Communiqué de presse

25 mai 2020

Effondrement historique du marché européen des voitures neuves avec des perspectives de redressement incertaines

Au sein de l’Union Européenne, le marché des voitures neuves a connu en avril un recul sans précédent de 75 % par rapport au même mois de l’année précédente.

Contacts presse

Amélie Fournier

Responsable service relations médias

Amélie est responsable du service de relations médias pour la France. Elle est notamment en charge des expertises Consulting, EY Société d’Avocats et d’autres secteurs

Jean-François Bélorgey

Associé, Audit, Transports, Automobile, France

Expert reconnu du secteur automobile et des transports, auquel il a consacré toute sa carrière.

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Les pays les plus impactés sont la Belgique, la France, le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne où les immatriculations de véhicules neufs ont été en recul de près de 90 % ou davantage.

Principaux enseignements de cette étude

  • En avril, les ventes de voitures neuves ont chuté de 75 % pour l’ensemble de l’Union Européenne
  • Les écarts sont marqués entre le Sud et le Nord : l’Europe du Sud connaît les reculs les plus importants
  • Alors que les parts de marché des motorisations électriques atteignent un niveau record, les nouvelles immatriculations sont en baisse, même pour les voitures électriques.
  • Pour l’ensemble des pays de l’Union Européenne, un recul des ventes d’un tiers est attendu en 2020

Les mesures prises par les États pour faire face à la crise sanitaire ont eu des effets très divers en Europe : les pays scandinaves connaissent une baisse d’environ un tiers pour un recul d’environ deux tiers pour l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, alors qu’en France, comme dans le reste du Sud de l’Europe, le marché a subi un arrêt presque total. « Dans la plupart des pays européens, les restrictions s’assouplissent actuellement et la vie publique commence à reprendre son cours, encore qu’à un rythme et une intensité variables selon les pays. Ces assouplissements devraient se refléter également dans les immatriculations de véhicules neufs. » explique Jean-François Bélorgey, Associé EY et responsable du secteur de la mobilité. Pour le mois de mai, le marché pourrait reculer d’environ 50 % à l’échelle européenne par rapport au même mois de 2019.

Relance du marché automobile :
une impulsion conjoncturelle s’impose

La détérioration massive du climat de consommation a particulièrement affecté le secteur automobile. Le Gouvernement étudie actuellement un plan de relance du secteur qui intégrera des incitations à la transition écologique. Selon Jean-François Bélorgey, la définition de ces aides doit se faire avec tact, car les mesures d’incitation à l’achat peuvent avoir des effets de déformations de marché. Elles doivent être prises avec un effet rapide, voire immédiat pour stimuler la relance du marché et éviter de générer des effets d’attente qui iraient à l’opposé de l’effet recherché. Les contraintes européennes en vigueur depuis début 2020 sur les émissions moyennes de CO2 par kilomètre représentent une réelle opportunité pour la compétitivité française car elles poussent à la conversion de marché vers les véhicules électriques qui sont fabriqués dans les terres traditionnelles de production des constructeurs français et européens.

Les parts de marché de l’électrique
toujours en progression

En mars, les immatriculations de voitures électriques neuves ont continué à progresser sur de nombreux marchés. Toutefois, ce segment est également impacté par la crise. Ainsi, sur les 5 principaux marchés de l’électrique en Europe de l’Ouest – Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Espagne –, les ventes de véhicules neufs tout-électriques ont baissé en avril de 36 % et les nouvelles immatriculations d’hybrides plug-in ont reculé de 17 %. Il faut noter que ce recul, somme toute moins important, des hybrides plug-in est dû uniquement à leur développement resté soutenu en Allemagne, où le nombre de nouvelles immatriculations sur ce segment a augmenté de 84 %. Les autres pays y ont enregistré des baisses massives.

Concernant les voitures à essence et diesel, l’évolution des nouvelles immatriculations est plus impactée : sur les 5 principaux marchés, les ventes de voitures à essence ont régressé de 86 %, celles des voitures diesel de 84 %. Les parts de marché des voitures électriques neuves ont progressé en conséquence : sur les 5 principaux marchés, la part des véhicules tout-électriques est passée de 1,3 à 5,1 %, celle des hybrides plug-in passant de 0,8 à 4,0 %. Les modèles électriques totalisent ainsi une part de 9,1 % sur les 5 principaux marchés (année précédente : 2,1 %). « Par rapport à ces chiffres spectaculaires, il faut garder à l’esprit que pour tenir les objectifs de la COP 21 de Paris, il faudrait que ces véhicules atteignent une part de 13% de manière continue pendant plusieurs années » explique Jean-François Bélorgey.

Perspective : pour l’ensemble de l’UE,
les ventes seront en recul d’au moins
un tiers en 2020

Depuis début 2020, le marché français des voitures neuves se situe à 48 % au-dessous du niveau de la même période de l’année précédente ; à l’échelle de l’UE, on observe un recul de 38% par rapport à la même période.

« La réouverture des garages et des concessions dans de nombreux pays a certes un effet stabilisateur, mais risque malheureusement de ne pas être pas suffisant pour faire revenir les clients en masse dans les showrooms. En effet, les répercussions de la pandémie du covid-19 se font sentir de plus en plus massivement en termes conjoncturels tant pour les consommateurs particuliers que pour les entreprises. Même les locations de voitures, qui dans certaines parties de l’Europe constituent un très important segment d’achat de véhicules neufs, vont pratiquement cesser leurs commandes de nouvelles voitures, voire annuler celles qui étaient passées. » indique Jean-François Bélorgey, associé EY et responsable du secteur de la mobilité.