7 minutes de lecture 25 mars 2020
EY ‑ Perspective d'une drone sur les rues d'une ville

Tour d’horizon des marchés des capitaux canadiens : Composer avec la COVID‑19

Par Bill Wu

Associé, Conseils en marchés financiers, EY Canada – EY Privé

Leader motivé par sa passion pour la compréhension des besoins des entreprises et la prestation de solutions sur mesure.

7 minutes de lecture 25 mars 2020

Partout dans le monde, l’humanité vit une période sans précédent. La COVID‑19 a déjà eu d’énormes répercussions macroéconomiques à l’échelle mondiale et aura vraisemblablement des conséquences encore plus importantes. La baisse de la demande, la disruption des chaînes d’approvisionnement et la réduction des dépenses donneront lieu à des problèmes financiers, notamment en matière de liquidités. Les gens et les entreprises s’efforcent de comprendre les répercussions, d’atténuer les conséquences défavorables et de tirer parti des possibilités de cette situation.

Situation au pays : marchés des capitaux canadiens en 2020

  • Au cours des premières semaines de l’exercice 2020, l’optimisme et la confiance sont demeurés forts, l’exercice 2019 s’étant terminé sur une bonne note. Lorsque la COVID‑19 a commencé à se propager dans le monde entier jusqu’à être déclarée comme une pandémie mondiale par l’Organisation mondiale de la Santé (l’« OMS »), les consommateurs sont devenus plus prudents, craignant que la COVID‑19 influe sur les bénéfices des entreprises et l’accès au crédit.
  • Les mesures préventives prises par les pays et leurs instances gouvernementales respectives, ainsi que la méfiance des consommateurs quant aux perspectives à court terme, ont fait plonger les marchés des capitaux. Le 12 mars 2020, l’indice composé TSX (TSX) était en baisse d’environ 30 % par rapport à son niveau le plus élevé, et l’indice composé de la Bourse de New York (NYSE), d’environ 21 % par rapport à son sommet.
  • On s’attendait à ce que les effets économiques se fassent d’abord sentir en Chine, mais la pandémie a eu des répercussions sur les marchés des capitaux du monde entier. Les entreprises s’inquiètent que la propagation rapide de la COVID‑19 perturbe les activités et ampute les bénéfices, alors que le marché des prêts subit les contrecoups des ventes massives sur les marchés boursiers.
  • La Banque du Canada (la « BdC ») et la Réserve fédérale américaine (la « Fed ») ont pris des mesures proactives en abaissant leur taux du financement à un jour respectif, et ont toutes deux mentionné qu’elles fourniraient du soutien additionnel, au besoin. Le 16 mars 2020, le taux du financement à un jour de la BdC était de 0,75 %, et celui de la Fed était pratiquement nul, à 0,25 %.
  • Selon Oxford Economics, la propagation du virus dans des régions hors de l’Asie amputerait la croissance mondiale de 1,3 % cette année, ce qui équivaut à une perte de revenus de 1,1 billion de dollars américains. Ces données semblent concorder avec celles des études économiques existantes à l’égard des pandémies, qui indiquent une baisse potentielle du produit intérieur brut de 1 % à 5 % dans l’année de l’éclosion, selon la gravité de la pandémie.

Nos observations

  • Les mesures préventives instaurées graduellement en Chine et dans d’autres pays (p. ex., le télétravail, les fermetures d’usines) ont, dans certains cas, perturbé la chaîne d’approvisionnement. Les entreprises achètent désormais assez de stocks pour tenir de trois à six mois.
  • Les revenus des entreprises à capital fermé sont en baisse, et certaines sociétés ouvertes préviennent que la propagation rapide de la COVID‑19 pourrait perturber leurs activités et amputer leurs bénéfices.
  • Compte tenu des faibles taux d’emprunt à court terme, certaines grandes sociétés utilisent leurs marges de crédit et préservent leurs liquidités.
  • Les entreprises doivent revoir leurs priorités (les stratégies de croissance existantes étant mises de côté) et renforcer leur gestion du capital et des liquidités / de la trésorerie.
  • Les plans d’urgence et de continuité des activités sont mis à l’épreuve, et le fonds de roulement et les liquidités des entreprises sont aintenant resserrés.
  • Les banques et les fournisseurs de capitaux d’emprunt passent en revue leurs portefeuilles en vue de déceler les éventuelles failles.
  • Les entreprises se heurtent à leurs clauses restrictives / limites opérationnelles, et il est évident que celles-ci ne pourront souvent pas être respectées.

Que devraient faire les entreprises?

Être proactives dans les domaines suivants :

  1. Fortifier la structure du capital – Elles doivent s’assurer d’avoir un programme d’affectation des capitaux et de la trésorerie adéquat (c.‑à‑d. gérer les perturbations économiques engendrées par la COVID‑19). La bonne nouvelle est que les marchés des capitaux d’emprunt au Canada et aux États-Unis demeurent robustes; cependant, la propagation du virus a entraîné une réévaluation des risques pour une vaste gamme d’actifs, de sorte que des conditions financières moins conciliantes sont imposées.
  2. Réviser leur plan d’affaires – Si elles ne l’ont déjà fait, les entreprises devraient passer en revue leurs priorités pour 2020, soumettre leur bilan à une simulation de crise et déterminer les mesures à prendre pour corriger le tir.
  3. Solliciter des conseils et/ou des services professionnels, car la plupart des entreprises entrent dans des territoires inexplorés.

Taux à court terme

La BdC et la Fed ont pris des mesures proactives en réduisant deux fois les taux du financement à un jour en mars pour stimuler l’économie durant la pandémie de COVID‑19. Au moment d’écrire ces lignes, le taux du financement à un jour de la BdC était de 0,75 %, et celui de la Fed était pratiquement nul à 0,25 %. Les deux banques centrales ont annoncé des mesures de soutien supplémentaires, comme un programme de facilitation du crédit de 10 milliards de dollars pour les entreprises au Canada, et l’achat par la Fed d’une tranche additionnelle d’obligations du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires d’une valeur de 700 milliards de dollars américains. Le Canada et les États-Unis surveilleront de près leur économie respective et continueront de tenir des réunions avec les banques centrales des pays du G7 en vue de coordonner à l’échelle mondiale les efforts visant à atténuer un éventuel ralentissement du cycle économique.

Taux CDOR
Taux CDOR
Rendement des obligations de référence au Canada
Rendement des obligations de référence au Canada
EY ‑ Traînées de lumière de véhicules
(Chapter breaker)
 

Annexe

Tour d’horizon des marchés des capitaux canadiens

Points saillants / renseignements

Points saillants / renseignements concernant les marchés

Marchés des capitaux au quatrième trimestre de 2019

La valeur totale des prêts accordés a bondi de 12,1 %, pour s’établir à 77,4 milliards de dollars canadiens comparativement à 69,0 milliards de dollars canadiens au quatrième trimestre de 2018. Par rapport à l’année précédente, la valeur nominale des prêts accordés est demeurée stable; toutefois, les prêts sont plus fréquents, les entreprises du marché intermédiaire tirant parti du marché des capitaux d’emprunt relativement abordable.

Prêts accordés au Canada, de 2013 à 2019
Rendement des obligations de référence au Canada
Prêts accordés au Canada, du quatrième trimestre de 2017 au quatrième trimestre de 2019
Rendement des obligations de référence au Canada
Répartition des prêts selon leur objet

En 2019, la majeure partie des prêts continuent d’être destinés au refinancement (37 %) et aux fusions et acquisitions (« F&A ») (22 %). Les acquisitions par emprunt (22 %) et les recapitalisations/dividendes (6 %) ont aussi été importants. Les 14 % restants représentaient des prêts diversifiés. La courbe de rendement plate continue de favoriser le refinancement à l’aide de capitaux d’emprunt, les entreprises profitant de la situation pour échanger du capital à court terme contre du capital à long terme à moindre coût. Malgré une diminution des activités de F&A par rapport à 2018, les entreprises bénéficient d’une augmentation de leur part de marché et de la pénétration de nouveaux marchés.

Rendement des obligations de référence au Canada
Effet de levier

Vu le montant des liquidités excédentaires sur les marchés des capitaux, il n’est pas surprenant que les multiples d’effet de levier soient demeurés stables d’une année à l’autre, celui du marché intermédiaire ayant subi une légère diminution (5,5x par rapport à 5,6x en 2018), et celui des grandes sociétés ayant connu une légère hausse (5,3x par rapport à 5,2x en 2018).

Rendement des obligations de référence au Canada

Taux d’intérêt

Taux à long terme
  • Lorsque l’économie mondiale ralentit, les investisseurs se ruent habituellement vers les obligations, ce qui fait augmenter les prix et baisser le rendement des obligations. Cette situation est manifeste depuis novembre 2018, comme en témoigne la réduction de l’écart entre les taux à long terme et les taux à court terme.
  • Malgré une certaine remontée des rendements des obligations du Trésor pour la plupart des termes, les taux demeurent à des creux historiques.
  • Le rendement des obligations de référence au Canada a atteint son point le plus bas de l’année en août et au début de septembre 2019. Le rendement des obligations de référence à dix ans a, pour sa part, atteint son niveau le plus bas de l’année le 15 août 2019, soit 1,09 %.
  • La courbe du rendement des obligations canadiennes demeure plate, l’écart entre les obligations à deux ans et celles à dix ans n’étant que d’environ 0,5 %.
Rendement des obligations de référence au Canada
Rendement des obligations de référence au Canada
Marché des actions – Canada et États-Unis

Source : Rapport Global IPO Trends: Q4 2019 d’EY

  • Dans l’ensemble, les marchés des premiers appels publics à l’épargne (« PAPE ») des Amériques ont enregistré une performance respectable, malgré l’incertitude géopolitique et commerciale qui a plané tout au long de 2019.
  • En 2019, la majorité des PAPE dans les Amériques ont été effectués sur les marchés boursiers des États-Unis.Ces PAPE ont en effet représenté 77 % des stratégie et transactions et 93 % des produits. Vingt-quatre PAPE de « licornes » ont eu lieu aux États-Unis.
  • En 2019, la Bourse de Toronto et la Bourse de croissance TSX ont affiché 18 PAPE, qui ont permis de mobiliser 295 millions de dollars américains.
Activités sur les marchés des PAPE des Amériques en 2019
Rendement des obligations de référence au Canada
Bourse de Toronto et Bourse de croissance TSX du Canada en 2019
Rendement des obligations de référence au Canada

Source : Rapport Global IPO Trends: Q4 2019 d’EY
La valeur médiane des stratégie et transactions est calculée pour les PAPE réalisés jusqu’à la fin de la journée du 4 décembre.

Tous les montants sont en dollars américains, à moins d’indication contraire. Les données pour le quatrième trimestre de 2019 visent les PAPE réalisés entre le 1er octobre et le 4 décembre 2019, en plus des PAPE prévus jusqu’à la fin du mois de décembre. Pour ce qui est de l’année 2019, les données visent les PAPE réalisés entre le 1er janvier et le 4 décembre 2019, en plus des PAPE prévus jusqu’à la fin du mois de décembre. Données en date du 4 décembre 2019.

Résumé

Découvrez comment la situation actuelle du pays a touché la conjoncture des marchés financiers. Conseultez les dernières informations pertinentes sur le marché, les taux à court terme et familiarisez-vous avec la façon dont votre entreprise peut être proactive en cette période sans précédent.

À propos de cet article

Par Bill Wu

Associé, Conseils en marchés financiers, EY Canada – EY Privé

Leader motivé par sa passion pour la compréhension des besoins des entreprises et la prestation de solutions sur mesure.