4 minutes de lecture 12 déc. 2019
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6 enseignements du Baromètre de l'Attractivité Belge

Par

Marie-Laure Moreau

EY Belgique Assurance Partner et Regional Managing Partner Wallonie

Passionnée par l'entrepreneuriat et la croissance. Femme et mère dévouée. Aime le ski, le golf et est supporter du Standard de Liège.

4 minutes de lecture 12 déc. 2019

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La Belgique a attiré 278 nouveaux projets d’investissement en 2018. La Wallonie crée le plus d’emplois par projet, mais Bruxelles mène le bal.

Le nombre d’investissements directs étrangers en Belgique a connu une forte croissance en 2018. L’augmentation de 29 % par rapport à 2017 s’est traduite par 278 projets d’investissements et la création de 7 363 emplois. C’est ce que révèle le Baromètre de l’Attractivité belge, une étude annuelle d’EY, qui mesure l’attractivité de la Belgique comme lieu d’investissement.

Lire le Baromètre de l’Attractivité belge

La forte hausse des investissements directs étrangers (IDE) va à l’encontre de la tendance européenne générale. L’Europe étant en proie à l’incertitude économique et politique, les entreprises ont revu leurs investissements étrangers dans la plupart des pays européens. En tant que centre géographique et politique de l’Europe, la Belgique profite en revanche des inquiétudes que suscite le Brexit et de la réorganisation des chaînes d’approvisionnement au Royaume-Uni.

En matière d’investissements, cinq secteurs affichent une forte croissance :

  • Le secteur des services (47 %)
  • Le transport et la logistique (35 %)
  • L’agroalimentaire (26 %)
  • Le secteur numérique (23 %)
  • Les producteurs de moyens de transport (21 %) 

Avec 152 projets, ces secteurs s’adjugent plus de la moitié des investissements étrangers.

Les États-Unis, premier investisseur étranger en Belgique

Tout comme l’année dernière, les États-Unis sont le pays qui a le plus investi en Belgique en 2018, avec 51 projets d’investissements. Une progression de 28 % par rapport aux 40 projets d’il y a un an. À la deuxième place, on trouve la France avec 44 projets, suivie par les Pays-Bas avec 32 investissements.

La Wallonie fait mieux qu’en 2017, Bruxelles en forte progression

Avec 48 projets et 1 890 emplois nouveaux, la Wallonie fait mieux que les autres années. Elle a surtout connu une croissance spectaculaire en ce qui concerne le nombre d’emplois par projet. Sur ce plan, elle dépasse Bruxelles et la Flandre. Bruxelles a enregistré une avancée spectaculaire, avec 61 investissements, générateurs de 107 emplois. Quant à la Flandre, avec 169 projets et 5 366 emplois, elle a largement contribué à la forte hausse des investissements en Belgique.

Plus de quartiers généraux en Belgique à cause du Brexit

Le nombre de quartiers généraux qui se sont établis en Belgique a substantiellement augmenté en 2018. Ils n’étaient que quatre en 2017. L’année dernière, 19 entreprises ont choisi notre pays comme base opérationnelle, le chiffre le plus élevé depuis 2007.

EY a analysé le nombre effectif d’investissements étrangers et a constaté que le nombre croissant de quartiers généraux en Belgique s’explique par le Brexit, même s’il est impossible d’en tirer des conclusions avec certitude. Le Royaume-Uni n’a d’ailleurs pas échappé aux conséquences négatives du Brexit, puisque le nombre de nouveaux quartiers généraux y a chuté de moitié, passant de 98 en 2017 à 48 l’année dernière.

La Belgique moins perçue comme un pays propice aux investissements

Malgré les chiffres positifs relatifs aux investissements, la perception de la Belgique comme destination attractive pour les investissements étrangers a reculé à un des niveaux les plus bas jamais mesurés. À peine 10 % des répondants indiquent qu’ils ont l’intention d’investir en Belgique dans l’année à venir. Ils étaient encore 15 % en 2017.

Appréciée pour ses nombreux espaces disponibles, l’attractivité de la Wallonie progresse de 10 % à 12 %, mais ses lacunes linguistiques demeurent un obstacle. La perception positive de Bruxelles a considérablement augmenté. La région passe à 39 % en 2018, contre 29 % l’année précédente. Le principal atout de la capitale réside dans son accès à l’infrastructure de transport.

Miser sur la mobilité et la fiscalité

La mobilité et la pression fiscale doivent être les principaux points d’attention du nouveau gouvernement fédéral. La grande majorité des entreprises étrangères déjà établies dans notre pays (64 %) indiquent que les embouteillages et l’infrastructure routière ont une influence négative sur leur politique d’investissement.
L’effet positif de la réforme et de l’abaissement de l’impôt des sociétés s’atténue peu à peu. Pour rester concurrentielle, la Belgique doit continuer à baisser les impôts. Le reste de l’Europe le fait également.

Technologie et innovation

La disponibilité d’une population active formée aux nouvelles technologies est une priorité de taille lorsque les entreprises décident ou non d’investir dans un pays. Les compétences les plus prisées à l’heure actuelle sont la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la robotique, ainsi que les big data et l’analytique.

Ceci rejoint la première priorité des investisseurs étrangers : l’innovation. Si la Belgique veut rester attractive comme pays propice aux investissements dans les prochaines années, elle doit miser pleinement sur l’innovation et le soutien aux nouvelles technologies. Selon 34 % des répondants, cela doit être la première priorité de la Belgique si le pays veut maintenir sa position concurrentielle dans l’économie mondiale actuelle.

Les investisseurs étrangers sont attirés par les pays innovants qui ont le talent adéquat disponible, une politique fiscale stable et une infrastructure digitale performante. Les pays réunissant tous ces éléments attireront plus d’investissements directs étrangers et en récolteront les fruits sur le plan économique.

Baromètre de l’Attractivité belge

Le programme d’attractivité d’EY met en évidence l’attractivité des IDE sur les marchés du monde entier, en aidant le secteur public et les dirigeants d’entreprises à prendre des décisions stratégiques en matière de stratégie et d’économie.

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Résumé

Bien qu’en 2018, la Belgique ait connu une année record en matière d’investissements étrangers, la perception de notre pays comme lieu propice aux investissements recule. Pour rester attractive au cours des prochaines années, la Belgique doit miser pleinement sur l’innovation, les nouvelles technologies et la mobilité. De plus, la Belgique doit, à l’instar des autres pays européens, continuer à baisser les impôts. De cette façon, notre pays pourra à nouveau compter sur plus de projets d’investissements étrangers.

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Marie-Laure Moreau

EY Belgique Assurance Partner et Regional Managing Partner Wallonie

Passionnée par l'entrepreneuriat et la croissance. Femme et mère dévouée. Aime le ski, le golf et est supporter du Standard de Liège.