6 minutes de lecture 7 juin 2021

            EY – Homme dans le désert qui photographie le ciel étoilé

Les cadres canadiens adoptent une approche « acheter ou développer » à l’égard de l’investissement stratégique

Par Doug Jenkinson

Services consultatifs transactionnels, EY Canada

Vaste expérience en fusions et acquisitions et en désinvestissements dans divers secteurs à l’échelle internationale. Spécialisé des secteurs de l’extraction et des investissements étrangers sur les marchés émergents.

6 minutes de lecture 7 juin 2021

La résilience en temps de pandémie incite les entreprises canadiennes à saisir de nouvelles possibilités grâce à la transformation numérique et aux F&A.

En bref
  • L’optimisme quant à un retour rapide aux revenus et à la rentabilité d’avant la pandémie motive les cadres à miser sur de nouvelles possibilités de croissance.
  • En raison des faibles taux d’intérêt et de la résilience dont les entreprises ont fait preuve, les cadres canadiens cherchent à accélérer rapidement la croissance au moyen de F&A.
  • La peur du changement pousse les entreprises canadiennes à porter une plus grande attention à la gestion de la main-d’œuvre.

Les entreprises canadiennes ont vécu un ralentissement économique inhabituel. Au début de la pandémie, les dirigeants d’entreprises canadiennes ont choisi d’adopter une attitude protectrice pour limiter les dommages. Depuis, ils sont passés à la vitesse supérieure en se tournant vers une croissance ambitieuse et prospective.  

Selon la dernière édition du Baromètre mondial de la confiance des entreprises d’EY, publiée en mai 2021, même si plus de 90 % des cadres canadiens sondés ont déclaré avoir subi d’importantes baisses de revenu et de rentabilité, 77 % s’attendent à ce que les revenus reviennent cette année à leurs niveaux d’avant la pandémie, et 87 % prévoient renouer avec la rentabilité d’ici 2022.

Effets de la pandémie

77 %

des cadres canadiens s’attendent à ce que les revenus reviennent à leurs niveaux d’avant la pandémie en 2021

Certaines entreprises ont été en mesure de saisir des occasions et de renforcer leur position sur le marché, tandis que d’autres entreprises, particulièrement dans les secteurs durement touchés comme le voyage, le tourisme et la restauration, ainsi que les entreprises traditionnelles de petite et moyenne tailles, ont particulièrement ressenti les effets de la pandémie. Néanmoins, en demeurant axées sur leurs objectifs et en s’attelant à la tâche, les entreprises canadiennes peuvent émerger de la crise en bonne posture pour accélérer leur croissance.

Une accélération soudaine de la transformation numérique offre de nouvelles possibilités

Plus des trois quarts (78 %) des entreprises canadiennes estiment qu’elles ont surperformé durant la pandémie au chapitre de leurs efforts de transformation numérique. Toutefois, bien que 82 % des répondants aient indiqué que leur entreprise a entamé un examen exhaustif de sa stratégie et de son portefeuille en 2020, nous constatons que les investissements visant la transformation numérique demeurent une priorité stratégique de premier plan, juste après la croissance par des acquisitions.

Les entreprises canadiennes ont été en grande partie forcées d’accélérer leurs efforts de conversion au numérique, pour une raison que peu auraient pu prévoir. Qu’il s’agisse du télétravail — qui a permis de collaborer sans avoir à se déplacer — ou de l’accélération fulgurante des capacités de commerce électronique, les entreprises canadiennes ont très tôt compris que l’adversité donnait lieu à des possibilités sur le plan numérique.

Ainsi, 68 % des entreprises canadiennes affirment qu’elles prévoient porter une plus grande attention stratégique à la transformation numérique, en plus d’accroître les investissements à cet égard — et 74 % des cadres déclarent que ce processus est déjà en œuvre. Et même si les effets de la pandémie ont pu être le principal élément déclencheur, leur priorité absolue est d’établir un modèle opérationnel et une structure de coûts plus souples.

Stratégie d’entreprise

68 %

des cadres canadiens déclarent que leur entreprise prévoit porter une plus grande attention stratégique à la transformation numérique et accroître les investissements à cet égard

Les entreprises canadiennes se tournent vers les investissements en F&A pour se sortir de la crise

En raison des faibles taux d’intérêt et de la crise récente qu’elles ont dû traverser, les entreprises canadiennes cherchent à se départir de leurs actifs non essentiels et à redéployer leurs capitaux dans le cadre d’une approche « acheter ou développer », afin d’accélérer la croissance et de pouvoir compétitionner à l’échelle mondiale. Plus de la moitié (53 %) des entreprises canadiennes prévoient rechercher activement des occasions de F&A au cours des 12 prochains mois. 

Vous attendez-vous à ce que votre entreprise recherche activement des occasions de F&A au cours des 12 prochains mois?

Bien que 40 % des cadres canadiens affirment qu’ils se concentreront sur les acquisitions complémentaires pour accroître leur part de marché, 27 % déclarent être à la recherche d’occasions d’acquisitions transformatrices qui pourraient les aider à repenser leur modèle d’affaires ou leur permettre d’accéder à de nouveaux marchés.

Toutefois, 79 % des cadres canadiens sondés ont déclaré que leur entreprise n’avait pas procédé à une acquisition ou avait annulé une acquisition prévue au cours des 12 derniers mois. Ce résultat porte à croire que, même si le marché des F&A entre peut-être dans une nouvelle période favorable, les entreprises demeurent prudentes dans leur prise de décisions. Cela dit, les entreprises s’efforcent de trouver des raisons de ne pas renoncer à des transactions, car elles savent qu’il est difficile de trouver des actifs cibles appropriés, qui offrent les bonnes compétences et les bonnes synergies.

La gestion de la main-d’œuvre émerge comme priorité

Bien que les entreprises canadiennes estiment qu’elles ont surperformé à de nombreux égards durant la pandémie et qu’elles sont en bonne posture pour accélérer la croissance, près d’un tiers (32 %) des cadres reconnaissent que leur entreprise a sous-performé en ce qui a trait à la gestion de la main-d’œuvre. De plus, 78 % des répondants déclarent que la pandémie les a poussés à se concentrer davantage sur la main-d’œuvre et à accroître les investissements à ce chapitre, ce qui porte à croire que même ceux qui estiment avoir affiché un rendement dans la moyenne ou supérieur à la moyenne pensent qu’ils pourraient en faire plus. 

Gestion de la main-d’œuvre

78 %

des cadres canadiens déclarent que leur entreprise prévoit se concentrer davantage sur la gestion de la main d’œuvre et augmenter les investissements à ce chapitre

En ce qui concerne les employés, la peur du changement semble être une préoccupation majeure pour les entreprises canadiennes. Le passage rapide au télétravail à temps plein peut avoir amplifié le sentiment d’isolement des employés ainsi que leur détachement par rapport à la raison d’être et à l’orientation stratégique de leur organisation. Parallèlement, les entreprises ont découvert des occasions de réunir des équipes mondiales et d’avoir accès à des compétences spécialisées sans avoir à faire voyager les individus dans le monde entier. 

Ces changements pourraient modifier de façon permanente le visage de la main-d’œuvre. Les organisations pourront aller chercher les meilleurs talents plus loin, mettre sur pied des équipes dans de petits marchés et envisager des modèles de travail hybrides ou entièrement à distance. Toutefois, les entreprises canadiennes devront également créer une culture axée sur les employés qui favorise l’appartenance et la mobilisation pour retenir les meilleurs employés dans un marché des talents de plus en plus concurrentiel.

Les trois principaux points à retenir pour les cadres canadiens

Voici trois points importants que les cadres canadiens devraient prendre en considération tandis qu’ils examinent les leçons tirées de la pandémie et se préparent pour l’avenir :

  1. Prenez soin de vos talents, ou quelqu’un d’autre le fera. Ce n’est pas tout le monde qui souhaite retrouver les anciennes façons de faire. Les organisations devront considérer la résilience individuelle, soit notamment le bien-être physique et mental/psychologique de leurs employés, comme la pierre angulaire de la résilience et de la relance de leur entreprise. Si les employés ont le sentiment que leurs dirigeants se soucient d’eux en tant qu’individus — tant au travail qu’à la maison —, ils seront plus enclins à faire confiance aux décisions de l’entreprise et à prendre part au processus décisionnel. La raison d’être, la culture, le leadership et la confiance sont les éléments fondamentaux qui aideront les entreprises canadiennes à cerner les possibilités au moment d’envisager l’avenir du monde du travail.
  2. Soyez audacieux — agissez rapidement pour tirer parti des possibilités. Être audacieux, c’est avoir l’agilité nécessaire pour saisir les occasions et relever les défis qui se présentent. Près des trois-quarts des cadres canadiens affirment que leur entreprise procède actuellement à une transformation organisationnelle et technologique. Le fait d’entamer un processus de transformation constitue un excellent départ, mais il faut également que celui-ci soit couronné de succès. Pour réussir, les entreprises canadiennes doivent donner à l’humain une place centrale, rapidement déployer de nouvelles technologies et innover à grande échelle. Les entreprises canadiennes qui y parviennent ne feront pas que prospérer : elles peuvent prendre des mesures audacieuses et créer une valeur exponentielle durable.
  3. Ne restez pas à l’écart du marché des F&A — les acquéreurs proactifs pourraient surperformer. En plus des considérations liées à la pandémie, l’incertitude géopolitique a forcé 74 % des cadres canadiens à modifier leurs investissements stratégiques. Même si une approche attentiste a pu s’avérer prudente à court terme, une telle attitude pourrait nuire aux occasions de croissance à long terme si les entreprises décident de rester à l’écart à long terme. La disruption et l’incertitude sont là pour rester. Les entreprises canadiennes qui recherchent activement les occasions de F&A pour accélérer leur croissance augmenteront leurs chances de mieux performer que leurs concurrents.

Pour en savoir davantage, consultez le Baromètre mondial de la confiance des entreprises de 2021 d'EY.

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Résumé

Le Baromètre mondial de la confiance des entreprises (document PDF) présente une évaluation de la confiance des entreprises dans les perspectives économiques et révèle les tendances et pratiques des conseils d’administration dans la gestion de l’Enjeu Capital de leur entreprise.

À propos de cet article

Par Doug Jenkinson

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Vaste expérience en fusions et acquisitions et en désinvestissements dans divers secteurs à l’échelle internationale. Spécialisé des secteurs de l’extraction et des investissements étrangers sur les marchés émergents.