5 minutes de lecture 9 mai 2020
Vue des maisons modernes d'en bas

Quelle solution pour les banques afin de se libérer de la politique monétaire?

Auteurs
Patrick Schwaller

Managing Partner Audit Financial Services | Switzerland

Reliable and trusted business partner. Gets things done. Pragmatic. Enjoys mountaineering.

Olaf Toepfer

Banking & Capital Markets Leader | Switzerland

Transformation leader. Passionate about shaping the banking industry of tomorrow. Father of three kids.

5 minutes de lecture 9 mai 2020

La perspective économique des banques s’est détériorée de manière significative. Les leviers d’une croissance rentable gravitent cependant autour du client.

Des taux d’intérêt bas, une volatilité faible et une incertitude importante. Ces sont les circonstances dans lesquelles les banques suisses opèrent à l’heure actuelle. Cela implique un grand nombre de défis. En ce qui concerne l’économie de marge d’intérêt, les banques dépendent de courbes de rendement normales dont les différences varient de manière significative entre rendements à court et long termes. Cependant, et contre les attentes de la plupart des banques sondées durant cette dernière année, la normalisation de la politique monétaire est devenue une perspective lointaine et les banques continuent à faire face à des taux d’intérêt négatifs et des courbes de rendement extraordinairement plates. Cela amène les marges de taux d’intérêt à se resserrer encore plus et influe sur la perspective économique des banques. En ce qui concerne l’économie de commission, les banques font aussi face à des marges de fuite et subissent l’impact d’une incertitude géopolitique et de préoccupations économiques grandissantes quant aux activités des investisseurs et des clients bancaires. À la lumière de ces développements, il n’est pas surprenant qu’un tiers des banques prévoient la chute de leurs profits à court et moyen termes (année précédente: 22% et 16%). Le ressenti au sein des banques de détail en particulier a souffert d’un déclin étonnant.

Les taux d’intérêt négatifs pour les épargnants se concrétisent de plus en plus, tandis que les hypothèques aux taux d’intérêt négatifs demeurent abstraites

La pression exercée sur l’économie de marge d’intérêt signifie que les banques appliquent de plus en plus des taux d’intérêt négatifs à leurs clients. Alors qu’en 2015 70% des banques sondées avaient refusé de façon catégorique à user des taux d’intérêt négatifs, la tendance actuelle est de seulement 21%. Plus de la moitié des banques (55%) — une croissance significative par rapport à l’année précédente (33%) — ont indiqué vouloir réduire le seuil d’application d’intérêt négatif aux avoirs de leurs clients.

Les taux d’intérêt négatifs sont déjà une réalité pour les clients privés à valeur nette élevée. Pendant encore combien de temps les banques vont-elles ménager les petits épargnants?

Ceci pose aussi la question de savoir si les banques suisses appliqueront un intérêt négatif à grande échelle sur les hypothèques. Elles s’accordent largement à cet égard: 83% parmi celles sondées considèrent cette option comme irréaliste.

Les modèles économiques traditionnels atteignent actuellement leurs limites et les banques reconnaissent le besoin de puiser dans de nouvelles sources de revenus

La poursuite de politiques monétaires onéreuses des banques centrales ainsi que les taux d’intérêt bas voir négatifs qui en résultent signifient que les banques ont besoin de plus en plus de prêts afin de stabiliser leur revenu d’intérêt net. Malgré le fait que les banques suisses se soient montrées relativement résilientes aux conditions difficiles de ces dernières années, elles font face à des questions fondamentales liées à leurs modèles économiques traditionnels. C’est particulièrement le cas pour les banques cantonales et régionales qui ont pour priorité l’économie de marge domestique et d’intérêt. La majorité des banques semblent aussi être arrivées à cette prise de conscience

Affaires de marge domestique et d’intérêt

83%

des banques sondées admettent la nécessité de puiser dans de nouvelles sources de revenus afin de maintenir leur pouvoir de gain.

Se concentrer sur les clients est la clé du succès

Mais comment peuvent-elles puiser dans de nouvelles sources de revenus? La plupart des banques (60%) s’accordent sur le fait qu’une plus grande importance doit être apportée aux clients. Les banques alors capables de placer leurs clients au cœur de leurs services de manière encore plus évidente compteront parmi les vainqueurs sur le long terme. Seule une petite partie (19%) pense que des mesures purement axées sur le produit suffiront à générer une source de revenus supplémentaire ou nouvelle. Cette évaluation suggère que les banques baseront plus encore leurs activités sur les besoins et demandes des clients, plutôt que sur la gamme de produits offerte.

Resserrer les coûts à court terme s’impose avant qu’une réorientation à long terme ne puisse avoir lieu

Alors que les banques reconnaissent le besoin fondamental de restructurer leur modèle économique, la rentabilité à court terme restera prépondérante. 39% des banques (année précédente: 32%) verront leurs coûts comme prioritaires lors des 12 prochains mois. Il s’agit de la figure la plus significative de ces trois dernières années. Se concentrer de manière croissante sur les coûts représente aussi un facteur dans le débat auquel fait face le système de compensation futur du secteur bancaire. Près du trois quarts (71%) des banques sondées a indiqué que la compensation versée au secteur financier sera réduite.

À ce jour, la durabilité a joué un rôle important uniquement dans le secteur d’investissement financier, et non dans celui du prêt

L’investissement durable est devenu bien plus qu’un problème pour les investisseurs et les clients ces dernières années. Les banques admettent largement qu’il s’agit bien plus qu’un débat médiatique et que la tendance à l’investissement durable continuera sur le long terme (81%). Au moins une petite majorité des banques (55%) prévoit de jouer un rôle significatif dans la lutte contre le réchauffement climatique. C’est pourquoi il n’est pas surprenant que 70% des banques prétendent à une augmentation de la gamme d’investissements durables. Malgré les résultats de ce sondage prouvant que les banques découvrent à leur avantage le sujet d’investissement durable, il semble que cette vision ne soit pas totalement intégrée à leur système de conseil et d’investissement ou de rapport. Le thème de l’écologie est une composante indispensable au rapport du fonctionnement d’un peu moins d’un tiers des banques (30%), et seulement 9% ont reporté informer leurs clients sur la durabilité (ESG) de leurs portefeuilles par le biais de rapports réguliers.

Le problème de durabilité ne joue actuellement aucun rôle important lors de prêt financier par les banques. Seule une minorité de 19% des banques sondées a affirmé prendre en considération les facteurs ESG lors de prêts, et seulement 25% avoir l’intention d’appliquer ces mêmes critères par la suite.

Les clients sont largement satisfaits de leurs banques mais seulement deux sur trois pensent que celles-ci agissent toujours dans l’intérêt de leurs clients

La grande majorité des clients (85%) est largement satisfaite des services offerts par leur banque. Il s’agit d’un résultat très encourageant pour les banques suisses mettant en évidence l’excellente qualité du service et conseil mise à disposition. Cependant, l’image des banques est moins positive lorsqu’il est question de savoir si elles agissent dans l’intérêt de leurs clients.

Seulement deux clients sur trois pensent que les banques agissent toujours dans l’intérêt de leurs clients.

Ce qui signifie qu’un tiers de la clientèle sondée exprime avoir des doutes quant à ce problème particulièrement crucial pour les banques.

Résumé

Des taux d’intérêt bas et le pouvoir croissant de la compétition remettent en question le modèle économique actuel des banques. Les banques sont plus que jamais confrontées à l’effondrement des marges dans l’économie de prêt et de commission. À court terme, les banques doivent se concentrer sur le rapport coût-efficacité. À long terme, sur le client et sur les produits durables.

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Patrick Schwaller

Managing Partner Audit Financial Services | Switzerland

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Olaf Toepfer

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