6 min de temps de lecture 22 déc. 2020
Les nouveaux confinements entraînent à nouveau le marché des voitures neuves à la baisse

Les nouveaux confinements entraînent à nouveau le marché des voitures neuves à la baisse

Par Jean-François Bélorgey

Associé, Audit, Transports, Automobile, France

Expert reconnu du secteur automobile et des transports, auquel il a consacré toute sa carrière.

6 min de temps de lecture 22 déc. 2020
Thématiques associées Automobile et transports Transports COVID-19

En novembre, les ventes de voitures neuves ont à nouveau connu une baisse significative dans l’ensemble de l’UE. Découvrez l’analyse de Jean-François Belorgey, Associé EY et responsable du secteur de la mobilité.

En résumé
  • La tendance du marché européen des voitures neuves est clairement à la baisse
  • Les parts de marché des motorisations électriques atteignent un nouveau sommet historique
  • La France est dans la tendance moyenne du marché européen sur les motorisations électriques.

La tendance du marché européen des voitures neuves est clairement à la baisse : les nouvelles immatriculations de voitures de tourisme ont reculé de 12 % en novembre (contre 8 % en octobre), portant à 25 % la régression depuis le début de l’année en cours. À de très rares exceptions près, cette tendance s’est observée dans l’ensemble de l’UE, où tous les principaux marchés ont connu une croissance négative. Jean-François Bélorgey, Associé EY et responsable du secteur de la mobilité, s’attend à une fin d’année très en repli : « Décembre, en raison du relatif renforcement des mesures de confinement, s’annonce encore plus médiocre que novembre sur de nombreux grands marchés. »

Immatriculations de voitures neuves

12%

de baisse en novembre

« L’évolution sur le marché des voitures neuves est préoccupante », constate Jean-François Belorgey. « Dans l’Union européenne (UE), au total, il se sera vendu cette année environ un tiers de voitures neuves en moins par rapport à 2019. De plus, l’évolution actuelle des contaminations ne laisse rien présager de bon pour la première moitié de 2021. Fermeture des garages et des concessions, couvre-feux, nouveau ralentissement de l’économie : ce sont autant de facteurs qui mettront à rude épreuve la construction automobile, mais aussi tout le secteur de la distribution en aval. Les mois à venir seront particulièrement durs pour tout le secteur. »

Immatriculations de voitures neuves par constructeurs 

Europe de l’Ouest (UE14 + EF + TA + UK) 

Les motorisations électriques continuent leur ascension

Mais il faut également noter quelques bonnes nouvelles : en raison des soutiens publics à l’achat de véhicules à motorisation électrique et d’une offre de modèles de plus en plus attrayante, les ventes de voitures de tourisme électriques connaissent un envol plus affirmé que jamais. 

La demande de voitures électriques neuves a connu une énorme progression au cours des derniers mois, au point que les constructeurs ont du mal à suivre la demande.

Jean-François Belorgey

Associé EY et responsable du secteur de la mobilité

 

Sur les cinq plus grands marchés d’Europe de l’Ouest (Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Espagne), une voiture neuve sur sept vendue en novembre était une électrique, les parts de marché de l’électrique passant ainsi à un niveau record de 14,6 % – après s’être établies à 11,5 % en octobre et à 10,6 % en septembre, contre seulement 3,3 % en novembre 2019. En Allemagne, c’est même une nouvelle immatriculation de tourisme sur cinq qui a concerné une tout-électrique ou une hybride rechargeable en novembre – là encore un record.

« La demande de voitures électriques neuves a connu une énorme progression au cours des derniers mois, due dans une mesure non négligeable à un généreux soutien public : en l’espace d’un an, les parts des motorisations électriques sur le marché des voitures neuves ont ainsi plus que quadruplé. Au point que les constructeurs ont du mal à suivre la demande », observe Jean-François Bélorgey, « et que les délais de livraison peuvent parfois être très longs. ».

Vente de voitures électriques

285%

d’augmentation par rapport à novembre 2019

Au total, les ventes de tout-électriques sur les cinq principaux marchés ont connu en novembre un bond de 285 % par rapport au même mois de l’année précédente : c’est plus de quatre fois plus. C’est en Allemagne (plus 523 %) et en Italie (plus 350 %) que cette croissance a été la plus marquée.

Pour les hybrides rechargeables, la progression est encore plus vigoureuse : le nombre de nouvelles immatriculations pour ce type de voitures a été en hausse de 273 % sur les cinq grands marchés européens. Les taux de croissance les plus élevés ont été enregistrés en Italie (plus 403 %) et en Allemagne (plus 383 %).

En novembre, les tout-électriques ont obtenu leurs parts de marché les plus importantes en Allemagne (10,9 %) et au Royaume-Uni (9,1 %). Les hybrides rechargeables se sont le mieux vendus en Allemagne (part de marché : 10,6 %) et en France (7,1 %). 

La forte progression des ventes de voitures électriques neuves représente pour les constructeurs un soulagement dans un contexte où il leur faut impérativement élargir la part des motorisations électriques dans leurs ventes de véhicules neufs.
Jean-François Belorgey,
Associé EY et responsable du secteur de la mobilité

Jean-François Bélorgey ne doute pas que le boom actuel des électriques va se poursuivre, du moins dans la mesure où il sera possible de se procurer et de faire immatriculer des voitures neuves. « Les soutiens publics à l’achat des tout-électriques et des hybrides rechargeables demeurent et stimulent la demande pour ces véhicules. » En Allemagne notamment, la règle fiscale des 0,5 % ou des 0,25 % dont bénéficient les voitures d’entreprise dans leur prise en compte à titre d’avantage en nature dans le calcul de l’impôt sur le salaire s’avère particulièrement intéressante pour les hybrides rechargeables et les tout-électriques, ce qui explique sans doute en bonne partie leur succès commercial dans ce pays.

« Quant aux constructeurs, la forte progression des ventes de voitures électriques neuves représente pour eux un soulagement dans un contexte où il leur faut impérativement élargir la part des motorisations électriques dans leurs ventes de véhicules neufs s’ils veulent atteindre leurs objectifs en matière d’émissions de CO2 », indique Jean-François. « Le succès tout particulier des hybrides rechargeables sur de nombreux marchés s’explique non seulement par les mesures d’encouragement généreuses, mais aussi par un avantage décisif, celui de ne pas poser de problèmes d’autonomie et de rayon d’action. »

Alors que les motorisations électriques sont en plein boom, le moteur thermique classique se trouve dans un creux. C’est ainsi que les ventes de voitures neuves à essence ont régressé de 35 % en novembre sur les cinq grands marchés européens, tandis que le nombre de nouvelles immatriculations de voitures diesel reculait de 30 % « seulement », confirmant la tendance des derniers mois. Les thermiques pures ont ainsi totalisé en novembre des parts de marché de 66 %, contre 87 % pour le même mois de l’année passée. 

La France dans la tendance moyenne du marché européen sur les motorisations électriques

Sur l’ensemble du marché, les constructeurs français affichent des performances contrastées en novembre, mais sont plutôt dans la moyenne depuis le début de l’année.

En ce qui concerne les motorisations électriques (EV ou PHEV), le marché français est également dans la moyenne européenne, à peine en-dessous pour les purs électriques et à peine au-dessus pour les plug-in hybrides et ceci tant en termes de parts de marché que de croissance.

Un point intéressant à noter est la place significative prise par des véhicules de marques étrangères dans le top 10 des véhicules électriques immatriculées en France.

Ce qu'il faut retenir

La tendance à la baisse du marché automobile s’est observée dans l’ensemble de l’UE, où tous les principaux marchés ont connu une croissance négative. Fermeture des garages et des concessions, couvre-feux, nouveau ralentissement de l’économie sont autant de facteurs qui mettent à rude épreuve la construction automobile. Quelques bonnes nouvelles sont à noter tout de même : en raison des soutiens publics à l’achat de véhicules à motorisation électrique et d’une offre de modèles de plus en plus attrayante, les ventes de voitures de tourisme électriques connaissent un envol plus affirmé que jamais.

A propos de cet article

Par Jean-François Bélorgey

Associé, Audit, Transports, Automobile, France

Expert reconnu du secteur automobile et des transports, auquel il a consacré toute sa carrière.