Wort, Septembre 2017

Nouvelles règlementations européennes : vers plus de transparence et une accélération de la digitalisation des processus financiers

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La révolution numérique est à la fois une menace et une opportunité pour les assureurs et les gestionnaires d’actifs mais également pour les distributeurs et les conseillers en produits financiers. Beaucoup d’initiatives prises en faveur de la digitalisation se sont principalement concentrées sur l’utilisation  des réseaux sociaux et le lancement « d’apps » destinées au consommateur final. Cependant, il ne s’agit là que d’une des nombreuses étapes du processus de digitalisation de la relation client.

Il est important de poser les bonnes questions au cours du processus : par exemple, ce produit financier me permet-il d’avoir une somme suffisante pour payer les études de mes enfants ? Plus que jamais, les clients sont demandeurs de transparence et souhaitent disposer des informations nécessaires à leurs prises de décisions. Il faut être en mesure de comprendre et d’anticiper leurs besoins afin de proposer un produit adapté.

Les nouvelles réglementations européennes contribuent elles aussi à cette tendance en demandant plus de transparence et de gouvernance du produit. Par exemple, la directive sur la distribution d’assurance (DDA) oblige l’assureur à effectuer un test de pertinence avec le client avant la vente du produit, dans lequel un profilage doit être fait. Pour se faire, les nouvelles réglementations mises en place : la DDA, le règlement Produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance (PRIIPs) ainsi que la directive Marchés d’instruments financiers révisée (MiFID II) , requièrent de la part de l’initiateur du produit, une définition précise du marché cible sous divers critères (par exemple pour MiFID II : type de clients, connaissances et expériences, situation financière et capacité à supporter les pertes, tolérance au risque, objectifs et besoins des clients).

La réglementation PRIIPs introduit même un changement fondamental, puisqu’elle fournit non seulement les performances passées, mais aussi des scénarios de performance futurs permettant de répondre à la question la plus critique du client : que vais-je obtenir à l’échéance de mon investissement ? Par exemple, au bout de 18 ans dans le cas d’un  plan d’épargne d’éducation mentionné ci-dessus.

Une autre information intéressante figurera aussi dans le DIC (Document d’Informations Clé) requis par PRIIPs : le coût total ou le coût annuel. A partir de 2018, les clients n’auront donc plus besoin de parcourir une longue documentation fastidieuse  pour identifier les coûts totaux d’un produit d’assurance. En trois pages, le client recevra toutes les informations nécessaires y compris un nouvel indicateur de risque qui, de la même manière que dans le DICI (Document d’Informations Clé d’Investissement requis pour les fonds par UCITS), indique le risque du produit sur une échelle de un à sept.

Une autre force de la réglementation PRIIPs est la structure et le texte prédéfinis, qui permettent une comparaison facile des produits provenant de différentes assurances et banques. Pour se faire, assureurs et distributeurs auront besoin de collecter de nombreuses informations en provenance des gestionnaires d’actifs. Il s’agit là d’une incitation supplémentaire à accélérer la digitalisation des processus.

Les gestionnaires d’actifs devront dorénavant se conformer  à la mise en œuvre de deux nouveaux standards d’échange d’informations, le modèle européen PRIIPs (EPT) et le modèle européen MiFID II (EMT). Collecter les données requises, calculer les différents indicateurs PRIIPs et distribuer ces informations à tous les acteurs concernés représentent un chantier imposant. Si l’on ajoute que tout doit être mis en œuvre avant la fin de l’année 2017, le défi est de taille. On comprend mieux alors pourquoi certains acteurs sous-traitent une partie de ces travaux.

Il serait néanmoins faux de considérer ces développements réglementaires comme une pure lourdeur administrative. Ils sont une  opportunité pour les acteurs du secteur financier de mieux comprendre les besoins de leurs  clients, d’adapter leur offre  et de fournir la transparence nécessaire pour renforcer la confiance dans leurs produits et leurs marques.