Le reporting d’entreprise a-t-il besoin d’un choc culturel ?

Le reporting d’entreprise a-t-il besoin d’une évolution des mentalités ?

Les organisations sont confrontées à une demande de transparence accrue de la part de ceux qui consultent leurs informations. Elles sont conscientes de l’importance de la démarche, que ce soit pour montrer aux investisseurs leurs efforts en termes de création de valeur ou pour gagner la confiance de leurs partenaires financiers ou d’autres parties prenantes.

Or, répondre à la demande de transparence appelle un changement d’approche global : l’organisation doit privilégier un reporting tourné vers l’avenir où les données financières sont combinées à des informations extra-financières. Un tel virage requiert une évolution des structures et des pratiques, mais aussi de la culture et des mentalités.

L’organisation doit adopter une culture et un regard nouveaux sur les informations qu’elle communique concernant ses activités, une culture fondée sur l’ouverture, l’authenticité et la responsabilisation. 

Lorsque la culture devient une composante du reporting d’entreprise, les responsables financiers peuvent construire la transparence réclamée par les investisseurs et les autres parties prenantes. Cette transparence inspire la confiance, confiance basée sur un reporting crédible, authentique et responsable.

Ces éclairages sur les changements nécessaires dans le reporting reposent sur les conclusions de l’étude 2019 menée par les services FAAS (Financial Accounting and Advisory Services) d’EY Global sur le reporting d’entreprise. Vous pouvez  consulter les données qui ont servi à réaliser cette étude, consulter les conclusions et comparer les résultats des différents pays et industries. 

Femme en vêtement asiatique dans une allée de lanternes chinoises
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Chapitre 1

Produire un reporting plus ouvert et plus responsable pour gagner la confiance des parties prenantes

La transparence demeure un élément primordial pour la pertinence du processus de reporting dans le temps, que les données transmises soient de nature financière ou d’une autre nature.

L’étude montre que la transparence demeure un élément primordial pour la pertinence du processus de reporting dans le temps, que les données transmises soient de nature financière ou d’une autre nature.Ainsi, 74 % des responsables financiers interrogés constatent que les investisseurs utilisent de plus en plus des informations extra-financières dans leur prise de décision et 76 % font part d’une pression sociétale grandissante incitant à davantage de transparence. Dans le même temps, le reporting d’entreprise fait l’objet de contrôles réglementaires accrus sur un certain nombre de marchés, avec des législateurs qui remettent en question les formats de reporting actuels.

Des parties prenantes qui attendent une plus grande transparence

74 %

des responsables financiers constatent que les investisseurs utilisent de plus en plus des informations extra-financières dans leur prise de décision.

Même si les informations extra-financières quantitative sont considérées comme la base d’une plus grande transparence, de nombreuses organisations ne les incluent pas dans leurs rapports. L’utilisation inégale des indicateurs clés de performance (KPI) quantifiables en est un bon exemple. Bien qu’ils gagnent du terrain dans les grandes organisations, seules 37% d’entre elles les utilisent lorsqu’il s’agit de culture.

Pour répondre à ces demandes, les équipes financières doivent définir des priorités :

Promouvoir une culture d’entreprise ouverte et responsable

Les responsables financiers considèrent que leurs équipes ont un rôle majeur à jouer dans la culture de l’organisation, avec leur crédibilité et leurs compétences comme levier d'amélioration. Interrogés sur la façon dont la finance peut soutenir et renforcer une culture d’entreprise saine, une finance « axée sur la transparence et l’ouverture » est la première qualité citée. Pour favoriser cette transparence, il faut établir et communiquer clairement sur les attentes de l’entreprise au regard des valeurs et comportements.

Préciser le rôle de l’équipe financière dans la communication d’informations non financières

Une équipe financière qui connaît son rôle dans la production du reporting d’informations extra-financières est davantage à même de fournir des informations crédibles et fiables aux parties prenantes. Si la transparence et l’ouverture sont essentielles pour répondre aux attentes des parties prenantes, la crédibilité et la fiabilité de ces données le sont tout autant. Les responsables financiers disposent de plusieurs moyens pour renforcer la fiabilité qui favorise la confiance. Ils peuvent, par exemple, recourir aux analyses de données ou mettre en place des contrôles.

Danse du dragon lors de la célébration du Nouvel An chinois
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Chapitre 2

Rétablir le rôle de la culture dans le reporting

La culture est considérée comme un élément fondamental pour le développement et la protection de la valeur dans l’organisation.

Les responsables financiers considèrent la culture comme un élément fondamental pour le développement et la protection de la valeur dans l’organisation. Bien que les KPI soient appliqués à la culture dans seulement une grande organisation sur trois, plus de trois quarts de ces organisations relèvent une demande croissante d’éclairages sur leur culture interne de la part des investisseurs.

Des investisseurs avides d’éclairages sur la culture de l’entreprise

79 %

des responsables financiers relèvent une demande croissante d’éclairages sur la culture de l’organisation de la part des investisseurs.

Lorsqu’il s’agit de culture d’entreprise, les écarts de conduite font souvent la une des journaux. Les réponses des responsables financiers lors de l’étude témoignent de l’importance du sujet. Elles indiquent de façon très nette que la culture n’est pas un sujet à prendre à la légère et qu'elle est n’est pas sans répercussions sur la valeur de l’entreprise. Pour 83 % d’entre eux, une culture d’entreprise saine, dont les valeurs et les comportements sont intégrés au quotidien, est indispensable pour établir la confiance. Près de 81 % des responsables financiers interrogés considèrent même qu’elle contribue à réduire les risques.

Lorsqu’elles considèrent l’application du reporting à la culture, les organisations doivent envisager plusieurs aspects :

Utiliser les données disponibles et définir des KPI de reporting lié à la culture d’entreprise

Pour communiquer sur leur culture, les organisations ne manquent pas de matériau. Elles brassent déjà d’immenses volumes de données qu’elles n’ont plus qu’à convertir en KPI de reporting culturel fiables. Parmi les responsables financiers interrogés, 79 % reconnaissent disposer des données nécessaires pour offrir des éclairages culturels. Pour autant, transmettre ces informations n’entre pas dans les pratiques courantes de la majeure partie des organisations. À titre d’exemple, à peine la moitié d’entre elles publient des chiffres sur l’engagement de leurs salariés et moins de la moitié communiquent sur les problème de compliance ou les lanceurs d’alerte.

Plusieurs points préoccupent les organisations concernant le reporting lié à leur culture, notamment le contrôle et la qualité des données utilisées. Ce reporting parviendra-t-il à satisfaire les attentes fortes des parties prenantes ? Une approche globale, incluant la recherche ou le développement des compétences nécessaires, complétée par la mise en place de contrôles constitue un début de réponse. Pour ces organisations, la réponse prendra très certainement la forme d’une approche complète, qui commencera par la recherche ou le développement des compétences utiles et sera parachevée par la mise en place de contrôles.

Déployer le changement de culture au sein de l’équipe financière

Grâce à ce changement d’approche, l’équipe finance est motivée et encouragée à collaborer, à échanger et à adopter une approche plus transparente avec les parties prenantes. Notre étude montre que 71 % des responsables financiers considèrent qu’une amélioration de la transparence nécessite une évolution dans la culture de leur équipe financière. Une partie du problème réside dans le fait que bon nombre d’entre eux pensent que leurs équipes sont perçues comme peu disposées à prendre des risques ou seulement focalisées sur les performances passées. Il est évident que changer une culture n’est pas une démarche aisée. Les responsables financiers doivent énoncer les valeurs et les comportements attendus, et les appliquer eux-mêmes.

Deux personnes se tenant la main lors du festival de Masskara aux Philippines
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Chapitre 3

Développer la confiance dans l’analyse de données et l’intelligence artificielle

Les organisations s’attaquer au sujet de l’objectivité et de la crédibilité de manière à ce que les informations extra-financières bénéficient de la même confiance que les données financières.

Avec les données comme piliers de la transparence, les informations extra-financières doivent être aussi crédibles et fiables que les données financières. Plusieurs défis attendent toutefois les responsables financiers qui cherchent à développer la confiance à l’égard des informations extra-financières.

Un défi, et non des moindres, réside ainsi dans l’exploitation des informations extra-financières. Comment les utiliser tout en gérant les éventuels risques associés ? La conformité et la confidentialité des données sont plus que jamais à l’ordre du jour. La question de la confiance, de l’objectivité et de la crédibilité des données se pose également, en particulier quand certaines technologies interviennent dans la capture et l’analyse de ces données, comme la RPA (Robotic Process Automation) et l’IA (Intelligence artificielle). Le sujet se révèle d’autant plus délicat que 60 % des directeurs financiers de groupe estiment que les données financières issues de l’IA ne sont pas aussi fiables que celles produites par les systèmes financiers existants.

Pour renforcer la confiance accordée aux analyses de données et à l’IA, les efforts doivent être axés sur deux priorités :

Déployer des outils de pointe pour recueillir et analyser les immenses volumes de données

Aujourd’hui, deux technologies sont au service du reporting : le RPA et l’IA. Alors que la première permet de réaliser plus efficacement des tâches qui demandent du temps et de l’argent, la seconde analyse les informations pour apporter de nouveaux éclairages. Mais pour la plupart des équipes financières, il reste du chemin à parcourir avant que ces deux technologies dépassent le stade des projets pilotes isolés vers un déploiement à grande échelle. Seulement 30 % des contrôleurs financiers interrogés déclarent se servir du RPA pour automatiser la collecte de données destinées au reporting d’entreprise et moins de 30 % recourent à l’IA pour réaliser des analyses fines et obtenir des éclairages basés sur les données.

Pour conduire ces déploiements, les responsables financiers doivent exercer une gestion habile des risques.

Offrir l’assurance que les données publiées issues des systèmes de reporting reposant sur ces nouvelles technologies sont crédibles et fiables

La plupart des systèmes financiers actuels bénéficient de contrôles et de la confiance des investisseurs. Un crédit dont ne dispose pas l’IA dont la fiabilité est remise en doute par les directeurs financiers. Pour 60 % d’entre eux, la qualité des données financières produites par l’IA n’est pas aussi fiable que celle apportée par les systèmes financiers actuels. L’IA suscite également des réserves quant aux risques que son utilisation peut engendrer. L’IA suscite également des réserves quant aux risques qu’elle peut véhiculer.

Une confiance à instaurer dans l’intelligence artificielle

60 %

des directeurs financiers de groupes estiment que les données financières issues de l’IA ne sont pas aussi fiables que celles produites par les systèmes financiers existants.

Célébration du festival de Diwali
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Chapitre 4

Les prochaines étapes

Une culture saine favorise la création de valeur de l’entreprise, tout comme une culture qui ne l’est pas peut mettre en péril la valeur de l’entreprise.

Le rôle de la culture sur la valeur d’entreprise ne peut pas être plus évidente : la valeur ne peut être développée sans une culture saine, mais est mise en péril par une culture préjudiciable. Avec le temps, la culture va occuper une place grandissante dans le reporting d’entreprise. Elle s’imposera en premier lieu à travers les équipes financières, qui joueront un rôle déterminant dans la transparence du reporting en instaurant une culture ouverte et responsable dans un véritable esprit de collaboration avec les investisseurs et une réelle volonté de répondre à l’évolution rapide des demandes de reporting. En second lieu, la culture prendra de l’importance vis-à-vis des parties prenantes, auxquelles les organisations fourniront des éclairages crédibles et pertinents sur leur culture interne, montrant le lien entre celle-ci et les performances.

Selon toute probabilité, la création d’une culture ouverte et responsable dans le reporting d’entreprise reposera sur trois domaines d’action :

     
  1. La mise en place d’une approche robuste du reporting culturel
  2. La mise en place d’une approche robuste du reporting lié à la culture d’entreprise
  3. La construction d'une confiance et d'une éthique autour de l’IA
 

Ce qu'il faut retenir

Quand on parle de reporting, les organisations admettent être confrontées à une demande de transparence de la part de ceux qui consultent leurs informations. Or, répondre à la demande de transparence appelle un changement d’approche global : l’organisation doit privilégier un reporting tourné vers l’avenir où les données financières sont adroitement mêlées à des informations d’autres natures.

Pour mettre en place ce reporting, l’organisation doit adopter une culture et un regard nouveaux sur les informations qu’elle communique concernant ses activités. Une telle évolution s’effectue sur plusieurs axes : en produisant un reporting plus ouvert et plus responsable afin de gagner la confiance des parties prenantes, en rétablissant le rôle de la culture dans le reporting et en montrant la fiabilité de l’analyse de données et de l’intelligence artificielle.