Paperjam, January 2017

La révolution Fintech: un incontournable au Luxembourg?

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Le monde du Fintech, pour son innovation et son caractère disruptif, est  constamment sous le feu des projecteurs et suscite de nombreuses convoitises.

Les nouveaux modes de consommation et de production des services financiers bousculent les certitudes des acteurs traditionnels du secteur avec moins d’intermédiation et un accès plus simple et plus rapide aux services financiers. Les nouvelles générations, comme en témoigne le récent EY Fintech Adoption Index, consomment  de plus en plus de services financiers en ligne ou sur mobile, offrant une expérience client différente, avec un accès simultané à plusieurs types de services, et tout cela à des prix attractifs.

Il est donc naturel pour le Luxembourg, de par son ancrage dans le secteur financier et technologique, de considérer le Fintech comme vecteur de diversification et relais de croissance majeur pour l’avenir de son économie.

Les atouts du Luxembourg – réactivité et flexibilité

Historiquement, le Luxembourg s’est positionné sur le secteur du paiement comprenant le potentiel offert par la Directive Européenne sur les paiements de 2007 pour devenir une place incontournable du secteur. Et tout cela avec le résultat que l’on connaît!

Le Luxembourg a depuis lors poursuivi la diversification du secteur en favorisant le développement de plateformes de monnaies virtuelles, du Big Data ou encore des RegTech. Ce début de diversification a été principalement permis par le dynamisme du Gouvernement mais aussi par la réactivité de la CSSF sur des sujets tels que les monnaies virtuelles. Le volontarisme des acteurs privés de la place - acteurs des services financiers, start-ups locales, cabinets de consulting ou via l’organisation de nombreux évènements et conférences dédiées au Fintech - participent également au dynamisme du secteur localement.

Luxembourg ne risque-t-il pas de rater le train du Fintech?

L’ancrage de l’économie luxembourgeoise dans le secteur financier traditionnel a favorisé l’éclosion d’acteurs à très fort potentiel dans les domaines du RegTech, des Robo-Advisors, du data analytics, du KYC ou encore dans le domaine de la technologie encore balbutiante du blockchain et sur laquelle le Luxembourg se doit de créer une expertise à la pointe.

De grandes capitales européennes telles que Berlin, Londres ou Paris, ou des pays comme Israël, cherchent aussi à s’imposer comme des places fortes du Fintech. La création d’incubateurs à grande échelle, de labels reconnus tel que la French Tech, de communautés et de réseaux d’entrepreneurs et l’accès accru aux financements privés font montre d’une véritable accélération des concurrents de la place luxembourgeoise.

Certains pans du secteur, tels que les Insurtech, plateformes de gestion de fortune pourtant très liés au secteur financier traditionnel luxembourgeois, sont pour le moment inexistantes malgré de forts potentiels de croissance.

Le Luxembourg se doit donc de poursuivre ses efforts et de développer une véritable coordination entre les acteurs de la place avec le support du Gouvernement pour ainsi renforcer à la fois l’attractivité et la visibilité de la place et l’accompagnement des start-ups localement et internationalement. A n’en pas douter le Luxembourg possède tous les atouts pour s’affirmer comme un acteur de référence. Mais il est temps de donner priorité à l’action!