Communiqué de presse

31 mai 2022

Investissements directs en Europe : l’économie se relève doucement de la pandémie – la Suisse reste attractive

Zurich, le 31 mai 2022 – la Suisse reste un marché prisé des investisseurs : avec un total de 75 investissements directs en 2021, elle occupe la 16e place en Europe. Malgré un léger recul, c’est un très bon classement au regard de sa taille. En 2020, la Suisse se trouvait en 14e position et en 2019, en 17e position. Telles sont les conclusions de la dernière étude sur les projets d’investissements d’entreprises étrangères en Europe du cabinet d’audit et de conseil EY

  •  Avec 75 investissements étrangers en 2021, la Suisse reste attractive et arrive en 16e position au classement des principales places européennes
  • Les entreprises suisses réalisent quant à elles près de 240 investissements dans des pays européens
  •  Les investissements directs en Europe augmentent en 2021 de 5 % – l’économie se relève doucement de la pandémie

La Suisse reste un marché prisé des investisseurs : avec un total de 75 investissements directs en 2021, elle occupe la 16e place en Europe. Malgré un léger recul, c’est un très bon classement au regard de sa taille. En 2020, la Suisse se trouvait en 14e position et en 2019, en 17e position. Telles sont les conclusions de la dernière étude sur les projets d’investissements d’entreprises étrangères en Europe du cabinet d’audit et de conseil EY.

Comme l’explique André Bieri, Markets Leader chez EY en Suisse, « Aux yeux des investisseurs américains et asiatiques, la Suisse reste un hub stable et sûr pour se développer en Europe. » Pour A. Bieri, les avantages de la Suisse comme pays d’investissement sont évidents : « Innovation, situation centrale, stabilité politique et collaborateurs bien formés, le tout assorti d’une politique fiscale avantageuse, tant pour les personnes physiques que morales - telles sont les clés de son succès. » Les grands programmes fiscaux de l’OCDE ne seraient toutefois pas sans conséquences sur les investissements en provenance des pays voisins. « A l'avenir, plus aucun investissement ne sera probablement réalisé en Suisse dans le seul but d'optimiser les impôts. »

L’étude EY, qui passe à la loupe 44 pays d’Europe, montre qu’en 2021, 5877 investissements directs y ont été effectués au total. Cela correspond à une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente (5578). En 2021, les cinq pays les plus attractifs en Europe aux yeux des investisseurs sont la France avec 1222 investissements, la Grande-Bretagne (993), l’Allemagne (841), l’Espagne (361) et la Turquie (264).

L’évolution diffère toutefois beaucoup en fonction du secteur et du pays. Certains y ont vu leurs investissements s’envoler, tandis que dans d’autres ont observé une timide évolution.

En étudiant les chiffres sur une période plus longue, on constate par ailleurs que l’économie ne s’est pas encore entièrement relevée de la pandémie : même si la croissance du PIB est repartie à la hausse, les investissements directs n’ont pas encore retrouvé le niveau d’avant la crise. Entre 2017 et 2019, le nombre d’investissements directs en Europe dépassait nettement à chaque fois la barre des 6000. Si on compare le nombre d’investissements au cours de l’année record qu’a été 2017 (6653 investissements) et ceux réalisés en 2021, on constate une différence de 12 %.

Investissements suisses en Europe

En 2021, la Suisse se démarque nettement en termes d’investissements réalisés dans d’autres pays européens : avec 238 investissements suisses, elle occupe la 7e place au classement des investisseurs leaders en Europe. Les Suisses investissent avant tout dans les grandes puissances économiques : en France tout d’abord, avec 70 investissements en 2021, puis en Allemagne, avec 48 investissements et en Grande-Bretagne, avec 23 investissements. Viennent ensuite le Portugal (13), l’Espagne (11), l’Italie (10) ainsi que la Serbie et l’Autriche qui ont chacun enregistré 7 investissements suisses.

Les États-Unis, leader des investissements en Europe

La majorité des investisseurs viennent, à l’instar des années précédentes, des États-Unis, avec 1167 investissements réalisés dans des pays européens l’an passé. 661 investissements viennent d’Allemagne, 447 de Grande-Bretagne, tandis que les investissements directs français dans d’autres pays européens s’élèvent à 298. Dans le Top 10 apparaissent ensuite les Pays-bas (267), la Chine (259), l’Italie (203), le Japon (172) et la Suède (167).

États-Unis et Chine investissent plus sur le marché suisse

En 2021, les États-Unis étaient le premier investisseur étranger en Suisse. Avec 24 investissements recensés sur un total de 75, près d’un tiers ont été effectués par des acteurs américains, contre 19 en 2020. L’Allemagne arrive en 2e position sur cette liste, avec 14 investissements – contre 27 en 2020. Avec ce recul, les investissements allemands en Suisse ont retrouvé leur niveau de 2018.

Les investissements de Grande-Bretagne (en 3e place) ont quant à eux augmenté de 7 en 2020 à 9 l’an passé. La Chine enregistre elle aussi une hausse de ses investissements en Suisse : alors qu’elle n’en avait réalisé qu’un seul en 2020, cinq investissements chinois ont été enregistrés l’an passé en Suisse. Le nombre des investissements français a quant à lui chuté de 8 en 2020 à 4 en 2021.

Les secteurs suisses les plus attractifs aux yeux des investisseurs

La Suisse, et notamment la place zurichoise, a connu ces dernières années un bel essor dans le secteur des technologies Internet. En 2021, on recensait déjà 18 investissements directs dans des entreprises suisses du secteur des logiciels et services informatiques. Michael Messerli, Responsable Strategy & Transaction chez EY en Suisse, nous apporte son éclairage : « Avant même le coronavirus, on notait déjà une sensible hausse des investissements dans le secteur de l’informatique, de l’Internet et des logiciels, secteur où on s’attend généralement à des taux de croissance élevés. Après une année 2020 marquée par une certaine retenue au début de la pandémie, le secteur a suscité une très grande attention en 2021. »

Des entreprises étrangères des secteurs Pharma, Sciences de la vie et Biotechnologie sont venues s’implanter dans les régions de Bâle, Zoug et en Suisse romande ;15 investissements y ont été réalisés l’an dernier. Vient ensuite le secteur de la finance et des prestations de services, avec respectivement 14 et 12 investissements. On constate un net recul dans ce dernier secteur qui enregistrait encore 19 investissements en 2020. « A l’instar du secteur informatique, la pandémie a eu l’effet inverse sur le secteur des prestations de services », précise M. Messerli. Parmi les entreprises qui ont attiré les investisseurs en Suisse, on compte Google, Zalando, Lidl, Decathlon, DHL ainsi que la Bank of China.

Projets d’investissements en Europe et conséquences de la situation politique internationale

En 2022, les projets d’investissements en Europe ont doublé par rapport à leur niveau de 2020. La reprise dans la région et la confiance des investisseurs internationaux en sont les témoins. En 2021, les projets des entreprises se trouvaient déjà à leur plus haut niveau depuis la crise financière. La motivation n’était pas tant les perspectives réjouissantes de l’Europe que la nécessité pour les entreprises de réduire la vulnérabilité et la dépendance des chaînes d’approvisionnement et d’atténuer les coûts toujours plus élevés du transport longue distance.

Le conflit en Ukraine pourrait avoir un impact sur les projets initiaux d’investissements pour 2022. 79 % des entreprises interrogées avant le 1er mars projetaient d’investir en Europe l’an prochain. Chez celles interrogées après le 1er mars, le pourcentage chute à 48 %.

L’attractivité de l’Europe en 2022 est ainsi nettement plus faible, mais reste tout de même la plus élevée au niveau mondial. Les perspectives à long terme sont réjouissantes pour la zone Europe : à la question « Quelles régions vous semblent les plus attractives pour y établir une succursale ? », 60 % des entreprises sondées ont répondu « l’Europe occidentale ». 43 % d’entre elles ont cité « l’Europe centrale et l’Europe de l’Est ». Même si les chiffres sont plus modestes qu’en 2021 (81 % et 47 % resp.), l’Europe sera probablement la région la plus attractive pour les investissements étrangers.

« D’autre part, la nouvelle donne géopolitique et économique, suite notamment à la guerre en Ukraine, pourrait remettre en question l’attractivité de l’Europe à court terme pour les investisseurs », explique A. Messerli. A long terme, l’attractivité de l’Europe reste toutefois solide : 64 % des investisseurs interrogés avant le 1er mars 2022 anticipent une amélioration de l’attractivité de l’Europe dans les trois prochaines années.

Conséquences de la pandémie et de la guerre sur les chaînes d’approvisionnement et les investissements

Comme le présage André Bieri, « La pandémie toujours d’actualité et la guerre en Ukraine viennent renforcer la nécessité d’une restructuration des chaînes internationales d’approvisionnement et d’avoir des modèles économiques plus durables, ce qui ne manquera pas d’avoir des conséquences sur les investissements ». Et d’ajouter : « Les chaînes d’approvisionnement mondiales mises en place autrefois et optimisées en termes de coûts s’avèrent moins résistantes que prévu. En conséquence de quoi, le marché intérieur européen fait à nouveau l’objet d’une attention renforcée – comme site de production également. »

En 2021, les projets ont connu une croissance de 22 pour cent dans les secteurs Fabrication, Logistique et Recherche & Développement, ce qui s’explique aussi par la restructuration des chaînes d’approvisionnement, qui devrait se poursuivre.

53 pour cent des managers d’entreprises européennes interrogés ont indiqué restructurer leurs chaînes d’approvisionnement de telle sorte que la production se rapproche du marché de vente – un an plus tôt, seuls 23 pour cent des entreprises avaient cette vision.

43 pour cent des entreprises projettent de rapatrier des activités sur le marché intérieur – contre seulement 20 pour cent il y a un an.

Comme l’explique A. Bieri, « Dans les années à venir, les entreprises européennes investiront de plus en plus en Europe. Ce sont les secteurs Production et Logistique qui devraient profiter de ces investissements, ce qui sera bénéfique pour l’Europe comme place économique forte ». Il ajoute que « La nécessité de remplacer le pétrole et le gaz ouvre la voie à des investissements de plus en plus nombreux dans le secteur des énergies renouvelables en Europe. »

« La division internationale du travail était très intéressante en termes de coûts. Une régionalisation des ces processus mondiaux entraînera une hausse significative des coûts des entreprises » complète A. Bieri. Et ces coûts devront en grande partie être répercutés aux acheteurs et aux clients. Mais d’autres facteurs contribuent également à l’augmentation des coûts : « On observe d’ores et déjà, en se basant sur les taux d’inflation, une hausse globale des coûts, qui s’explique par les difficultés persistantes rencontrées par les chaînes d’approvisionnement, la production dans des pays autrefois à bas salaires et surtout, les coûts de l’énergie pour le transport. » Dans ce contexte,les sites de production européens sont redevenus attractifs, sans oublier la numérisation et l’automatisation de la production qui y contribuent également.

A propos de l’étude

Cette étude d’EY s’intéresse aux projets d’investissements qui aboutissent à la création de nouveaux sites et de nouveaux emplois en Europe. Dans ce cadre, une enquête a par ailleurs été menée auprès de 500 décideurs au sein d’entreprises à dimension internationale. L’étude se base sur les données recueillies par le EY European Investment Monitor (EIM). Ce dernier englobe des projets d’investissement qui ont abouti à la création de nouveaux sites et/ou de nouveaux emplois. Portfolio Investments et Mergers & Acquisitions ne sont dans ce cadre pas pris en compte. Cette étude est réalisée et publiée tous les ans.