont confrontées à un défi, mais ont peut-être plus de possibilités qu’elles ne le pensent. La reprise dépendra de deux facteurs éminemment pertinents : combien de temps la problématique sanitaire mettra à être maîtrisée et quelles seront l’ampleur et l’efficacité de l’intervention publique. Les différences d’un pays à l’autre sont bien réelles, particulièrement pour ce qui concerne ce dernier point, ce qui complique toute tentative d’estimation.

Les entreprises sont confrontées à un défi, mais ont peut-être plus de possibilités qu’elles ne le pensent.

La liste des priorités des entreprises

Aujourd’hui, les entreprises travaillent selon un certain nombre de priorités, ou du moins, devraient le faire. Compte tenu de l’absolue priorité des aspects humanitaires, disposer de liquidités en suffisance est perçu comme extrêmement important. Celles-ci sont indispensables pour respecter toutes les obligations imposées et constituent potentiellement une réserve permettant d’éviter une faillite. Mais on réfléchit également plus loin et on ose remettre les choses en question. Pouvons-nous continuer à fournir ? Comment se portent véritablement les fondements de notre entreprise ? Peut-être faut-il faire des choix stratégiques et éliminer certaines activités en vue de récupérer ces liquidités si nécessaires. Dans un souci d’exhaustivité, il convient également d’ajouter que les différences sont parfois relativement importantes, surtout d’un secteur à l’autre. 

Compte tenu de l’absolue priorité des aspects humanitaires et sanitaires, disposer de liquidités en suffisance est perçu comme extrêmement important pour les entreprises.

Quel impact sur les décisions ?

À la question de savoir si la crise du coronavirus influence les décisions relatives à l’organisation de la chaîne d’approvisionnement, 52 % des interrogés répondent par l’affirmative. En matière d’automatisation (36 %) et de transformation numérique (31 %) également, il semble qu’elle ait clairement un impact. Une vaste majorité de 65 % indique également que la stratégie propre est aujourd’hui analysée d’une tout autre manière qu’il y a trois ans, et 72 % ont conscience qu’une telle analyse devrait être réalisée plus souvent. L’utilisation de données semble également être de plus en plus souvent considérée comme une nécessité. Cette prise de conscience progressive et des actes en adéquation prennent une signification à part entière en ces temps troublés.

Les M&A ne s’arrêtent pas

Ce serait une erreur de croire que la crise du coronavirus a subitement interrompu les activités de M&A. La réalité est tout autre. Le GCCB révèle que près d’un quart des interrogés commencent justement à voir des opportunités dans la situation actuelle. Mais on ne peut pour autant ignorer le fort impact de la crise. On attend que cette crise sanitaire soit sous contrôle, que la volatilité des prix soit de nouveau maîtrisée — les résultats des marchés financiers au cours des dernières semaines sont éloquents — et de bien comprendre quel est l’impact de la crise. Il est également important de savoir quelle position les banques vont adopter en matière de financement d’acquisitions : c’est là un autre point qui devra être clarifié avant de reprendre le chemin de la normalisation. Mais le fait qu’il soit extrêmement difficile de faire des prévisions à moyen et long terme en matière de M&A ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait rien de positif à attendre.

Les conséquences sur les M&A sont considérables, mais il n’est pas question d’un arrêt total, tout au plus d’un ralentissement.

Le potentiel du private equity

Sur le terrain, on constate que les processus d’adjudication sont généralement reportés. Les acheteurs profitent de la crise pour renégocier leur position. Dans certains cas, on inclut des clauses permettant une sortie en cas de nouvelle crise. Le retour à la normale du marché des M&A n’est pas encore pour demain ; néanmoins, cette situation de crise présente également des opportunités. Les prix en baisse et les entreprises en difficulté financière entraîneront assurément la conclusion d’accords. Cela concerne également le private equity. Ces dernières années, les fonds ont récolté beaucoup d’argent, et ce capital doit être employé dans le portefeuille existant ou dans de nouveaux investissements. Plusieurs entreprises se réorganiseront pour se concentrer sur leur activité principale et seront par conséquent contraintes de céder certains actifs, ce qui pourra là encore déboucher sur d’intéressantes acquisitions.

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Résumé

Les incertitudes découlant de la crise actuelle du coronavirus appellent des mesures radicales. Indépendamment de l’aspect médico-humain, la priorité numéro un consiste à disposer de liquidités en suffisance. Mais une réflexion à plus long terme s’impose également. S’il est clair que les conséquences seront considérables, il faut cependant reconnaître qu’il n’est pas question d’un arrêt total, tout au plus d’un certain ralentissement. Dans le même temps, il convient de noter que, du point de vue du private equity, des opportunités vont assurément se présenter sur le marché.

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Marc Cosaert

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Passionné par l'entrepreneuriat, la croissance et les fusions et acquisitions. Un mari et un père dévoué qui aime le vélo tout terrain.

Els Degroote

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Une conseillère en fusions et acquisitions passionnée, expérimentée et motivée par les affaires, avec de solides compétences en matière de développement des entreprises. "Work hard, play hard".

Mark Sheikh

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Professionnel expérimenté des fusions et acquisitions, tant du côté de l'achat que de la vente, dans le BeNe. Bien implanté dans le secteur du capital-investissement.