5 minutes de lecture 13 avr. 2021

            EY – Un technicien informatique devant des écrans d’ordinateur

Pourquoi votre système de lutte contre le blanchiment d’argent est plus lent que prévu

Par EY Canada

Organisation de services professionnels multidisciplinaires

5 minutes de lecture 13 avr. 2021

Découvrez cinq pratiques exemplaires dont vous pouvez tirer parti afin de réduire les inefficacités de la mise en œuvre d’une solution automatisée de lutte contre le blanchiment d’argent.

Nombre d’organisations se heurtent à des obstacles de toutes sortes dans la mise en œuvre d’une solution automatisée de lutte contre le blanchiment d’argent aux fins de surveillance des transactions, de contrôle diligent de la clientèle et d’examen des listes. Les échéances sont reportées, les exigences fonctionnelles sont modifiées et des problèmes surviennent, repoussant la date de livraison du projet prévue au‑delà de l’échéancier prédéfini.

Dans le présent article, nous abordons les diverses sources d’inefficacités dans les projets de mise en œuvre d’une solution automatisée de lutte contre le blanchiment d’argent et les pratiques exemplaires pour une prestation de solutions en la matière opportune.

Par Omer Yaakoby
Omer Yaakoby dirige le groupe Technologie visant les crimes financiers du Canada qui fournit des services uniques de mise en œuvre, d’automatisation et d’évaluation en matière de blanchiment d’argent, de gestion de la fraude, de surveillance des marchés, de cybersécurité et de gestion de cas. Omer aide depuis de nombreuses années les institutions financières à atténuer les risques liés à la réglementation et à améliorer l’efficacité des unités du renseignement financier (« URF ») grâce à des solutions de pointe destinées aux systèmes assurant la conformité aux lois et règlements sur la prévention de la criminalité financière.

Difficultés liées à la mise en œuvre de solutions de lutte contre le blanchiment d’argent

Prenons l’exemple d’une banque canadienne fictive et son processus de mise en œuvre d’un système de surveillance et de gestion des cas consolidé en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

La banque a réuni un groupe de professionnels de lutte contre le blanchiment d’argent expérimentés, qui ont élaboré des spécifications exhaustives pour les exigences fonctionnelles de la solution cible. Elle a ensuite effectué une évaluation des fournisseurs et sélectionné et acheté une solution de surveillance et de gestion des cas automatisée adéquate en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

La banque a recruté des ressources techniques dont l’expérience est pertinente pour la mise en œuvre et, après beaucoup de planification, le projet a été lancé. Toutefois, elle a éprouvé de nombreuses difficultés tout au long du projet, ce qui a considérablement retardé le déploiement dans l’environnement de production, au grand désarroi des parties prenantes d’affaires.

  • Les parties prenantes d’affaires n’ont eu droit qu’à une présentation du système à la phase des tests d’acceptation par les utilisateurs. À partir de ce moment, le groupe d’affaires a compris que les exigences fonctionnelles ne reflétaient pas toutes les attentes à cet égard qui, par conséquent, n’avaient pas été configurées dans le système. Certaines fonctionnalités de gestion des cas que la banque croyait préconfigurées dans le produit ne l’étaient pas en réalité, ce qui a entraîné des changements importants à l’étendue du mandat et du travail supplémentaire. Cela a occasionné des retards considérables dans l’échéancier du projet et provoqué des tensions entre les ressources techniques et les parties prenantes d’affaires.
  • L’identification et la collecte de données ont trop tardé. Par conséquent, on a retardé l’aspect technique de la mise en œuvre jusqu’à ce que l’équipe responsable des données puisse recueillir des données pertinentes afin de valider et de tester le modèle.
  • Les composantes techniques n’ont pas été fournies à l’avance, ce qui a entraîné des retards importants dans la mise en œuvre de la solution et le déploiement dans les environnements supérieurs. Les tests ont donc été retardés, ce qui a causé une perte de temps précieux et de ressources affectées à la mise en œuvre et aux tests.
  • Les machines virtuelles fournies pour les environnements de développement et de test ont été configurées avec une capacité de traitement et de la mémoire insuffisantes en raison de contraintes budgétaires. Par la suite, le traitement par lots était lent, nuisant à la validation du modèle.
  • Les activités de déploiement n’étaient pas automatisées, engendrant d’importants coûts indirects et posant des défis liés à la remise des procédures de mise en œuvre technique aux nouvelles ressources.

Les erreurs commises dans ce scénario peuvent facilement être évitées grâce à une planification minutieuse et à la prise en compte des diverses dépendances tout au long du cycle de vie du projet.

Envisagez les mesures suivantes pour éviter de telles erreurs et faciliter la mise en œuvre.

Mobilisation des parties prenantes

Dans de nombreux projets de mise en œuvre, le personnel informatique n’est en mesure de voir le système en action qu’à la phase de tests d’acceptation par les utilisateurs, laquelle peut se dérouler des mois après le début du projet. À ce stade, les parties prenantes d’affaires pourraient déterminer qu’une exigence fonctionnelle qui semblait fonctionner en théorie ne fonctionne pas en pratique, ou que certaines exigences fonctionnelles nécessaires à la viabilité de la solution n’ont pas été définies.

Cela peut entraîner des changements importants à l’étendue ainsi qu’une réorganisation majeure des composantes techniques. Il est préférable de réfléchir à ces scénarios plus tôt au cours du projet, de façon à les éviter en mobilisant les parties prenantes d’affaires dès la mise en œuvre du système et la configuration de ses fonctions les plus fondamentales dans un environnement de développement ou de test.

Avec la solution cible, il faut faire de fréquentes présentations sur les activités de gestion des cas pour que les parties prenantes d’affaires soient au fait de toutes les fonctions exposées par la solution de lutte contre le blanchiment et le système de gestion des cas.

Les données avant tout

Il peut s’avérer particulièrement long de déterminer la source de chaque entité décrite dans le document des exigences relatives aux données des solutions de lutte contre le blanchiment d’argent; c’est pourquoi il faut le faire le plus tôt possible. Si la collecte de données est entamée trop tard, les travaux des responsables de la mise en œuvre technique peuvent être bloqués, ce qui retarde cette mise en œuvre.

Acquisition des composantes techniques à l’avance

L’acquisition des composantes techniques dans une grande institution financière peut parfois prendre du temps. Afin de ne pas bloquer la mise en œuvre technique, le gestionnaire de projet prudent entamera le processus d’acquisition dès qu’il est raisonnablement possible de le faire.

Il faut également donner la priorité aux composantes de l’environnement de développement et de test dans le programme du gestionnaire de projet. Tout retard dans l’acquisition des composantes de développement et de test pertinentes pourrait entraîner d’importants reports dans l’échéancier du projet.

Acquisition des bonnes composantes techniques

Dans le cadre de la mise en œuvre de solutions de lutte contre le blanchiment d’argent de grande envergure supposant de grands ensembles de données, le manque de ressources pourrait ralentir les processus de test et de validation des modèles, ainsi que les tests avant la mise en production. Les machines virtuelles dotées d’une capacité de traitement et de mémoire suffisantes peuvent réduire considérablement la durée de telles activités.

Une configuration appropriée devrait être appliquée au système ainsi qu’à la solution de lutte contre le blanchiment d’argent pour que les ressources du système soient utilisées correctement lorsqu’elles exécutent les traitements par lots.

Automatisation du processus de mise en œuvre

Un degré élevé d’automatisation dans le processus de mise en œuvre permettra d’améliorer la réutilisation et les délais de déploiement et de diminuer les erreurs. On pourrait avoir recours au déploiement automatisé de la solution de lutte contre le blanchiment d’argent pour effectuer le suivi de la configuration du système et de la solution et automatiser les activités de déploiement manuelles.

Conclusion

La mise en œuvre de solutions de lutte contre le blanchiment d’argent pourrait faire face à de nombreux défis. Pour les surmonter, il est essentiel de mobiliser les parties prenantes d’affaires tôt et fréquemment, d’entreprendre l’analyse des données et les activités d’approvisionnement à l’avance et de tirer parti de l’automatisation de la mise en œuvre. Ce faisant, vous pourrez réduire le risque de retard du projet et faciliter une livraison en temps opportun.

 

Résumé

En adoptant quelques mesures clés, les organisations peuvent mettre en œuvre leur solution de lutte contre le blanchiment d’argent en temps opportun et réduire les répercussions des échéances reportées, des changements d’exigences fonctionnelles et autres défis auxquels elles font face lorsqu’elles mettent en œuvre une solution automatisée.

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