Communiqué de presse

8 avr. 2022

Le financement des start-ups en Europe atteint des records – La Suisse aux premiers rangs

Zurich, le 8 avril 2022 – Comme l’indique le nouveau baromètre des start-ups du cabinet d’audit et de conseil EY Suisse, la course aux records se poursuit chez les start-ups européennes

  • Le nombre de rondes de financement pour les start-ups européennes enregistre en 2021 un chiffre record, avec une hausse de 25 %
  • Les jeunes entreprises européennes reçoivent plus de 88 milliards d’euros en capital-risque, avec un volume total plus de deux fois supérieur à 2020
  • Avec plus de 600 rondes de financement, la Suisse se positionne en quatrième place au niveau européen
  • Le volume de financement de plus de 2 700 millions enregistré en Suisse a été injecté dans des start-ups des secteurs pharmaceutique et biotechnologique principalement

Zurich, le 8 avril 2022 – Comme l’indique le nouveau baromètre des start-ups du cabinet d’audit et de conseil EY Suisse, la course aux records se poursuit chez les start-ups européennes. Les investissements en capital-risque d’une valeur de 88,1 milliards d’euros ont été injectés en 2021 dans de jeunes entreprises âgées de dix ans tout au plus. Par rapport à l’année précédente, cela correspond à une hausse de 141 % – le plus grand montant jamais investi en l’espace d’un an. À titre de comparaison, le secteur a enregistré de 2018 à 2020 un investissement total de 88,9 milliards d’euros. Le nombre de rondes de financement a lui aussi augmenté de 25 %, pour atteindre 8 397.

La Suisse aux premières loges

En termes de rondes de financement réalisées en 2021, la Suisse se trouve, avec 623 transactions (année précédente : 540), en quatrième position au niveau européen. Seules la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France en ont enregistré plus. En Suisse, 2 734 millions d’euros ont été investis en capital-risque dans des start-ups, contre 1 816 millions d’euros l’année précédente. La Suisse occupe ainsi la septième place au classement des pays européens. Dans le classement des villes européennes, Zurich arrive, avec 197 rondes de financement, en cinquième place, derrière Londres, Berlin, Paris et Barcelone. « Si on rapporte le nombre de financements à la taille de notre pays, on constate que la Suisse se démarque particulièrement », précise Sascha Stahl, Head Start-ups & Family Business Leader chez EY Suisse. Ey d’ajouter : « Les résultats indiquent clairement que la Suisse recense un nombre supérieur à la moyenne de start-ups innovantes qui parviennent à convaincre les investisseurs par leur modèle économique. »

Les start-ups ayant atteint le plus de rondes de financement en Suisse sont les suivantes : l’entreprise pharmaceutique Quercis Pharma de Zoug (130 millions d’euros), l’entreprise spécialisée en nouvelles thérapies MindMaze de Lausanne (108 millions d’euros), la start-up biopharmaceutique Anaveon de Bottmingen BS (103 millions d’euros), l’entreprise spécialisée dans les thérapies anti-cancéreuses Numab de Wädenswil (91 millions d’euros) et Bright Peak Therapeutics de Bâle, spécialisée dans les thérapies aux cytokines (89 millions d’euros). « La prépondérance des investissements dans des start-ups des secteurs pharmaceutique, biotechnologique et thérapeutique montre la supériorité de la Suisse dans les domaines de la recherche ayant un fort besoin médical non satisfait (« unmet medical need») », explique Susanne Weissbäcker, Partner sur le segment de marché Health & Life Sciences de EY-Parthenon, spécialisé en conseil en stratégie.

Londres reste la capitale européenne des start-ups

Avec ses 1 557 rondes de financement, Londres conserve son titre de capitale des start-ups en Europe : la métropole britannique occupe de loin la première place en nombre de transactions et enregistre à elle-seule presque autant de rondes de financement que les cinq villes suivantes réunies : Berlin, Paris, Barcelone, Zurich et Stockholm affichent en effet un total de 1 564 transactions. Sur dix transactions relatives à des start-ups, trois se sont faites à Londres, Berlin et Paris.

Il en va de même pour le volume d’investissement : là encore, Londres arrive de loin en pole position, avec un volume de financement qui a quasiment doublé par rapport à l’année précédente. Avec environ 20,3 milliards d’euros, le montant total investi en capital-risque dans des start-ups est supérieur à celui de Berlin (10,5 milliards d’euros) et Paris (9,3 milliards d’euros) réunis.

Ces trois villes phares ont enregistré en 2021 des hausses significatives, notamment Berlin, qui a fait un bond de 243 % l’an passé. Vient ensuite Paris en deuxième place, avec une progression de 130 % puis Londres, en troisième place, avec plus 93 %.

Susanne Weissbäcker nous apporte son éclairage : « 2021 a été marquée par une pression particulièrement élevée du côté des investisseurs – le contexte macroéconomique des dernières années a entraîné un afflux sans précédent de liquidités sur le marché, liquidités qu’il fallait placer. »

Cette tendance s’est avérée être encore plus marquée au premier semestre qu’au second, avec 45 milliards d’euros versus 43 milliards. Même si 88 milliards d’euros en capital-risque constituent un signal très prometteur, S. Stahl tempère : « En comparaison de l’Amérique du Nord ou de l’Asie, cela reste peu. » Et il en va, selon lui, de même pour la Suisse : « Nous pouvons certes nous réjouir que le montant total des sommes investies dans des start-ups suisses ait augmenté de 50 % en l’espace d’un an, mais ce montant reste toutefois relativement bas si on considère le nombre de financement réalisés en Suisse l’an passé : 600. »

Les plus gros financements de start-ups au premier semestre

Les trois financements de start-ups le plus importants de l’année se sont réalisés au premier semestre avec, en premier, le groupe britannique de médecine vétérinaire IVC Evidensia, qui a collecté près de 3,5 milliards d’euros. La deuxième place revient ensuite à la start-up suédoise Northvolt, spécialisée dans les batteries, avec 2,28 milliards d’euros d’investissements. Enfin, à la troisième place, le revendeur en ligne britannique de voitures d’occasion Constellation Automotive Group, avec un investissement de 1,15 milliards d’euros.

Un an après l’issue de la procédure du Brexit, la Grande-Bretagne reste le fer de lance du marché européen des start-ups : à l’instar des années précédentes, c’est là qu’ont en effet eu lieu la majorité des rondes de financement : 2 465 enregistrées en 2021 – 2 113 l’année d’avant. Avec 1160 transactions, l’Allemagne arrive en deuxième position, devant la France, qui en comptabilise 784.

Le Royaume-Uni reste leader incontesté, non seulement en nombre de rondes de financement, mais aussi en volume de financement des investissements en capital-risque : 31,4 milliards d’euros pour le numéro un, devant l’Allemagne qui comptabilise 17,4 milliards d’euros et la France 11,6 milliards d’euros.