4 min de temps de lecture 3 sept. 2020
Baromètre EY du capital risque en France - 1er semestre 2020

Baromètre EY du capital risque en France - 1er semestre 2020

Par

Franck Sebag

Associé, Assurance, Middle Market, Fast Growing Companies leader, Western Europe, France

Vaste expérience dans les domaines de l’audit et du conseil auprès de sociétés privées publiques, et une connaissance approfondie des marchés financiers mondiaux.

4 min de temps de lecture 3 sept. 2020

La #FrenchTech, « antifragile » ? La publication de ce baromètre est l’occasion de faire le point sur la vitalité de la #FrenchTech dans un monde bien différent de celui dans lequel nous vivions il y a six mois.

La crise sanitaire a fait office de test grandeur nature pour la FrenchTech, qui affichait jusqu’ici une croissance et une santé insolentes. Il est vrai que l’année avait commencé sur les chapeaux de roues. A la fin du mois de janvier, le rythme de croissance par rapport à l’an passé était de 94 %... La portée exceptionnelle de cette crise à l’échelle mondiale nous a cependant brutalement rappelé l’existence de ces événements rares et extrêmement difficiles à prévoir que le statisticien Nassim Nicholas Taleb décrit dans ses ouvrages sous les traits d’un cygne noir (Le cygne noir, la puissance de l’imprévisible, Les Belles Lettres).

Cette crise a déjà agi comme un révélateur et un accélérateur des tendances à l’œuvre dans nos sociétés. Elle a testé et testera encore dans les prochains mois l’équilibre et la résilience de l’écosystème français, et au-delà, son « antifragilité », c’est-à-dire sa capacité à réagir positivement à l’accroissement de la volatilité, de l’incertitude.

Montants levés par les start-up en France

Depuis le mois de janvier, les entreprises innovantes françaises ont réalisé 360 opérations de levées de fonds, pour un montant de 2,7 Md€, (en baisse de 3 % en valeur et 7 % en volume). Ce qui constitue une performance remarquable dans ce contexte.

Dans le Top 5 figurent Ecovadis, avec 182 M€ de fonds levés, ContentSquare (173 M€), Manomano (125 M€), BackMarket (110 M€) et Qonto (104 M€). Il est intéressant de signaler que le nombre de tours supérieurs à 100 M€ en France n’a jamais été aussi important depuis la création de ce baromètre.

Comme dans tout séisme, il est nécessaire d’être attentif aux répliques. Cependant, j’ai l’intime conviction que ces temps troublés sont aussi autant d’occasions pour faire émerger de nouvelles entreprises leaders.

Franck Sebag,

Associé, Fast Growing Companies leader Western Europe.

 

Investissements par secteur

Sur le plan sectoriel, les sociétés de logiciels et de services internet continuent de concentrer plus de 50 % des fonds levés en valeur. Toutefois la période a été propice aux secteurs des Life Sciences qui croit de 46 % (449 M€ contre 308 M€) ainsi que celui des Fintech qui, au fil des semestres, devient de plus en plus prépondérant en France (304 M€ contre 207 M€, +45 %).

Investissements par stade de maturité

Investissements par région

Au niveau géographique, l’Ile-de-France reste incontestablement la région leader de cet écosystème, ses start-up ayant capté 73 % des montants levés et 57 % des opérations. La région Auvergne-Rhône-Alpes conserve sa 2e place (avec 9 % des investissements en valeur et 14 % en nombre), suivie par la région Occitanie qui arrive à la 3e place (avec 5 % des investissements en valeur et 6 % en nombre), devançant les régions Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur, pourtant habituées au podium lors de nos précédentes éditions.

Comparatif des investissements au Royaume-Uni, Allemagne et France

Sur le plan européen, la France retrouve sa 2e position derrière le Royaume-Uni et devant l’Allemagne. Dans ces deux pays, les baisses ont été beaucoup plus fortes, respectivement de 9 % et 20 % (en valeur). Les raisons sont à chercher du côté des opérations de Growth Capital (levées supérieures à 100 M€) qui accusent une baisse de 80 % en Allemagne et 54 % au Royaume-Uni alors qu’en France, elles affichent une progression de 19 % (toujours en valeur). Signalons que dans le même temps sur le segment Venture Capital (levées <100 M€), alors que la France voit ses investissements baisser de 9 %, ceux du Royaume-Uni et de l’Allemagne progressent respectivement de 28 % et 30 %.

Quelles conclusions tirer de ce premier semestre 2020 ?

La #FrenchTech a encaissé ce premier choc d’une violence extrême. Une partie de la résilience de l’écosystème est liée à la qualité des fondateurs de ces entreprises qui vivent au quotidien une volatilité extrême qui leur impose une agilité de tous les instants. Elle provient aussi des fonds d’investissement et du gouvernement qui ont pleinement joué leurs rôles afin de soutenir ces sociétés pendant cette période.

Comme dans tout séisme, il est nécessaire d’être attentif aux répliques. Cependant nous avons l’intime conviction que ces temps troublés sont aussi autant d’occasions pour faire émerger de nouvelles entreprises leaders. Il est probable que les prochains mois soient placés sous le signe des build-up et que les levées de fonds ne se tarissent pas encore sur le prochain semestre !

Ce qu'il faut retenir

La FrenchTech a encaissé ce premier choc d’une violence extrême. La crise a testé et testera encore dans les prochains mois l’équilibre et la résilience de l’écosystème français, et au-delà, son « antifragilité », c’est-à-dire sa capacité à réagir positivement à l’accroissement de la volatilité, de l’incertitude.

A propos de cet article

Par

Franck Sebag

Associé, Assurance, Middle Market, Fast Growing Companies leader, Western Europe, France

Vaste expérience dans les domaines de l’audit et du conseil auprès de sociétés privées publiques, et une connaissance approfondie des marchés financiers mondiaux.