8 min de temps de lecture 15 sept. 2020
Performance économique et sociale des start-ups françaises du numérique

Performance économique et sociale des start-ups du numérique en France

Par

Franck Sebag

Associé, Assurance, Middle Market, Fast Growing Companies leader, Western Europe, France

Vaste expérience dans les domaines de l’audit et du conseil auprès de sociétés privées publiques, et une connaissance approfondie des marchés financiers mondiaux.

8 min de temps de lecture 15 sept. 2020

Les start-ups du numérique poursuivent leur croissance d’activités notamment à l’international et continuent de recruter et de rechercher des talents, malgré la crise de la COVID-19 dont nous commençons à mesurer les impacts.

Découvrez les enseignements de ce baromètre 2020 :

  1. L'expansion internationale est cruciale pour atteindre la prochaine étape de croissance 
  2. Les start-ups numériques continuent de recruter et de rechercher des talents 
  3. Les entrepreneurs voient l’écosystème numérique français d’un bon œil 
  4. Crise sanitaire de la COVID-19 : les premières leçons à tirer 

Plus de 500 start-ups ont répondu à notre enquête pour la 9ème édition de ce baromètre, présenté lors du FDDAY le 15 septembre 2020.

    (Chapter breaker)
    1

    Partie

    Croissance

    L'expansion internationale est cruciale pour atteindre la prochaine étape de croissance

    En 2019, la croissance des start-ups françaises du secteur du numérique s’est poursuivie avec un chiffre d’affaires (CA) en augmentation de 23%, comparé à 20% lors de l’édition 2019 de ce baromètre. La majeure partie du CA des participants à cette enquête (66%) a été réalisée en France. Toutefois, pour accélérer leur croissance, il est crucial que les start-ups se concentrent sur le développement des ventes à l’international. En effet, celles qui ont un CA de plus de 20M€ ont généré 37% de leurs ventes à l’international, contre seulement 23% pour les start-ups réalisant moins de 20M€ de CA.

    Pour se développer à l’international, les start-ups françaises du secteur du numérique ont besoin d’attirer des investisseurs étrangers. En 2019, 31% des répondants comptaient au moins un investisseur étranger dans leur capital. Le montant moyen des fonds levés depuis la création des start-ups jusqu’en 2019 a augmenté de 30% par rapport à 2018, pour atteindre 17,6M€ (contre 13,5M€ en 2018).

    Les fonds de capital-risque sont un soutien important pour ces entreprises : 80% des répondants disent en tirer avantage. Et 58% des start-ups déclarent allouer les fonds levés en priorité aux investissements dédiés au développement de produits et de technologies, 24% au développement commercial et au marketing.

    Croissance du chiffre d’affaires

    +23%

    de CA en 2019 par rapport à 2018

    Part du chiffre d’affaires à l’étranger en 2019

    34%

    des ventes sont réalisées hors de France

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    2

    Partie

    Recrutement

    Les start-ups numériques continuent de recruter et de rechercher des talents

    Le recrutement de personnels qualifiés reste l’une de leurs principales priorités. Entre 2018 et 2019, l’effectif des entreprises qui ont participé au baromètre a augmenté de 28%, et 5 905 emplois ont été créés au sein de 427 sociétés. La plupart de ces emplois (85%) ont été créés en France, ce qui montre que l’Hexagone a la capacité de former des talents. Même si la parité n’est toujours pas atteinte dans l’écosystème numérique français, des efforts sont faits : les femmes représentent 36% des effectifs. Toutefois seulement 10% des dirigeants sont des dirigeantes.

    Bonne nouvelle : 86 % des employés des entreprises répondantes ont des contrats à durée indéterminée, même si 77% d’entre elles font appel à des consultants en freelance, et ce quelle que soit leur taille.

    Si le télétravail était déjà une pratique courante, il s’est fortement développé lors du confinement en 2020. Il ne fait aucun doute qu'il sera de plus en plus déployé dans les prochaines années. 

    Avant la crise sanitaire de la Covid-19, le recrutement des talents constituait encore le principal obstacle au développement des start-ups. Selon 42% des répondants, les profils les plus recherchés sont les fonctions de développement commercial et de marketing, et 45% estiment que les programmeurs et développeurs sont les profils les plus difficiles à recruter. 

    Emplois créés en 2019

    5905

    dont 85% en France

    Les consulants en freelance, une alternative

    77%

    des répondants y ont recours

    Attirer des talents reste un défi

    63%

    considèrent que recruter est la principale barrière à leur développement

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    3

    Partie 3

    Ecosystème numérique

    Les entrepreneurs voient l’écosystème numérique français d’un bon œil

    Pour aider les start-ups à se développer et à accélérer leur croissance, le gouvernement français mets plusieurs aides financières à leur disposition, notamment pour encourager l'innovation. Notre enquête révèle que 60% des participants utilisent le crédit d'impôt recherche, 50% le crédit d'impôt innovation et 42% bénéficient du statut de « Jeune Entreprise Innovante ».

    Pour favoriser leur croissance, il est crucial que les start-ups ouvrent leur capital social aux investisseurs. La plupart du temps les investisseurs possèdent moins de la moitié du capital social des start-ups générant moins de 5M€ de CA, contre plus de 50% pour les CA supérieurs à 5M€.

    En 2019, quatre start-ups sur cinq perçoivent leur écosystème régional comme étant dynamique, et 42% d’entre elles le qualifient de très dynamique.

    Un écosystème régional dynamique

    80%

    perçoivent leur écosystème régional comme étant dynamique

    Partie 4
    (Chapter breaker)
    4

    Partie 4

    Crise sanitaire de la COVID-19

    Les premières leçons à tirer

    Ce baromètre nous a permis d’identifier les premières leçons à tirer de cette crise sanitaire qui a profondément bouleversé l’écosystème de la French Tech. La plupart des participants considèrent que leurs activités ont été fortement impactées par la pandémie, au point de diminuer leur prévision de CA pour 2020 et de revoir leur plan de recrutement (61% des répondants) pour faire face à la crise dans les mois à venir.

    Dans ce contexte exceptionnel, les start-ups ont obtenu des aides gouvernementales. En effet, 83% des participants ont souscrit un prêt garanti par l'État (PGE), et 52% ont bénéficié du chômage partiel durant le confinement, notamment pour leurs employés des départements d’administration des ventes et du marketing. Toutefois, sur les volets des levées de fonds, les réponses sont plus rassurantes puisque 74% des start-ups qui prévoyaient d’initier un tour de table dans les six prochains mois le feront comme prévu ou reporteront à une date ultérieure, sans pour autant être abandonné.

    Un nouveau modèle de télétravail a été exceptionnellement déployé avec succès puisque 88% des start-ups considèrent que son recours a été efficace durant le confinement. La plupart d’entre elles déclarent vouloir généraliser ce mode de travail à l’avenir.

    Sans surprise, les start-ups françaises du numérique font face au manque de demande depuis le début de la pandémie. Par conséquent, les clients sont au cœur des préoccupations de 30% des dirigeants depuis la fin du confinement. Notons toutefois qu’il faudra plus de temps pour évaluer la résilience de l’écosystème et la manière dont les start-ups géreront cette crise sur le long terme. 

    Résilience durant le confinement

    70%

    déclarent ne pas avoir rencontré de difficultés financières

    Manque de trésorerie

    57%

    disposent de moins de 12 mois de trésorerie disponible

    • Méthodologie

      Ce baromètre est établi sur la base d’une enquête réalisée auprès de start-ups remplissant les critères suivants :

      • Avoir établi son siège social en France
      • Ne pas être cotée sur un marché ou être cotée depuis moins de 5 ans
      • Exercer une activité dans le secteur du digital
      • Les données financières communiquées sont relatives aux années 2019 et 2018

      502 start-ups ont répondu à notre enquête (contre 356 en 2019) dont la moyenne d’âge est de 6 ans.

      EY est impliquée en tant que tiers de confiance pour consolider les réponses des participants et assurer la confidentialité des informations individuelles fournies par les répondants.

      Il est important de noter que Critéo n’est pas incluse dans l’édition 2020 du baromètre dans la mesure où la société est désormais cotée depuis plus de 5 ans. Dans les précédentes éditions, Critéo constituait l’un des principaux contributeurs en termes de montant de chiffre d’affaires, de nombre d’employés et de montant de fonds levées. Afin de comparer des données à périmètre équivalent, les informations relatives à Critéo sont exclues de l’étude 2020.

    Ce qu'il faut retenir

    En 2019, la croissance des start-ups françaises du secteur numérique s’est poursuivie avec un chiffre d’affaires en augmentation comparé à l'année précédente. Toutefois, pour accélérer leur croissance, il est crucial que les start-ups se concentrent sur les ventes à l’international et attirent des investisseurs étrangers. 

    Le recrutement de personnels qualifiés reste l’une de leurs principales priorités : cependant, avant la crise sanitaire de la Covid-19, le recrutement des talents constituait encore le principal obstacle au développement des start-ups. 

    La plupart des start-ups ont vu leurs activités fortement impactées par la pandémie, et ont notamment diminué leur prévision de CA pour 2020 et ont l’intention de revoir leur plan de recrutement. Sans surprise, les start-ups françaises du numérique font face au manque de demande depuis le début de la pandémie : par conséquent, les clients sont au cœur des préoccupations des dirigeants depuis la fin du confinement. 

    A propos de cet article

    Par

    Franck Sebag

    Associé, Assurance, Middle Market, Fast Growing Companies leader, Western Europe, France

    Vaste expérience dans les domaines de l’audit et du conseil auprès de sociétés privées publiques, et une connaissance approfondie des marchés financiers mondiaux.