Vue aérienne du pont du Canal du Sart franchissant une route dans un paysage vert en Belgique

5 enseignements majeurs du Baromètre de l’Attractivité belge 2026


Investissements étrangers : la Belgique conserve sa position en Europe malgré un recul plus marqué des projets, tandis que la création d’emplois repart à la hausse.


In bref :

  • En 2025, la Belgique a attiré 185 projets d’investissements directs étrangers (IDE), en recul de 11% sur un an et à son plus bas niveau depuis plus de dix ans.
  • Malgré un repli plus marqué que la moyenne européenne, la Belgique a conservé sa huitième place au classement européen des destinations IDE.
  • La création d’emplois liée aux IDE a progressé de 13% pour atteindre 6 094 emplois, tandis que 72% des dirigeants anticipent une hausse de l’attractivité belge.

Dans un contexte de creux décennal des investissements directs étrangers (IDE) en Europe, la Belgique a de nouveau enregistré en 2025 une baisse du nombre de projets d’investissement. Le pays est parvenu à conserver sa huitième place au classement européen, mais, avec un recul de 11%, la Belgique a connu son année la plus faible depuis 2014. L’impact sur la création d’emplois a toutefois été plus positif : les investissements étrangers ont généré 6.094 emplois, soit une hausse de 13%. Telles sont les principales conclusions de l’édition 2026 du Baromètre de l’attractivité belge, l’étude annuelle menée par EY qui évalue l’attractivité de la Belgique comme destination d’investissements étrangers.

L’Europe a connu une année particulièrement difficile en matière d’investissements directs étrangers. En 2025, le nombre de projets d’IDE sur le continent a reculé de 7% pour atteindre son niveau le plus bas de la dernière décennie. La création d’emplois liée aux investissements étrangers a encore davantage reculé, avec une baisse de 25% d’une année à l’autre. La persistance des tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et tarifaires, la volatilité des prix de l’énergie et une croissance économique modérée ont continué de peser lourdement sur les décisions d’investissement, en particulier dans l’industrie manufacturière exposée aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les principales destinations d’investissement en Europe ont également subi les plus fortes baisses : la France (-17 %), le Royaume‑Uni (-14 %) et l’Allemagne (-10 %). À l’inverse, les projets d’investissement ont fortement augmenté dans plusieurs économies-clés d’Europe du Sud, centrale et orientale, avec l’Espagne (+7 %), la Pologne (+10 %), la Roumanie (+16 %) et la Turquie (+20 %) en tête.


1. La Belgique conserve sa position malgré un climat européen d’investissement difficile

Dans ce contexte européen, la performance de la Belgique a suivi la tendance générale à la baisse, avec un recul du nombre de projets légèrement plus marqué que la moyenne européenne (-11% contre -7 %). En dépit de cette baisse, la Belgique est parvenue à conserver sa 8e place parmi les principaux pays européens récepteurs d’IDE.



L’ensemble de cette activité d’IDE s’est traduit par une hausse nette de la création d’emplois en Belgique par rapport à l’année précédente, pour atteindre 6 094 emplois, soit une augmentation de 13%. Cette progression s’explique par un nombre très limité de projets de grande envergure. Une nuance reste toutefois nécessaire : la création d’emplois liée aux IDE en Belgique se remet encore d’une forte baisse en 2023, lorsque le nombre d’emplois est passé de 8.071 à 4.918.

Création d’emploi
6.094
Nombre d’emplois créés par les IDE en Belgique en 2025


2. L’industrie manufacturière et les services aux entreprises restent les principaux moteurs

L’industrie manufacturière et les services aux entreprises sont restés les principaux moteurs des investissements directs étrangers en Belgique, avec respectivement 46 et 44 projets. La logistique, qui avait dépassé les services aux entreprises l’année précédente, est retombée à la troisième place avec 42 projets.



Parmi l’ensemble des projets d’investissements étrangers en Belgique, 67% étaient des investissements greenfield. Cette catégorie est en recul constant : en 2023, les projets greenfield représentaient encore 72% du nombre total de projets d’IDE. Les autres projets concernaient l’extension d’activités existantes, ce qui confirme que la Belgique continue de jouer un rôle dans les stratégies d’investissement à long terme des entreprises internationales.

La Belgique ne doit pas chercher à concurrencer sur les coûts, mais s’appuyer sur ses atouts, comme les infrastructures, les talents et l’innovation, pour attirer davantage d’investissements à forte valeur ajoutée, tout en préservant des piliers essentiels comme la logistique, clé pour l’emploi


3. Les États‑Unis restent le principal investisseur en Belgique

Les États‑Unis ont conservé leur position de premier investisseur étranger en Belgique, malgré une baisse de 21% du nombre de projets, avec 34 investissements. La France et les Pays‑Bas complètent le top 3 des pays investisseurs, avec respectivement 27 et 20 projets.



Parmi les évolutions marquantes du paysage des investisseurs figurent une nouvelle baisse des investissements allemands, divisés par deux par rapport à l’année précédente, et une forte progression en provenance de la Turquie, devenue en 2025 l’investisseur affichant la croissance la plus rapide en Belgique.


4. La Belgique résiste à la tendance baissière de la confiance des investisseurs

Comme les années précédentes, EY a interrogé des décideurs internationaux sur leurs intentions d’investissement et leurs perceptions. Les résultats font apparaître une nouvelle baisse de la confiance dans l’Europe en tant que destination d’investissement : 60% des répondants s’attendent à ce que l’attractivité de l’Europe augmente au cours des trois prochaines années, contre 63% l’an dernier. 

L’attractivité belge
72%
des répondants s'attendent à ce que l'attractivité de la Belgique augmente au cours des trois prochaines années

La Belgique se distingue toutefois de manière plus positive dans cette étude de perception. 72% des décideurs interrogés s’attendent à ce que l’attractivité de la Belgique au cours des trois prochaines années, contre 70% l’an dernier.


5. La pression des coûts reste le principal défi

Pour l’Europe dans son ensemble, les investisseurs citent les coûts de main‑d’œuvre et autres, la compétitivité fiscale et les prix de l’énergie comme principaux inconvénients. La taille du marché, la qualité des infrastructures ainsi que les politiques européennes en matière de climat et de durabilité demeurent les principaux atouts.





En Belgique, les prix élevés de l’énergie, l’environnement réglementaire et les coûts salariaux sont perçus comme les principaux défis. Dans le même temps, les investisseurs soulignent systématiquement la qualité des infrastructures, la disponibilité et les compétences de la main‑d’œuvre, ainsi que les capacités d’innovation et de recherche et développement, considérées comme des atouts majeurs pour la Belgique.

Ces enseignements mettent en lumière les principaux facteurs qui influencent les investissements étrangers en Belgique, dans un environnement européen marqué par une incertitude accrue. 

Le Baromètre de l’Attractivité belge 2026 complet sera disponible le 23 juin et comprendra des enseignements, des résultats et des recommandations complémentaires.




Résumé

La Belgique a traversé une année exigeante en matière d’investissements directs étrangers, alors que l’Europe enregistrait son plus bas niveau de projets depuis une décennie. Malgré la poursuite du recul des projets, la Belgique a maintenu sa position parmi les principales destinations européennes et vu la création d’emplois liés aux IDE repartir à la hausse. Autres constats : l’industrie manufacturière et les services aux entreprises confortent leurs première et deuxième places, et les États‑Unis demeurent le premier investisseur. Si la confiance dans l’attractivité future de la Belgique a dépassé la moyenne européenne, les coûts élevés et la complexité réglementaire continuent de peser sur sa compétitivité à long terme.


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