5 min de temps de lecture 29 mars 2021
Transformation : les 3 avantages de la Digital Factory

Transformation : les 3 avantages de la Digital Factory

Par Sébastien Courcambeck

Directeur, Consulting, Technology Transformation, France

Sébastien accompagne les DSI (secteurs publics et privés) dans leur transformation digitale et SI, de l’établissement de la vision stratégique à l’optimisation de l’efficience opérationnelle.

5 min de temps de lecture 29 mars 2021
Thématiques associées Technologie EY Consulting

Pour réussir pleinement leur transformation digitale, de nombreuses entreprises créent une "Digital Factory". Véritable catalyseur du changement, découvrez 3 raisons d'adopter la Digital Factory dans votre organisation.

Pour réussir pleinement leur transformation digitale, de nombreuses entreprises créent une "Digital Factory". Véritable catalyseur du changement, découvrez 3 raisons pour en mettre une en place dans votre organisation.
En résumé
  • Une Digital Factory constitue une base avancée pour opérer la refonte complète des modes de travail et des processus
  • Structure évolutive et éphémère par construction, la Digital Factory reste un catalyseur du changement, un outil temporaire
  • La Digital Factory peut être un outil très efficace pour digitaliser profondément une entreprise

Faire du digital" ou "être digital" ? Initialement le modèle des Digital Factories était de tester des projets et des idées dans un environnement contrôlé et de les étendre ensuite – ou non – à l’ensemble de l’organisation. Avec quelques années de recul, elles évoluent et souhaitent s’imposer comme des outils incontournables pour délivrer des solutions fonctionnelles en intégration directe avec les métiers et transformer durablement l’entreprise.

1. Une Digital Factory permet de casser les silos en créant un lieu de collaboration bien identifié et centré sur les besoins des clients finaux

Nombreuses sont les entreprises à avoir engagé un plan de digitalisation, qu’il ait été prévu avant la pandémie ou accéléré par celle-ci. Transformer une organisation humaine, a fortiori lorsqu’il s’agit de remettre à plat une logique qui a prévalu pendant des années avec succès, n’est cependant pas chose facile.

La volonté de changement peut être bien ancrée dans l’organisation et partagée par plusieurs personnes clefs, les initiatives se heurtent souvent aux murs supposés ou réels au sein des organisations et restent par conséquent limitées à un périmètre restreint. Pourtant, la digitalisation demande d’être pensée à l’échelle de l’organisation, car elle implique souvent de construire – ou transformer profondément – le socle technologique et informatique, de recueillir et exploiter des données de façon transverse à l’entreprise, et de faire évoluer les méthodes.

Bien organisée, une Digital Factory peut constituer une base avancée pour opérer la refonte complète des modes de travail et des processus.

Sébastien Courcambeck

Directeur, Consulting, Technology Transformation, France

 

Dans ce contexte, une Digital Factory peut constituer un véritable atout. En étant identifiée comme un lieu de rencontre où l’échange entre différents services est plus que nécessaire, elle rassemble toutes les initiatives et les innovateurs individuels. Bien organisée, elle peut constituer une base avancée pour opérer la refonte complète des modes de travail et des processus. Il faut dire qu’affranchie des processus habituels, elle bénéficie d’une structure de décision simplifiée qui permet de voir des résultats rapidement.

Une des particularités des Digital Factories est d’être centrée autour du besoin client. Leur objectif principal est de proposer des solutions qui répondent au besoin client, de mettre ces solutions rapidement à disposition des clients et d’interagir avec eux pour sonder leur satisfaction, le tout dans une approche de Test & Learn.

Les ressources de l’entreprise sont donc clés et la Digital Factory a besoin d’assurer son intégration à l’entreprise pour montrer toute sa valeur ajoutée. Ce recentrage sur les besoins client est ainsi utilisé comme catalyseur et accélérateur pour passer outre les silos de l’entreprise.

2. L’objectif d’une Digital Factory est de disparaître

Beaucoup d’entreprises reculent devant l’idée de mettre en place un organe dédié à leur transformation, par peur du décalage qu’il peut produire s’il est insuffisamment lié aux autres directions ou parce que la mécanique nécessaire au transfert des talents demande du temps et des ressources. Il ne faut cependant pas oublier que le but ultime d’une Digital Factory est… de disparaître.

Structure évolutive et éphémère par construction, la Digital Factory reste un catalyseur du changement, un outil temporaire. Tous les moyens qui lui sont alloués sont au service de la croissance future : un investissement qui peut s’avérer très rentable si l’entreprise parvient à créer un avantage compétitif qui lui ouvre la porte d’un marché émergent, ou la rend durablement plus efficiente dans son fonctionnement à l’ère digitale.

Une Digital Factory, au-delà de la mise en place d’un nouvel environnement technologique (IT) et de nouveaux processus, se focalise sur le changement des habitudes de travail et d’état d’esprit, soit l’une des transformations les plus difficiles à mener au sein d’une organisation.

Une fois ces différentes transformations complètement acquises et diffusées dans la totalité de l’entreprise, la Digital Factory aura atteint son but, à savoir transformer profondément le mode de fonctionnement de l’entreprise et de ses collaborateurs, et pourra ainsi disparaître au profit de l’entreprise digitale.

3. Un retour d’expérience qui permet d’éviter les écueils

Depuis ses débuts il y a environ 5 ans, le concept de Digital Factory a gagné en maturité. Grâce aux nombreuses expérimentations réalisées notamment au sein de grandes entreprises, les principaux écueils qui pourraient venir gripper le mécanisme sont maintenant bien connus : résistance au changement, difficulté de collaboration, désalignement avec la stratégie globale de l’entreprise, etc. Ils peuvent donc être plus facilement évités, à condition de s’appuyer sur les compétences nécessaires. Cela doit notamment permettre d’atteindre plus facilement le passage à l’échelle, et d’éviter que les produits de la Digital Factory demeurent éternellement des Proofs of Concept (POC) sans valeur perçue suffisante pour l’entreprise.

L’expérience montre par exemple qu’il est très important de désigner un promoteur ou référent respecté au sein de l’entreprise. Cette personne pourra en effet à la fois soutenir les décisions, mobiliser le personnel et faire la promotion de la Digital Factory en interne. Ce rôle est essentiel pour prévenir les effets de la démotivation qui pourraient résulter d’un démarrage trop lent ou d’un blocage dû aux silos historiques de l’organisation.

Un autre aspect essentiel à considérer est la façon dont la Digital Factory s’intègre dans l’entreprise. D’un point de vue technologique, l’organisation de cette cellule agile doit en effet dès sa conception être pensée pour être cohérente avec les outillages et méthodes des équipes de la DSI (sécurité, compliance, infra/ops…) afin qu’il n’y ait pas de développement IT « hors sol », dont le relais ne puisse être pris ensuite par le reste de l’organisation.

La bonne pratique consiste à organiser une phase de démarrage où les équipes sont formées à la mise en route des projets et à l’industrialisation (méthodologies, technos, go-to-market, coaching, etc.). Cette phase est d’ailleurs l’occasion d’associer tous les départements de l’entreprise dans un processus de co-création au service de l’utilisateur ou du client final. Une étape qui permet donc d’initier immédiatement le changement de perspective (des produits au client, des silos aux données).

Si l’ensemble de ces étapes doivent être pensées en amont, elles sont aujourd’hui connues et maîtrisées, et commencent à faire leurs preuves. Elles montrent en tout cas que la Digital Factory peut être un outil très efficace pour digitaliser profondément une entreprise et qu’il est possible de ne pas aborder sa digitalisation en ordre dispersé.

Et vous ? Comment abordez-vous votre transformation digitale ?

Merci à Gabriel Le Lièvre De La Morinière, collaborateur EY dans les équipes Technology Consulting, qui a contribué à la réalisation de cette tribune.

Ce qu'il faut retenir

Depuis ses débuts il y a environ 5 ans, le concept de Digital Factory a gagné en maturité et fait en sorte d’évoluer pour éviter que ses produits ne demeurent éternellement des POC sans valeur suffisante pour l’entreprise.

Elle s’impose aujourd’hui comme un outil très efficace dans la digitalisation des entreprises et constitue une preuve que cette dernière peut ne pas être abordée en ordre dispersé.

A propos de cet article

Par Sébastien Courcambeck

Directeur, Consulting, Technology Transformation, France

Sébastien accompagne les DSI (secteurs publics et privés) dans leur transformation digitale et SI, de l’établissement de la vision stratégique à l’optimisation de l’efficience opérationnelle.