7 minutes de lecture 1 avr. 2019
Des collègues travaillant en équipe

Cynthia Currie : outiller l’effectif de demain

Par

EY Canada

Organisation de services professionnels multidisciplinaires

7 minutes de lecture 1 avr. 2019

Cynthia Currie, de la Société Financière IGM, parle de la technologie dans le but d’outiller le milieu de travail et l’effectif de demain.

Les progrès technologiques, tels que l’intelligence artificielle et l’automatisation des tâches plus routinières, sont en train de transformer en profondeur le fonctionnement des organisations, y compris les façons dont elles recrutent, embauchent et forment leur main-d’œuvre. Compte tenu des modifications en profondeur qui s’opèrent, il est important pour les entreprises qu’elles fournissent à tous leurs employés les outils et les ressources dont ils ont besoin pour s’épanouir dans un environnement en constante évolution axé sur le numérique.

Et cette façon de repenser le milieu de travail doit partir de la tête de l’organisation, c’est-à-dire de la haute direction. Les dirigeants doivent adopter une approche agile et prospective de l’entreprise, qu’il s’agisse des lieux et des méthodes de travail, ou de la façon dont elle recrute ses employés et des moyens qu’elle met à leur disposition.

Cynthia Currie connaît très bien cette dynamique changeante qui prévaut en milieu de travail. Actuellement vice-présidente exécutive et chef des ressources humaines de la Société financière IGM Inc., l’une des principales sociétés de services financiers personnels au Canada, elle possède une vaste expertise des services financiers et des ressources humaines (RH) en milieu de travail.

Dans le cadre de ses fonctions, Cynthia est responsable de l’élaboration et de l’exécution de la stratégie en matière de ressources humaines de la Société Financière IGM, et s’assure qu’elle s’harmonise avec l’orientation stratégique de l’organisation, plus particulièrement en ce qui a trait à l’embauche, au soutien et au maintien en poste des talents, tout en favorisant une culture de diversité et d’inclusivité. Elle nous fait part de ses réflexions sur la façon dont les organisations peuvent préparer efficacement leur entreprise et leurs employés pour le milieu du travail de demain.

Parlez-nous un peu de votre rôle actuel à la Société financière IGM Inc. et de ce qui vous a amenée à vous joindre à cette organisation.

Je me suis jointe à la Société financière IGM en septembre 2018 après avoir été approchée par une firme de recrutement de cadres. J’ai rencontré le président et chef de la direction Jeffrey Carney avec qui j’avais eu l’occasion de travailler auparavant dans une autre entreprise de services financiers. Comme nous avions déjà été collègues de travail, je connaissais le style de leadership de Jeffrey — il est un adepte du changement et possède une aptitude innée à réfléchir à long terme quand il s’agit des possibilités futures et des tendances en milieu de travail. Comme cela rejoint tout à fait ma propre approche ainsi que mon éthique de travail, je savais que nous formerions une bonne équipe. Ce rôle me permettrait de regarder la situation dans son ensemble, de regrouper des éléments disparates et complexes, et de les simplifier afin de créer une proposition de valeur et un objectif uniques qui deviennent alors source de fierté et de motivation pour nos gens. En fait, je crois qu’il s’agit là du plus grand défi à relever pour les membres de la haute direction et les leaders des RH d’une entreprise : comment rendre cet objectif concret et convaincre tout le monde d’y adhérer? Ce défi me plaît, et la perspective de prendre une stratégie complexe et de la ramener à sa plus simple expression pour la rendre concrète me passionne vraiment. Ce rôle me permet en outre d’agir davantage d’un point de vue stratégique que ce qu’un directeur des RH est habituellement appelé à faire.

Comment les organisations peuvent-elles diriger efficacement par rapport à l’avenir du travail?

C’est essentiellement une question de courage. Si l’on examine les différentes générations en milieu de travail, on constate que les représentants de toutes les générations veulent les mêmes choses, mais que les membres de la génération du millénaire sont les premiers à avoir le courage de les demander. Je crois que nous devrions tous adopter cette attitude et avoir le même courage. Notre monde progresse rapidement du point de vue technologique, et cela doit aussi entraîner des changements dans notre façon de travailler. Par exemple, de nombreux employés veulent des conditions de travail souples, comme la possibilité de faire du télétravail, un meilleur équilibre travail-vie personnelle, des rôles comportant une plus grande portée sociale et des tâches qui les motivent, suscitent leur engagement et leur permet de redonner à la collectivité de façon significative. Pour arriver à être chef de file, les organisations doivent adopter le changement et la disruption, et avoir le courage de réévaluer la façon dont leurs équipes travaillent et s’épanouissent. Je crois aussi fermement que les leaders doivent être accessibles, accueillir des points de vue différents et traiter tous les gens de manière équitable, de manière à favoriser un environnement de travail inclusif et prêt à relever les défis d’aujourd’hui et de demain.

Quelle approche la Société financière IGM utilise-t-elle pour le recrutement, la rétention et le perfectionnement des talents à l’ère du numérique?

La plupart des travailleurs choisissent une entreprise pour la marque qu’elle représente, mais ils y restent pour l’expérience qu’ils y vivent comme employés. Il s’agit donc du principal élément sur lequel nous allons miser au cours de la prochaine année. Nous devrons être plus proactifs dans notre processus de recrutement — outre la technologie, il faut également procéder à un changement fondamental dans notre façon de regarder le marché et les candidats potentiels. Et un élément essentiel de ce processus consiste à favoriser la diversité et l’inclusivité en milieu de travail.

La parité femmes-hommes revêt une importance particulière à la Société financière IGM. Nous avons d’ailleurs adhéré aux Principes d’autonomisation des femmes du Pacte mondial des Nations Unies, et l’adoption de ces sept principes directeurs est une étape importante dans la transformation de notre milieu de travail et l’atteinte de la parité femmes-hommes. L’économie sociale est un autre domaine dont on ne traite pas assez souvent, et les entreprises devraient déployer des efforts concertés en vue de recruter et de conserver des talents provenant d’horizons divers et aux cheminements différents, afin de créer un milieu de travail le plus inclusif possible.

Bien entendu, il importe d’assurer la formation et l’apprentissage continus en milieu de travail à l’ère du numérique pour faire en sorte que les effectifs actuels aient à leur disposition les outils et les ressources appropriés pour s’épanouir dans leurs rôles.

Certains employés pourraient craindre que la place grandissante de l’automatisation intelligente empiète sur leur rôle ou l’élimine. Comment les entreprises peuvent-elles gérer ces inquiétudes tout en préparant leurs employés à un milieu de travail aux capacités numériques croissantes?

Les rôles vont évoluer et nous ne ferons pas la même chose tout le temps, mais l’utilisation de l’automatisation créera en fait plus de possibilités de travail à plus grande valeur ajoutée (avec des salaires potentiellement plus élevés). Les leaders doivent donc faire valoir ces avantages aux employés tout en leur fournissant les outils nécessaires pour accomplir leur travail efficacement.

La transformation numérique doit également nous amener à repenser notre façon d’interagir avec nos collègues de travail, processus qui devrait s’articuler principalement en trois volets. Tout d’abord, il faut passer d’une mentalité axée sur le «je» à une mentalité axée sur le «nous». Ensuite, il faut accroître la flexibilité, en fournissant aux employés les ressources appropriées pour être agiles et s’acquitter de leurs responsabilités. De plus, les leaders et autres membres du personnel doivent recevoir une formation adéquate pour être prêts aux changements qui touchent le milieu de travail; ils doivent disposer des outils leur permettant de travailler en des lieux ou à des moments différents. Il est tout aussi important de s’assurer que les employés qui travaillent à distance ne se sentent pas isolés, mais qu’ils sentent plutôt qu’ils font partie de l’équipe. Le troisième élément consiste à favoriser une culture qui crée un sentiment de fierté chez les employés. Il peut s’agir ici de revoir le processus de rétroaction, en remplaçant un système de rétroaction critique ou de rétroaction constructive, même, par un système de renforcement positif, par exemple. Toutes ces mesures font partie des changements qu’une organisation doit mettre en œuvre pour favoriser l’épanouissement de ses employés à l’ère du numérique.

Dans le cadre de vos fonctions, vous avez également la responsabilité d’instaurer une culture de travail axée sur la diversité. Pourriez-vous nous parler de l’approche que vous préconisez à cet égard?

Dans toute organisation, il est très important d’avoir une diversité d’horizons, de compétences et de points de vue. Cela favorise un meilleur esprit d’équipe, de nouvelles idées et de meilleures solutions aux défis de l’entreprise. Cela exige toutefois des efforts supplémentaires de la part des dirigeants, qui doivent sortir des sentiers battus. J’aide alors les leaders à comprendre que ces efforts en valent la peine, parce qu’ils contribueront, au bout du compte, à former des équipes encore plus uniques, diversifiées et collaboratives, ce qui se traduira de façon positive sur les résultats de l’entreprise.

Vous avez passé plusieurs années chez EY, où vous avez travaillé à des questions relatives aux RH et aux associés, notamment à l’intégration au sein du groupe des Services financiers des États-Unis des activités des bureaux d’EY aux Bahamas, aux Bermudes et aux îles Caïmans. Parlez-nous un peu de cette expérience.

Ce fut une expérience très enrichissante avec une équipe formidable. J’ai eu la possibilité de travailler étroitement avec divers chefs d’équipe régionaux qui possédaient une connaissance unique des marchés locaux au sein desquels ils menaient leurs activités. Ils faisaient tous preuve d’un dévouement incroyable à l’égard de la Société et possédaient des renseignements précieux, et nous avons tous travaillé harmonieusement ensemble en formant une équipe unifiée. Je n’ai rencontré aucun employé avec un problème d’ego, et il régnait un esprit positif et de collaboration. Ces gens ont partagé avec moi leur expérience unique cumulée au fil de leurs années de travail dans les bureaux d’EY aux Bahamas, aux Bermudes et aux îles Caïmans, et j’ai partagé avec eux mon expérience des activités en Amérique du Nord, en mettant en valeur les avantages de l’intégration (comme la capacité de faire équipe rapidement et plus efficacement avec les professionnels d’autres bureaux). Cela a contribué à l’intégration réussie des activités des bureaux aux Bahamas, aux Bermudes et aux îles Caïmans au sein du groupe des Services financiers des États-Unis. Par ailleurs, compte tenu de la particularité de ces pays, qui ne disposent que de faibles populations pour servir un secteur financier de taille imposante, nous avons dû compter beaucoup sur le recrutement de professionnels à l’étranger. Nous avons recruté activement dans environ 25 pays. La diversité était formidable, et ces groupes demeurent parmi les plus rentables d’EY à l’échelle mondiale. Je suis restée en contact avec bon nombre des personnes avec lesquelles j’ai travaillé et ces relations à long terme me tiennent à cœur.

En quoi votre expérience chez EY a-t-elle influencé vos choix de carrière par la suite ainsi que votre approche à l’égard des ressources humaines et de l’avenir du travail?

Les années que j’ai passées chez EY m’ont beaucoup appris et m’ont permis de travailler avec des gens formidables dotés d’une grande diversité de compétences et d’expériences. J’ai également été la première étrangère à diriger un service de RH aux Bermudes, ce qui fut un défi très enrichissant pour moi. L’intégration au groupe des Services financiers n’a pas été une mince tâche, et en l’acceptant, j’étais consciente du risque qui y était associé, mais je suis heureuse de l’avoir fait et fière de ce que j’ai accompli. Mon expérience chez EY m’a donné la confiance nécessaire pour foncer, miser sur la transformation, et accepter des rôles plus complexes et plus difficiles, et elle influence encore mon éthique de travail à ce jour.

Résumé

Les progrès technologiques, tels que l’intelligence artificielle et l’automatisation des tâches plus routinières, sont en train de transformer en profondeur le fonctionnement des organisations, y compris les façons dont elles recrutent, embauchent et forment leur main-d’œuvre. Cynthia Currie nous fait part de ses réflexions sur la façon dont les organisations peuvent préparer efficacement leur entreprise et leurs employés pour le milieu du travail de demain.

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