AGEFI Luxembourg, September 2017

Energie renouvelable contre énergie conventionnelle : quel est le meilleur choix pour vos investisseurs ?

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La signature de l’accord de Paris sur le climat en 2016 semble avoir fait prendre un virage décisif aux principales nations industrielles, et notamment dans le cadre de leurs engagements à vouloir réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Petit à petit, la nécessité d’opérer une véritable révolution verte et de se projeter dans un nouveau modèle de développement plus vertueux et respectueux de l’environnement s’impose et gagne les consciences des opinions publiques et des milieux économiques.

Dès lors, l’amorce d’une transition énergétique d’envergure vers les énergies renouvelables et les nouvelles technologies propres paraît inévitable et inéluctable aux dépens des énergies fossiles traditionnelles. Pour autant est-il opportun de dire que le match entre énergies conventionnelles et énergies renouvelables est joué d’avance ?

L’industrie énergétique a dû faire face à un certain nombre de défis ces dernières années. La chute du prix du pétrole a affecté la viabilité de bon nombre de projets et de compagnies du secteur et par extension la performance des fonds spécialisés dans l’énergie, avec pour conséquence de faire croître un sentiment de défiance des investisseurs à l’égard de cette classe d’actifs spécifique que constituent les ressources naturelles dans leur ensemble. Malgré ces réticences, il convient de remarquer que les fonds non-listés investissant principalement dans  le secteur énergétique conventionnel ont réalisé un IRR net avec une médiane de 10,3 %* avec un IRR pouvant aller jusqu’à 23,7 %* pour les meilleures performances. Ceci démontre que les fonds de type conventionnel n’ont pas dit encore leurs derniers mots et que cette sous-classe d’actifs est encore capable de générer des retours sur investissement très intéressants et très appréciés des investisseurs.

L’autre défi de taille qui s’oppose à l’hégémonie de l’énergie conventionnelle sur la classe d’actifs repose sur  le fait qu’émergent de plus en plus de projets d’énergies renouvelables économiquement viables. Même si les coûts de production demeurent plus élevés que ceux des énergies conventionnelles, l’amélioration des technologies et la consolidation du secteur tendent à réduire cet écart de manière significative, faisant des énergies renouvelables un mode de production de plus en plus compétitif. Ainsi, même s’il est vrai que la levée de capitaux des fonds d’énergies renouvelables reste inférieure à celle des fonds d’énergies conventionnelles et que leurs performances sont plus faibles que ces dernières, il n’est pas utopique de penser que cette tendance va s’inverser à moyen terme suite à la signature de l’accord de Paris en 2016 et l’engagement de nations majeures à développer l’utilisation des énergies renouvelables et des technologies afférentes.  Par ailleurs, un nombre croissant d’investisseurs institutionnels sont de plus en plus soucieux de respecter un certain nombre de critères sociaux, environnementaux et de bonne gouvernance et font le choix de se tourner massivement vers les énergies renouvelables. Dans le même temps, certains  des plus gros véhicules d’investissement historiquement tournés vers les énergies conventionnelles ont pris le parti de mieux diversifier leur portefeuille en adoptant une stratégie mixte investissant à la fois dans des actifs d’énergies renouvelables et non-renouvelables.

Il reste toutefois encore un certain nombre de défis techniques à surmonter pour augmenter la compétitivité des actifs d’énergies renouvelables ainsi qu’un certain nombre d’enjeux et de débats politiques qui vont sans aucun doute complètement remodeler dans le futur le secteur énergétique. Même si l’accord de Paris est indiscutablement une avancée majeure dans le concert des nations à s’accorder sur la lutte contre le réchauffement climatique, on voit avec le revirement de l’administration américaine que les arguments écologiques se heurtent encore bien souvent aux intérêts économiques nationaux. 

A court terme, la décision de l’OPEP de contenir la production de pétrole devrait permettre aux sociétés qui opèrent dans le secteur des énergies conventionnelles de se stabiliser et d’aider les fonds à continuer de générer des niveaux de rentabilité très attractifs. Ce qui est à peu près certain, c’est que la demande mondiale en énergie va continuer d’augmenter sur le long terme, et ce particulièrement dans les pays émergents qui entreprennent des projets à large échelle pour faire progresser le niveau de vie de leurs populations. Même si la tendance des investisseurs est de verdir leur portefeuille, il paraît peu probable que seule le déploiement d’énergies renouvelables sera suffisant pour satisfaire cette boulimie de consommation et que des opportunités d’investissement vont continuer à se créer à la fois dans le secteur des énergies renouvelables et des énergies conventionnelles pour des investisseurs soucieux de déployer leurs capitaux.