4 min de temps de lecture 10 déc. 2015

Diane Scemama : construisons le monde dont nous rêvons

Par

Sylvie Kermoal

Alumni Program Manager, France

Sylvie anime le réseau Alumni en offrant à ses 8 500 membres des occasions d’élargir leurs opportunités et expériences futures tout en nourrissant les liens qu’ils ont tissés avec EY.

4 min de temps de lecture 10 déc. 2015
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« Ces années ont été très riches de belles rencontres et de missions passionnantes auprès de fondations, d’associations. »

Quel souvenir gardez-vous de vos années chez EY ?

Je suis entrée chez EY en 2012 pour un stage de 6 mois en audit, à la suite duquel j’ai été embauchée au sein des équipes OSBL (organismes sans but lucratif). Ces années ont été très riches de belles rencontres et de missions passionnantes auprès de fondations, d’associations et d’universités. Le secteur non lucratif m’a toujours intéressée et je murissais déjà depuis la fin de mes études le projet Dream Act, pensé avec deux camarades de promotion, qui s’est révélé en lien avec mon activité professionnelle.

Durant l’année 2014, j’ai donc commencé à construire ce projet en parallèle de mon travail chez EY. Au début nous pensions monter une simple association, mais notre site a suscité dès son lancement un vif intérêt de la part des internautes, avec un taux de visite inespéré. Nous avons aussi commencé à gagner des concours, et de nombreux bénévoles ont rejoint l’équipe. Il m’est devenu difficile de concilier mon travail et mon projet. J’ai eu beaucoup de mal à quitter EY, mais le soutien de mon entourage professionnel m’a aidé à franchir le pas.

Votre expérience chez EY a-t-elle servi votre projet ?

EY m’a apporté beaucoup de rigueur, ce qui est important pour minimiser les erreurs. J’ai pu aborder plus aisément un business plan, les états prévisionnels… Travailler pour EY apporte aussi de la crédibilité vis-à-vis des partenaires financiers : tout devient un peu plus facile grâce à la notoriété du cabinet.

Comment vous est venue l’idée de Dream Act ?

Quand l’idée a germé, je rentrais d’Inde où j’avais travaillé dans un fonds de micro-crédit pour les femmes entrepreneurs solidaires. Avec mes deux colocataires, elles aussi étudiantes à la Neoma Business School, nous partagions l’envie de donner plus de sens à notre travail, de changer les choses à notre échelle. Mais dans notre consommation de tous les jours, nous ne nous sentions pas toujours en adéquation avec cette envie de bousculer nos habitudes. Nous sommes arrivées à la conclusion que c’était surtout par manque d’information sur les marques et les lieux solidaires. Il existait pourtant de nombreuses initiatives innovantes près de chez nous mais qui manquaient de visibilité.

Pouvez-vous nous présenter Dream Act ?

J’ai cofondé Dream Act avec mes deux anciennes colocataires qui sont devenues mes associées. Deux d’entre nous travaillent à plein temps sur le projet à Paris, la troisième étant chargée à temps partiel de développer l’activité au Luxembourg.

Dream Act est une plateforme internet qui référence toutes les initiatives sociales et solidaires de proximité, ainsi que les restaurants, bars, boutiques de mode, épiceries ou événements à caractère « responsable ». Aujourd’hui nous référençons plus de 300 initiatives dans quatre villes, grâce aux 45 bénévoles dont le rôle est de dénicher des lieux solidaires près de chez eux, d’interroger les entrepreneurs sociaux et d’alimenter le site. Nous les rencontrons régulièrement et animons cette communauté sur Facebook. Nous sommes continuellement à la recherche de nouveaux « Dream Ambassadeurs » pour diversifier nos initiatives. La plateforme attire 5 000 visiteurs uniques par mois, nombre que nous souhaitons augmenter à travers une campagne de communication et grâce à notre nouveau produit, la « Dream Act Box », un coffret surprise thématique qui fait découvrir trois à cinq produits à fort impact social et/ou environnemental et propose au client de devenir « un super-héros du quotidien ».

Quel est votre business model et comment vous rémunérez-vous ?

Notre rémunération provient de la partie e-commerce, avec une marge sur la vente de la Dream Act Box, dont les produits seront également vendus individuellement.

Quels sont vos projets pour l’année à venir ?

Nous aimerions tout d’abord développer notre clientèle afin qu’elle découvre nos belles marques solidaires et qu’elle achète nos coffrets. Nous sommes toujours à la recherche d’ambassadeurs qui nous permettront de composer de nouveaux coffrets thématiques et de les commercialiser.

Nous sommes représentés à La Rochelle, à Reims, au Luxembourg et bientôt à Toulouse et à Lille où nous avons une communauté de bénévoles. Nous estimons important de valoriser les territoires en montrant qu’il y a des entreprises sociales et solidaires hors Paris.

Nous espérons lancer très prochainement notre application mobile qui permettra de géolocaliser des lieux responsables et de gagner des points quand on achète dans des entreprises solidaires, comme une carte de fidélité solidaire multi-enseignes en somme. Nous aimerions aussi permettre à des entreprises d’utiliser cette application avec une interface dédiée pour impliquer leurs collaborateurs sur leur zone d’implantation.

Pensez-vous qu’il y a aujourd’hui une sensibilité plus grande à ces enjeux sociaux ?

Oui, tout à fait. Autant de la part des jeunes et des étudiants de grandes écoles, où se développent des chaires entrepreneuriales sociales, que de la part des entreprises. En témoigne l’intérêt de Price Minister qui a lancé sur son site un jeu-concours autour de l’environnement et qui a choisi d’associer Dream Act pour faire gagner par tirage au sort une Dream Act Box !

Ce qu'il faut retenir

C’est de retour d’un voyage en Inde que l’idée a germé dans la tête de Diane. Changer ses habitudes de consommation. C’est ainsi qu’est née Dream Act, une plateforme internet qui référence toutes les initiatives sociales et solidaires de proximité.

A propos de cet article

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Sylvie Kermoal

Alumni Program Manager, France

Sylvie anime le réseau Alumni en offrant à ses 8 500 membres des occasions d’élargir leurs opportunités et expériences futures tout en nourrissant les liens qu’ils ont tissés avec EY.

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