9 minutes de lecture 7 oct. 2021

Les dix principaux risques et possibilités d’affaires en 2022 dans le secteur des mines et métaux

Selon le rapport le plus récent d’EY sur le secteur des mines, les possibilités offertes aux sociétés du secteur des mines et métaux continueront de l’emporter sur les risques en 2022.

En bref
  • Pour la première fois depuis que nous publions des rapports annuels sur le secteur, les sociétés du secteur des mines et métaux classent les facteurs environnement et sociaux comme le risque le plus important auquel elles font face.
  • La décarbonisation est un disrupteur majeur qui est au cœur des discussions et comporte à la fois des risques et des possibilités.
  • L’acceptabilité sociale des activités, contrairement aux trois dernières années, n’est plus au premier rang des enjeux, mais est toujours perçue comme l’un des trois principaux risques.

Selon notre rapport annuel sur les risques et les possibilités auxquels le secteur mondial des mines et métaux fait face, la disruption fait en sorte que le secteur ne perçoit plus de la même manière quels sont les principaux défis et où se trouve la voie vers la croissance. La crise climatique et les attentes accrues des parties prenantes sont des vecteurs de changement de plus en plus puissants. Pour la première fois, les facteurs environnementaux et sociaux se sont hissés au premier rang des enjeux, délogeant la décarbonisation et l’acceptabilité sociale des activités qui détenaient cette position depuis les trois dernières années. 

Deux nouveaux enjeux, l’incertitude de la demande et les nouveaux modèles d’affaires, ont fait leur apparition, illustrant la volatilité persistante sur un marché toujours touché par la pandémie de COVID‑19. Toutefois, pour les sociétés minières désireuses d’entreprendre une transformation susceptible de générer de la valeur à long terme pour les organisations et les collectivités qu’elles servent, les possibilités devraient l’emporter sur les risques. 

            Infographie : Risques et possibilités pour le secteur des mines
  • À propos du sondage

    Dans le cadre de la préparation de notre rapport annuel, nous avons sondé plus de 200 dirigeants de sociétés mondiales du secteur des mines et métaux, dont la majorité étaient de hauts dirigeants. Le sondage a été réalisé entre juin et septembre 2021.

Tendance no 1 : Facteurs environnementaux et sociaux

Les sociétés minières qui peuvent démontrer comment elles contribuent à un avenir durable disposeront d’un avantage concurrentiel.

Comme les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) occupent de plus en plus le premier rang des priorités des investisseurs, des actionnaires et d’un groupe plus large de parties prenantes, les sociétés minières cherchent à intégrer les facteurs ESG dans les stratégies et le processus décisionnel de l’entreprise et dans les informations qu’elles communiquent aux parties prenantes. Les pressions exercées par les parties prenantes à l’égard de questions comme la biodiversité et la gestion de l’eau devraient s’intensifier, forçant les sociétés minières à planifier les fermetures de mines et à mieux gérer leur utilisation de l’eau en lien avec l’énergie pour satisfaire les attentes.

Des pressions accrues sont également exercées sur les entreprises pour qu’elles assument davantage la responsabilité de leur incidence sur les collectivités et prennent des mesures qui vont au‑delà de leurs obligations réglementaires. Les sociétés minières qui contribuent à la croissance économique et sociale durable des régions où elles sont présentes peuvent léguer un héritage positif qui dure plus longtemps que la mine.

            Infographie : Facteurs environnementaux et sociaux

Tendance no 2 : Décarbonisation

Les entreprises qui élaborent une stratégie de décarbonisation souple peuvent se démarquer et atteindre la cible de zéro émission nette.

Au moment où les investisseurs et les États délaissent les investissements dans le charbon thermique, et où le prix du carbone est sur le point d’augmenter, les sociétés minières doivent considérer la décarbonisation comme un autre risque stratégique.

Les entreprises peuvent se démarquer et atteindre la cible de zéro émission nette en définissant une voie souple vers la décarbonisation, y compris au moyen de la modélisation de scénarios et de l’examen du financement, des technologies et des actifs. Les entreprises, même si nombre d’entre elles ont réalisé des progrès au chapitre de la réduction des émissions des portées 1 et 2, doivent maintenant se concentrer sur les émissions de portée 3. Celles qui peuvent contrôler ces émissions peuvent générer une réelle valeur et assurer leur pérennité.

            Infographie : Décarbonisation

Tendance no 3 : Acceptabilité sociale des activités

L’avenir des sociétés minières pourrait bien dépendre de la valeur à long terme qu’elles créent pour toutes les parties prenantes.

L’acceptabilité sociale des activités change rapidement, au fil de l’évolution des attentes à l’égard de la contribution des sociétés minières aux collectivités, à l’économie et à la protection des sites patrimoniaux et de leur engagement envers les Autochtones et les peuples des Premières Nations.

Rapport sur le sondage

40 %

des répondants au sondage ont indiqué que les investisseurs devraient accorder plus d’attention à l’engagement communautaire en 2022.

L’acceptabilité sociale des activités est de plus en plus liée à la capacité des entreprises d’avoir accès à des ressources et à des capitaux et d’emprunter, de sorte qu’il est essentiel pour elles d’adopter une approche proactive pour relever ces défis. Les entreprises peuvent favoriser l’acceptabilité sociale en réalisant une vaste consultation auprès des propriétaires ancestraux, en mettant davantage l’accent sur le renforcement de la marque et en s’engageant à générer de la valeur pour les actionnaires et les collectivités. Selon plus de 40 % des répondants au sondage, l’engagement communautaire sera au centre des préoccupations des investisseurs dans le secteur des mines et métaux en 2022.

Tendance no 4 : Géopolitique

Les sociétés minières devront manœuvrer avec dextérité dans un contexte de guerres commerciales, de changements de gouvernement et de nationalisation des ressources.

Les enjeux géopolitiques liés à la pandémie de COVID‑19, y compris le contrôle des exportations et les politiques industrielles visant à accroître l’autosuffisance en matière de produits critiques et l’annonce d’un impôt minimum mondial sur les multinationales, menacent la mondialisation et exacerbent les tensions présentes dans l’ordre mondial fondé sur des règles.

Rapport sur le sondage

79 %

des répondants au sondage prévoient que les redevances et les taxes et impôts augmenteront.

L’année 2022 pourrait bien être marquée par un plus grand nombre d’enjeux géopolitiques, y compris les changements de gouvernement et la nationalisation des ressources. Selon 79 % des dirigeants de sociétés minières, les redevances et les taxes et impôts devraient augmenter. Pour atténuer les risques, une approche diversifiée sera requise qui nécessitera, notamment, d’engager des pourparlers avec les gouvernements et de renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement.

Tendance no 5 : Capitaux

Puisque la disponibilité des capitaux dépend de plus en plus des cotes ESG, les sociétés minières doivent mettre en valeur leurs réalisations.

L’accès aux capitaux demeure difficile pour les sociétés du secteur des mines et métaux, les investisseurs ayant une aversion pour les risques liés aux facteurs ESG, à l’acceptabilité sociale des activités, aux préoccupations des collectivités et à la volatilité. Certaines entreprises détenant des actifs lourds en placements carbone évaluent les sources de financement de remplacement, comme le capital‑investissement.

Les sociétés minières qui rivalisent pour mobiliser des capitaux à prix raisonnable doivent mieux mettre en valeur leurs réalisations sur le plan financier et non financier. Des cotes ESG plus élevées peuvent donner accès à des sources plus importantes de capitaux à des prix intéressants. Puisque les capitaux sont restreints, les sociétés minières doivent également remanier leurs portefeuilles et repenser leurs investissements pour les aligner sur leur stratégie et tirer parti de l’évolution de la demande, y compris celle des minéraux destinés aux batteries.

Des cotes ESG plus élevées peuvent donner accès à des sources plus importantes de capitaux à des prix intéressants.

Tendance no 6 : Incertitude de la demande

En devenant plus agiles, les sociétés minières peuvent gérer la volatilité des prix, les menaces de substitution et les fluctuations de la demande.

La transition énergétique exerce une pression à la hausse sur la demande des minéraux qui sont des composants essentiels de l’énergie renouvelable, des véhicules électriques et des réseaux de stockage d’énergie. Pour répondre à cette demande, les sociétés minières devront relever les importants défis liés à l’approvisionnement, y compris l’accès aux capitaux, l’obtention de l’acceptation sociale des activités et le risque géopolitique associé à la concentration des minéraux dans quelques marchés seulement.

La menace de substitution est également réelle dans un secteur où les délais d’exécution des projets sont longs. En raison des avancées technologiques et de l’évolution de la transition énergétique, la demande de certains produits de base pourrait changer avant que les sociétés minières soient en mesure de s’ajuster. L’échéancier de la fabrication des batteries résume bien ce risque.

            Feuille de route du développement de la technologie de batteries selon EY

La modélisation de scénarios peut aider les sociétés minières à prévoir l’incidence de l’évolution de la demande, tandis que les accords d’approvisionnement pourraient atténuer le risque lié à la volatilité des prix. Certaines sociétés commencent à participer à des chaînes d’approvisionnement intégrées plutôt qu’aux marchés de produits de base.

Tendance no 7 : Numérique et innovation

Les sociétés minières ont recours à l’innovation pour améliorer la productivité, la sécurité et les facteurs ESG, qui sont au cœur de leurs priorités.

Le numérique et l’innovation ont été des outils clés pour les sociétés minières souhaitant améliorer la productivité. Nous prévoyons qu’elles auront davantage recours à la science des données, à la modélisation et à la planification de scénarios de façon à pouvoir prendre des décisions plus judicieuses en matière de coûts.

 

La pandémie de COVID‑19 a également révélé le potentiel qu’a le numérique d’améliorer la santé et la sécurité sur le lieu de travail. Les sociétés minières qui avaient déjà recours à l’automatisation et aux centres des opérations à distance ont mieux fait pendant la pandémie. Il n’est donc pas étonnant que notre sondage révèle que les entreprises ont l’intention d’accroître leurs investissements dans ces domaines.

Le déploiement des technologies fait également partie du programme ESG des sociétés minières. L’innovation numérique peut permettre de diversifier la gamme de produits en y intégrant des produits plus écologiques et d’améliorer la transparence de la communication d’informations.

            Priorités en matière de numérique d’ici un à deux ans

Tendance no 8 : Main‑d’œuvre

Il est possible de préparer la main‑d’œuvre pour l’avenir grâce à une culture et à des parcours professionnels axés sur l’inclusivité et un environnement de travail sécuritaire.

Les sociétés minières sont aux prises avec une pénurie de main‑d’œuvre compétente. Dans un secteur en évolution, vu le peu d’attrait qu’elles exercent et les fermetures de frontières, elles peuvent difficilement recruter des employés possédant les bonnes compétences. Pour rivaliser sur un marché tendu, les sociétés minières doivent offrir un milieu de travail susceptible d’attirer des travailleurs plus diversifiés. Le renforcement d’une culture axée sur la sécurité du milieu de travail doit être une priorité, et les sociétés minières doivent maintenir les programmes de santé mentale qu’elles ont commencé à offrir au début de la pandémie de COVID‑19. La diversité et l’inclusivité sont maintenant des enjeux prioritaires pour les investisseurs et doivent faire partie des directives du conseil d’administration des sociétés du secteur des mines et métaux.

Pour combler leurs lacunes importantes en matière de numérique, les entreprises du secteur devront investir considérablement dans une formation en ligne de qualité, parfois en collaboration les unes avec les autres ou avec des tiers.

            Infographie : Main-d’œuvre

Tendance no 9 : Nouveaux modèles d’affaires

Il existe six modèles susceptibles d’aider les sociétés du secteur des mines et métaux à exercer leurs activités dans un environnement plus volatil.

Compte tenu de la persistance de l’incertitude, les sociétés minières ont la possibilité d’évaluer la pertinence de leurs modèles d’affaires existants. Il existe six modèles susceptibles d’aider les sociétés minières à créer de la valeur dans un contexte de volatilité :

  • Le modèle de la valeur collective : Générer des rendements plus élevés au profit des collectivités hôtes et des gouvernements
  • Le modèle d’affaires circulaire : Réduire au minimum les déchets et les émissions
  • Le modèle de l’intégration verticale : Faire l’acquisition d’entreprises en aval, comme des constructeurs automobiles, et intégrer leurs activités
  • Le modèle de l’intégration horizontale sur le marché : Exercer des activités connexes, comme la fourniture de produits et services technologiques, pour stimuler l’innovation
  • Le modèle de coentreprises : Générer possiblement plus de valeur pour les parties prenantes et améliorer l’accès aux réserves et aux capacités
  • Le modèle de l’accord d’enlèvement : Offrir un accès à faible risque aux capitaux

Pour déterminer le modèle qui leur convient le mieux, les entreprises doivent d’abord évaluer la valeur, les risques et les possibilités inhérents à leur modèle actuel, puis planifier soigneusement les scénarios et réaliser une évaluation du marché de l’avenir.

Tendance no 10 : Productivité et coûts

Il est possible de réduire durablement les coûts en réalisant l’équilibre entre les gains à court terme et la valeur à long terme.

La pandémie de COVID‑19 a entraîné une hausse non seulement de la demande, mais également du coût des intrants, de l’expédition, des talents et des programmes de décarbonisation. La recherche d’un équilibre entre la réduction des coûts et l’amélioration de la productivité est un exercice complexe pour les sociétés minières qui veulent réaliser des gains à court terme tout en créant de la valeur à long terme.

La variabilité a une réelle incidence sur la productivité des sociétés minières. La gestion de cette incidence passe par ce qui suit :

  • L’amélioration de la modélisation géologique pour réduire l’incertitude
  • L’analyse de la performance des actifs pour faciliter la maintenance prédictive et améliorer la fiabilité
  • La rigueur opérationnelle pour générer des résultats uniformes
  • L’intégration de modèles d’exploitation alignés sur les marchés pour pouvoir répondre rapidement au changement

Les initiatives d’amélioration de la productivité axées sur les gens et habilitées par la technologie peuvent aider les sociétés minières à mener à bien des améliorations de bout en bout durables sans incidence défavorable pour l’acceptabilité sociale des activités.

Résumé

La disruption modifie en profondeur les risques et les possibilités auxquels le secteur mondial des mines et métaux fait face. Les facteurs environnementaux et sociaux comptent désormais parmi les principaux risques, et l’incertitude de la demande et les nouveaux modèles d’affaires font désormais partie de notre classement annuel. Bien que, selon les résultats du sondage, la volatilité ne disparaîtra pas, les possibilités qui s’offrent aux sociétés désireuses de se transformer pour générer de la valeur à long terme et créer un avenir durable devraient l’emporter sur les risques.