3 min de temps de lecture 15 avr. 2019
otaries chassant et dévorant des maquereaux

Pourquoi la réorganisation du portefeuille est devenue une priorité

La rapidité des ruptures force les cadres à revoir plus fréquemment leurs portefeuilles pour en vérifier les risques et les opportunités.

Les analyses de portefeuille sont de plus en plus fréquentes. Pour la première fois dans les enquêtes Global Capital Confidence Barometer d’EY, le nombre d’entreprises qui passent en revue leurs portefeuilles chaque trimestre est plus important que celles qui les analysent seulement une fois par an. 

Si cette tendance était surtout observée dans les pays occidentaux, les entreprises asiatiques commencent elles aussi à suivre le mouvement. Le pourcentage d'entreprises susceptibles de passer en revue leurs portefeuilles tous les trimestres au lieu de tous les ans est passé de 9 % à 57 %. 

La réorganisation active du portefeuille devrait permettre aux dirigeants d’identifier les domaines de sous-performance potentielle ou les opportunités de croissance émergentes avant leurs concurrents.

Revoir fréquemment ses portefeuilles favorise la circulation des capitaux et les investissements dans les zones de croissance

Les investissements ciblés et l’ajustement de l’allocation du capital sont les nouvelles normes pour les équipes dirigeantes. Ils sont le fruit de leurs réflexions en matière de gestion de portefeuille.

Ces réflexions leur permettent d’identifier les actifs à céder, que ce soit en raison de leur mauvaise performance ou parce qu’il existe un risque de rupture.

Les cessions doivent faire partie intégrante de toute stratégie active de portefeuille. Lorsqu’elles sont fréquentes et stratégiques, elles réduisent l’excès de confiance qui peut s’accumuler au fil du temps dans une structure organisationnelle complexe. Les cessions sont également une forme relativement peu coûteuse de financement de nouvelles opportunités de croissance.

Les cadres doivent être constamment prêts à prendre la décision de désinvestir lorsque les faits plaident en ce sens. Cet état d’esprit stratégique du « toujours actif » renforce l’agilité et la flexibilité qui seront essentielles pour stimuler une croissance supérieure au PIB dans une économie mondiale à faible croissance.

Une allocation de capital diversifiée est créatrice de valeur

Pour les équipes dirigeantes, les principales priorités en matière d’allocation du capital sont l’investissement dans les activités existantes et l’investissement dans le numérique et la technologie pour transformer l'entreprise. En mettant l’accent sur leur propre écosystème à travers différents angles (numériques, géopolitiques, économiques et démographiques), les dirigeants devraient être plus réactifs à mesure que les marchés évoluent.

Si les cadres ont l’intention de restructurer leurs activités existantes en procédant à des acquisitions et des cessions, ils en profiteront également pour réorganiser activement leurs portefeuilles afin d’accélérer leur croissance.

Les cadres ont un avis très équilibré sur les décisions à prendre pour améliorer la structure du capital, procéder à des acquisitions et restituer du capital aux actionnaires.

Les entreprises doivent adopter une approche solide et structurée de l’allocation du capital qui leur permettra de mieux capter la valeur dans l’environnement actuel de rupture. Elles doivent développer la flexibilité nécessaire pour évaluer rapidement les opportunités d’investissement nouvelles et émergentes.

La pression des investisseurs activistes pousse à évaluer et à réorganiser plus régulièrement les portefeuilles

De nombreux cadres d’entreprises publiques subissent la pression d’investisseurs activistes. Cela n’a rien de nouveau. Le principal motif de l’investisseur activiste est d’obtenir un rendement accru grâce à une meilleure valeur actionnariale. Cependant, ce qui peut être surprenant, c’est que, d’après les personnes interrogées dans notre enquête, ces activistes pousseraient davantage aux M&A qu’aux cessions. Cette pression répond à un impératif : créer de la valeur.

Les investisseurs activistes prendront généralement tous les renseignements dont ils ont besoin avant d’investir et d’exposer leur vision stratégique. C’est pourquoi les cadres devraient engager des investisseurs activistes pour jauger la pertinence et la rentabilité de leur stratégie. Beaucoup d’activistes ont également une grande connaissance des médias. Les entreprises doivent donc savoir s’exprimer de manière à la fois convaincante et claire.

  • Méthodologie de l’enquête

    Le rapport Global Capital Confidence Barometer mesure la confiance des entreprises en fonction des perspectives économiques et identifie les tendances et pratiques des conseils d’administration dans leur manière de gérer les priorités financières .Il s’agit d’une enquête régulière auprès des cadres de grandes entreprises du monde entier, réalisée par Thought Leadership Consulting, une entreprise Euromoney Institutional Investor. Notre panel comprend des clients et des contacts EY mondiaux triés sur le volet et des contributeurs réguliers de Thought Leadership Consulting.

    • En février et mars, nous avons interrogé plus de 2 900 cadres répartis dans 47 pays ; 68 % étaient des PDG, des directeurs financiers ou d’autres cadres dirigeants.
    • Les personnes interrogées représentaient 14 secteurs, dont ceux des services financiers, de la grande consommation et de la vente au détail, de la technologie, des Life Sciences, de l’automobile et des transports, du pétrole et du gaz, de l’électricité et des services publics, des mines et des métaux, de la fabrication de pointe et de l’immobilier, de l’hôtellerie et de la construction.
    • Les chiffres d’affaires annuels mondiaux des entreprises sondées ont été classés comme suit : moins de 500 M de dollars (25 %) ; entre 500 et 999,9 M de dollars (24 %) ; entre 1 et 2,9 Mds de dollars (21 %) ; entre 3 et 4,9 Mds de dollars (9 %) ; et plus de 5 Mds de dollars (21 %).
    • Les entreprises ont également été classées selon les types de propriété suivants : cotée en bourse (54 %), privée (40 %), familiale (4 %) et publique (2 %).

Ce qu'il faut retenir

L’enquête Global Capital Confidence Barometer (pdf) d’EY mesure la confiance des entreprises en fonction des perspectives économiques et identifie les tendances et pratiques des conseils d’administration dans leur manière de gérer les priorités financières.

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